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L’eau du robinet imbuvable dans un quart des villes françaises

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Un documentaire télévisé français a révélé que l’eau du robinet dans au moins un quart des zones urbaines françaises est en dessous des normes sanitaires fixées par l’agence gouvernementale de la qualité de l’eau. La pollution par les pesticides est le principal problème.

L’an dernier, un cinquième de la population française – 12 millions de personnes – a consommé de l’eau contaminée, régulièrement ou occasionnellement.

En 2020, moins de 6 % de la population était touchée.

La gravité des choses dépend de l’endroit où vous vivez. Mais aucune région française n’y échappe.

Dans la région nord des Hauts-de-France, l’approvisionnement en eau de 65 % de la population est touché.

Il est de 43% dans l’ouest de la Bretagne, avec un quart des foyers concernés à l’est près de la frontière avec l’Allemagne selon la journaliste Jihane Benzina, qui a présenté le documentaire en prime time.

L’approvisionnement en eau de pas moins de 105 communes du Nord de la France fait l’objet de contrôles particuliers, afin de s’assurer qu’il n’y a aucun risque pour la santé des consommateurs locaux.

Les habitants de la commune de La-Rue-Saint-Pierre dans l’Oise disent utiliser l’eau du robinet pour se laver les mains ou faire la vaisselle. L’eau potable provient de bouteilles.

L’activité agricole en pâtit

Les pesticides sont le principal problème.

« Une fois qu’ils sont pulvérisés sur les cultures, ils sont entraînés dans le sol où ils restent, jusqu’à ce qu’ils filtrent dans les ruisseaux, les rivières et les réservoirs. L’eau du robinet montre des traces de cette pollution, parfois à des niveaux alarmants », explique le journaliste.

Les produits chimiques précis à l’origine de la pollution varient d’une région à l’autre.

Au nord, les pulvérisations utilisées contre les ravageurs de la betterave sont prédominantes, conformément à l’utilisation locale des terres ; à l’ouest, les produits chimiques sont liés aux vastes champs de maïs ; et en Bourgogne, sans surprise, des produits chimiques ciblant les ravageurs de la vigne se retrouvent dans l’eau de boisson.

La DGS, l’organisme gouvernemental de surveillance de la santé publique, dispose depuis plusieurs mois des rapports régionaux sur la qualité de l’eau, mais n’a pas encore publié de déclaration publique. Les responsables de la DGS ont refusé de répondre aux questions des journalistes, affirmant qu’un rapport sera disponible « dans les prochaines semaines ».

Spectre du scandale du sang du sida

Michel Laforcade, directeur à la retraite de la régie régionale de la santé de l’ouest de la France, affirme que le système a échoué.

« Personne n’en parle dans l’administration. Il y a beaucoup d’autocensure », dit-il.

« Mais les gens vont devoir se lever et être comptés tôt ou tard. »

Laforcade rappelle le scandale du sang contaminé par le sida qui a été transfusé à des patients sains dans les hôpitaux français dans les années 1980. Près de cinq mille personnes ont été infectées et 300 sont mortes.

« Ce n’est pas forcément de la même ampleur que le scandale du sang, mais ça pourrait bien devenir le prochain gros problème de santé publique », prévient-il.

rfi En2Fr

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