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L’énergie géothermique fera-t-elle sa grande percée en Alberta?


Le président de l’Association canadienne des compagnies d’énergie, Mark Scholz, se place dans le premier camp. Dans le comptage des forages, les puits géothermiques sont si peu nombreux qu’ils sont regroupés dans la catégorie autres ce qui représente moins de 1% du total.

Entrepreneurs hésitants

Cette nouvelle industrie pour le Canada et son potentiel ne sont pas vraiment compris, dit Mark Scholz. L’Alberta n’a pas encore quantifié la production d’électricité et de chauffage que pourrait fournir l’énergie géothermique.

 » Je pense que ce sera un marché de niche, mais jamais de la taille de l’industrie pétrolière et gazière. »

Une citation de Mark Scholz, président de l’Association canadienne des compagnies d’énergie

Pourtant, le gouvernement albertain a fait de la géothermie l’un des piliers de sa politique de diversification énergétique, avec l’hydrogène et les petits réacteurs nucléaires.

Il a publié un cadre réglementaire à l’automne 2020, et les entreprises peuvent présenter une demande pour explorer les ressources géothermiques en Alberta.

Un peu moins d’une quarantaine de demandes ont été reçues depuis le début de l’année. Ce nombre est jugé « satisfaisant », selon une déclaration par courrier électronique du ministère de l’Énergie.

Le président de la société de forage Precision Drilling, Kevin A. Neveu, voit également des progrès, mais son enthousiasme est très mitigé.

Bref, il y a certes un intérêt accru, mais rien qui ne déplace les appareils de foragea-t-il déclaré lors de la publication des résultats trimestriels de son entreprise.

Cette lenteur du développement n’est pas unique au Canada. Dans son rapport de novembre 2021 (Nouvelle fenetre) (en anglais), l’Agence internationale de l’énergie déplore le faible niveau des investissements. L’électricité générée par la géothermie n’a augmenté que de 2 % dans le monde en 2020, bien en deçà de l’augmentation annuelle de 13 % nécessaire pour atteindre la neutralité carbone.

La technologie pourrait changer la donne

Le scepticisme ambiant fait cependant sourire John Redfern, le président de la société d’énergie géothermique Eavor. Quand je dis : « j’ai vu l’avenir de l’énergie et c’est la géothermie », tout le monde rigole »il reconnaît.

 » La bataille a été longue, mais je pense que nous la gagnons. »

Une citation de John Redfern, président d’Eavor

La différence, dit-il, est que l’industrie de l’énergie a une vision dépassée de l’énergie géothermique. Habituellement, cela était utilisé dans les zones volcaniques qui permettaient d’atteindre des températures très élevées à faible profondeur. La géologie du bassin sédimentaire de l’Ouest canadien ne s’y prêtait donc pas, explique Nick Harris, professeur de géologie à l’Université de l’Alberta.

Cependant, de nouvelles technologies sont apparues qui ont permis de produire à des températures plus basses.

La technologie d’Eavor est un circuit fermé qui utilise l’effet siphon et la différence de température des liquides pour récupérer la chaleur de la terre.

Photo: Eavor Technologies

Des recherches qui seront publiées en juin montrent également que les anciens puits de pétrole et de gaz pourraient être réutilisés pour faciliter les installations géothermiques, déclare Vanessa White, directrice des énergies renouvelables à l’agence de recherche gouvernementale. L’Alberta innove.

Il commence à y avoir une vague de projets et de transactions géothermiques commerciaux en Albertaelle explique.

L’Europe et les États-Unis devant

John Redfern apporte cependant une nuance. Alors que les progrès technologiques se produisent en Alberta dans la foulée des compétences dans le secteur pétrolier et gazier, les grosses transactions sont toujours à l’étranger.

John Redfern, président d'Eavor Technologies répond aux questions lors d'une entrevue.

John Redfern, président d’Eavor Technologies.

Photo : Radio Canada

Eavor construit son premier centre commercial en Allemagne. Ses autres projets se développent aux États-Unis. Ces lieux offrent une meilleure rentabilité pour faire face à l’incertitude du forage et aux coûts encore élevés de la technologie.

Les discussions sur la sécurité énergétique sont également utiles.

Nous avons constaté une énorme augmentation de l’intérêt pour notre entreprise et encore plus l’année dernière avec la situation en Ukraine, mais aussi les coupures de courant au Texas.explique John Redfern. Les gens se rendent compte que l’important. ce n’est pas seulement le prix ou l’aspect environnemental, mais aussi la disponibilité de l’énergie.

Une accélération d’ici 2030

En ce sens, l’énergie géothermique présente des avantages par rapport aux nouvelles formes d’énergie, comme l’explique le professeur de géologie Nick Harris. Elle n’a pas le problème d’intermittence du solaire et de l’éolien, et ses technologies sont plus établies que celles de transport et de consommation d’hydrogène.

Il ajoute que même si les prix du pétrole et du gaz naturel sont élevés, les entreprises ne semblent pas tabler sur un long boom économique et continuent de chercher à réduire leurs émissions de carbone.

Et si on produisait de l'électricité grâce à la chaleur de la Terre ?

Un projet en Saskatchewan repose sur l’énergie géothermique pour produire de l’électricité.

Photo : Radio Canada

A quand cette percée, alors, en Occident ? Nick Harris pense que la clé sera une première opération commerciale réussie en Alberta.

Si l’un de ces projets peut démontrer sa viabilité, je pense que cela fera pencher la balance et marquera le début d’une accélération du développement. il croit.

 » Les pièces du puzzle se mettent en place pour déterminer ce qui fonctionnera, où et dans quelles conditions. »

Une citation de Nick Harris, professeur de géologie à l’Université de l’Alberta

Au moins quatre projets sont en cours en Alberta et en Saskatchewan, le premier devant être lancé cet été.

Le directeur deL’Alberta innoveVanessa White, prédit ainsi une percée dans la prochaine décennie. Sur la voie de la neutralité carbone, notre appréciation de la rentabilité des projets et de la consommation d’énergie va changer. Avec les problèmes de tarification du carbone, de seuils de durabilité et de technologies propres, je m’attends à ce que la géothermie se développe beaucoup plus rapidement dans la province conclut-elle.

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