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Les Britanniques et le monde se préparent à un dernier adieu à Elizabeth II

Les Britanniques, les touristes, les dirigeants et les monarques du monde entier rendent un dernier hommage à la reine Elizabeth II lundi lors de somptueuses funérailles d’État à Londres. Un événement qui s’annonce intense en émotion et sous grande tension sécuritaire.

Dernière ligne droite après dix jours de deuil. Le monde dit au revoir, lundi 19 septembre, à Elizabeth II lors de funérailles grandioses à Londres, où des dignitaires du monde entier rendront hommage à une souveraine au destin incroyable, qui avait consacré ses 70 ans de règne à faire la couronne britannique briller.

Après 10 jours de deuil national, d’hommages et de rituels, 2.000 personnes sont attendues pour une cérémonie religieuse à l’abbaye de Westminster à 10h00 GMT.


Un parterre de personnalités prestigieuses

Dans le public, le président américain Joe Biden, l’empereur japonais Naruhito, le président français Emmanuel Macron, le premier ministre canadien Justin Trudeau, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Le vice-président chinois Wang Qishan a été annoncé. Après l’invasion de l’Ukraine, la Russie n’a pas été invitée. En revanche, la première dame ukrainienne, Olena Zelenska, a fait le déplacement. Le cercueil y arrivera en cortège, suivi du roi Charles III et des membres de la famille royale à pied.

Depuis des années, Londres n’avait pas connu un tel afflux de dignitaires. Des représentants de familles royales européennes dont le roi Philippe de Belgique, le roi Felipe VI d’Espagne et le prince Albert de Monaco prendront également place sous les voûtes gothiques de l’abbaye si liée au destin d’Elizabeth II, décédée à 96 ans. C’est là qu’encore princesse elle avait épousé, à l’âge de 21 ans, en novembre 1947, le fringant Philip Mountbatten, avant d’y être couronnée le 2 juin 1953.

« Adieu notre glorieuse reine », « une vie de service désintéressé »: Elizabeth II domine lundi les premières pages de la presse britannique, qui salue son « dévouement » à la Couronne.

Le plus grand défi de sécurité de l’histoire

Lundi, jour férié au Royaume-Uni, représente pour la police londonienne le plus grand défi sécuritaire de son histoire.

Les funérailles nationales, les premières depuis celles de Winston Churchill en 1965, pourraient figurer parmi les événements télévisés les plus regardés de l’histoire.

Ils seront également diffusés sur des écrans géants à Londres et dans tout le Royaume-Uni.

Après la cérémonie à l’abbaye de Westminter, prévue pour durer une heure et au cours de laquelle des dizaines de vols ont été annulés pour que le bruit ne vienne pas troubler la solennité du moment, le pays se figera pendant deux minutes de silence.

Le cercueil quittera l’abbaye suivi du roi Charles III, de la reine consort Camilla et des membres de la famille royale, et sera à nouveau placé sur un chariot de canon de la Royal Navy avant une procession historique, en grande pompe, dans les rues du centre de Londres, pour Wellington’s Arch, d’où il partira en corbillard pour le château de Windsor. Plus de 6 000 soldats y participeront.

Une immense vague d’émotion collective

Des centaines de milliers de personnes sont attendues sur la route, à Londres et jusqu’à Windsor, à 35 km à l’ouest de la capitale, pour rendre un dernier hommage à une reine extrêmement populaire, ancre rassurante de stabilité dans les convulsions d’un monde en mutation. Pour des millions de Britanniques, elle était la seule et unique.

De plus en plus fragile ces derniers mois, souffrant de problèmes de mobilité, Elizabeth II est décédée le 8 septembre dans son château écossais de Balmoral. Deux jours plus tôt, elle y recevait encore, souriante, la toute nouvelle Première ministre Liz Truss, sa dernière photo publique. Elle était la plus ancienne dirigeante en service au monde. Au cours de sa vie, elle a traversé la Seconde Guerre mondiale, vu la dissolution de l’Empire britannique.

Ses obsèques complètent un deuil national marqué par une immense vague d’émotion collective. Des dizaines voire des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées devant la dépouille jusqu’au dernier moment et la fermeture vers 5h30 GMT de Westminster Hall, la plus ancienne section du Parlement où le cercueil a été exposé 24h/24 pendant cinq jours.

des heures d’attente

Une dernière larme ou révérence, et déjà, il était temps de repartir avec le souvenir d’avoir fait partie de l’histoire. Certains auront attendu jusqu’à 24 heures dans la file d’attente qui serpentait sur des kilomètres le long de la Tamise. Mais au soleil ou dans le froid de la nuit, ils étaient là pour elle, qui les avait servis pendant 70 ans, 7 mois et 2 jours.

Près de tous les lieux associés à la Reine, dans tout le pays, des tapis de fleurs, des messages émotionnels.

Les Britanniques ont également redécouvert des rituels séculaires – proclamation d’un monarque avec des trompettes royales, des gardes royaux coiffés de plumes de cygne gardant le cercueil.

Avec Elizabeth II se tourne la page de la dernière reine planétaire, dont le règne est unique par sa durée et son endurance.

Elle était au moment de sa mort, outre le Royaume-Uni, reine de 14 royaumes, dont l’Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande. Certains de ces pays n’ont pas caché leur souhait de voir évoluer leur lien avec la monarchie. Au cours de sa vie, Elizabeth II, dont Joe Biden a salué dimanche la dignité, avait fait l’équivalent de 42 fois le tour de la terre.

Elle sera inhumée lundi soir dans l’intimité, au Mémorial George VI, annexe de la chapelle du château où elle avait vécu ses dernières années. Elle reposera auprès de ses parents et du prince Philip décédé en avril 2021. Ils étaient mariés depuis 73 ans.

L’avènement de Charles III

Après 12 jours épuisants de voyages dans les quatre nations constitutives du Royaume-Uni, bains de foule combinés au deuil d’une mère, Charles III, 73 ans, va devoir écrire sa propre histoire.

Certains rêvaient d’une transition rapide avec le nouveau prince de Galles, son fils William, 40 ans. Mais Charles III a promis, comme sa mère, de servir toute sa vie. Solennel, rassembleur, accessible et inclusif, ses premiers pas rassurent, avec la présence apaisante de Camilla à ses côtés.

Son taux d’approbation est monté en flèche, maintenant à 70% selon un nouveau sondage YouGov qui place William à 80%. Mais les nombreux défis ne font que commencer. Le Royaume-Uni reprendra alors le fil de sa vie, suspendu depuis le 8 septembre. La crise du coût de la vie et les troubles sociaux devraient bientôt revenir dans l’actualité.

Avec l’AFP




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