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Nouvelles locales

les entrepôts logistiques passent à l’énergie solaire

Mobilisation dans, ou plutôt sur, les entrepôts. L’association des acteurs de la logistique et de l’immobilier industriel (Afilog) a annoncé, mardi 10 octobre, l’engagement du secteur à installer cinq millions de mètres carrés de panneaux solaires dans les cinq prochaines années sur ses nouveaux bâtiments.

L’objectif est d’atteindre une puissance installée de 1,2 gigawatt pour une production de plus de 1 300 GWh/an, soit la consommation électrique de 600 000 personnes. Ces chiffres ne sont pas donnés à la légère, fait valoir l’association, qui explique avoir demandé à ses adhérents un état des lieux précis de leurs projets et de leur faisabilité.

Des objectifs supérieurs à ceux prévus par la réglementation

Le secteur avait déjà un certain nombre d’obligations en la matière. Depuis le 1er janvier, tous les entrepôts neufs ou réhabilités de plus de 500 m² doivent solariser 30 % de leur surface de toiture, selon la loi résilience climatique, votée en 2021. La loi d’accélération des énergies renouvelables, adoptée en début d’année, prévoit la obligation d’installer des stores photovoltaïques dans tous les parkings de plus de 1 500 m².

Les professionnels de la logistique expliquent aujourd’hui vouloir aller plus loin, en mettant en avant les impératifs climatiques. Mais c’est aussi une manière de contrer les critiques récurrentes sur l’artificialisation des terres, alors que les contraintes réglementaires vont se durcir.  » Les professionnels se rendent désormais compte qu’installer des panneaux sur leur toiture est un moyen de valoriser leur bien, mais aussi une source d’économies ou de revenus, via l’autoconsommation ou la vente d’électricité à leurs voisins. « , explique Vincent Kirklar, président de la commission énergie d’Afilog et directeur immobilier de Stef, l’un des acteurs européens majeurs de la logistique.

Une solution au manque de foncier

Ces annonces apportent en tout cas une partie de réponse au manque de foncier, qui freine le développement du photovoltaïque. Les grandes centrales électriques au sol ont du mal à voir le jour, en raison de l’opposition des riverains, des conflits d’usage avec l’agriculture ou du maintien de la biodiversité. L’utilisation de toutes les friches industrielles ne suffira pas non plus à répondre aux besoins.

L’engagement des adhérents d’Afilog représenterait à lui seul 5% de l’objectif fixé par le gouvernement en matière d’énergie solaire installée en 2035. Le secteur estime pouvoir aller encore plus loin, rappelant que le parc d’entrepôts actuel représente 89 millions de mètres carrés de toitures. « Un trésor de guerre climatique », assure Vincent Kirklar. Mais cela nécessite de convaincre les assureurs, souvent réticents à installer des panneaux sur les toitures, en mettant en avant les risques de perte d’étanchéité, voire d’incendie.

Des panneaux plus légers de la start-up Heliup

Lever cet obstacle, c’est en tout cas l’objectif d’Heliup, une start-up créée il y a un an par un ingénieur du CEA, Yannick Veschetti. Elle a développé une technologie de panneaux deux fois et demie plus légers que les modèles actuels, qui ne sont pas fixés aux toitures par des structures porteuses mais simplement collés. L’innovation est protégée par plusieurs brevets.

« Nous avons remplacé la couche de verre protectrice par du verre ultra-mince et une variété de matériaux innovants, tout en conservant les mêmes performances des panneaux », assure le président d’Heliup, qui vient de boucler une levée de fonds de 10 millions d’euros pour réaliser son projet, avec parmi les investisseurs, le groupe immobilier Idec, qui devrait également devenir l’un de ses clients.

Tout devrait aller assez vite, avec la création d’une ligne de production en région Auvergne-Rhône-Alpes, qui sera opérationnelle à l’été 2024. Avant de monter en puissance, elle prévoit de commencer à fabriquer 500 000 m2 de panneaux, soit 100 MW.

De son côté, Afilog se dit prêt à jouer la carte française plutôt que celle des panels chinois. « Nous suivons avec intérêt l’évolution des projets de gigafactory et nous sommes également en contact avec eux », » déclare Diana Diziain, directrice adjointe de l’association. Deux sont actuellement en préparation : Holosolis, près de Sarreguemines (en Moselle), et Carbon, à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).

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Gérard Truchon

An experienced journalist in internal and global political affairs, she tackles political issues from all sides
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