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Nouvelles locales

« L’Église à la rencontre de l’autre » de Laurent Villemin : l’ecclésiologie au cœur

L’Église rencontre l’autre

par Laurent Villemin

Textes recueillis et édités par Gilles Routhier et François Moog

Cerf, coll. « Unam Sanctam-Nouvelle série », 344 p., 26 €

Ce volume, qui rassemble 17 textes publiés entre 2009 et 2016 dans des revues ou ouvrages collectifs, rend hommage à l’œuvre de Laurent Villemin (1964-2017), décédé trop tôt pour mener à bien son projet théologique. Le titre choisi dit bien comment le curé meusien, enseignant à la Catho de Paris, comprenait sa discipline, l’ecclésiologie : le discours sur l’Église ne peut se replier sur lui-même mais doit se développer en dialogue avec les autres branches. théologie, mais aussi avec la philosophie, l’histoire ou la sociologie, et avec d’autres chrétiens.

La première partie du volume est consacrée à Vatican II, que Laurent Villemin a étudié en détail, scrutant les nombreux volumes de Acta synodalie. A la lecture des quatre contributions qu’il rassemble, il apparaît que l’ecclésiologue a voulu montrer la diversité inhérente à l’événement conciliaire, que ce soit celle des ecclésiologies contenues dans le corpus conciliaire ou celle des interprétations du concile depuis six décennies. Laurent Villemin ne se contente pas de s’opposer simplement à la ligne de Concilium à celui de communion. C’est beaucoup plus précis et fin…

La réforme, « un geste constitutif de l’Église »

Les articles regroupés dans la deuxième partie, intitulée « Ecclésiologie », traitent de sujets spécifiques, tels que « les aspects ecclésiologiques et liturgiques de la piété liturgique » ou, à la suite de son glorieux ancêtre Yves Congar, la réforme de l’Église catholique. Sur ce dernier sujet, Laurent Villemin n’hésite pas à affirmer que la réforme est vraiment « un geste constitutif de l’Église ».

La troisième partie aborde la question de l’institutionnalité de l’Église. Les différents articles abordent les questions de l’autorité des conférences épiscopales en matière liturgique, des provinces ecclésiastiques, de l’avenir des paroisses territoriales et celle des nombreux mouvements qui ont éclos au cours des dernières décennies. Ils restent très actuels. Evêques et théologiens tireront sans aucun doute un grand profit à s’en inspirer.

Articuler sociologie, philosophie et quête de Dieu

La réflexion du théologien sur les ministères qui fait l’objet de la quatrième partie reste aussi d’une brûlante actualité : comment requalifier aujourd’hui la théologie du ministère sacerdotal ? Comment articuler au mieux cette dernière avec « les responsabilités et les ministères confiés aux laïcs après le Concile Vatican II » ? Enfin, comment faire la distinction entre l’opinion publique et sensus fidei vraiment honorer ce dernier ?

Le très bref texte de conclusion (trois pages), intitulé « Comment peut-on être ecclésiologue ? témoigne de la modestie et de l’humilité de l’auteur. Et l’on peut alors croire ce grand intellectuel lorsqu’il ose dire, avec des mots simples mais très personnels, touchants et profonds, pourquoi, finalement, il a consacré sa courte vie à cette discipline théologique qu’est l’ecclésiologie : « C’est bien ce qui fait ma passion pour l’ecclésiologie : elle nous incite toujours à nous situer à l’interface du monde le plus intérieur, là où palpite l’être même de Dieu, et l’organisation communautaire et sociale des rapports humains, autres entretient des rapports avec les C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles je me suis tourné vers cette branche de la théologie : elle a permis d’articuler mes études initiales de sociologie et de philosophie avec une quête de Dieu qui me déconcerte autant qu’elle ne cesse de me serrer. »

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