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Le tourisme autochtone se développe en Alberta malgré la pandémie


Environ 100 personnes ont assisté à la conférence sur le tourisme autochtone de l’Alberta jeudi au Grey Eagle Casino de Calgary.

L’Alberta est vraiment la province où elle explose en ce moment en termes de tourisme autochtone, c’est là qu’elle croît le plus rapidement., dit Jason Picard-Binet, directeur des ventes pour l’Association touristique autochtone du Canada.

Selon Alberta Indigenous Tourism, le nombre de membres a même augmenté cette année malgré COVID-19.

Nous savons que la demande est là pour de vraies expériences indigènes et il y a beaucoup d’intérêt surtout parmi les touristes internationaux, précise la présidente de l’association, Shae Bird.

L’Alberta veut continuer à développer l’industrie touristique autochtone.

Photo : Terri Trembath

Je crois que beaucoup de gens, surtout au niveau gouvernemental, voient le potentiel du tourisme autochtone pour son bénéfice économique, mais il ne faut pas oublier son impact social qui est plus important à mon avis pour créer de vrais changements et aider à revitaliser les langues et à fournir une plate-forme aux communautés autochtones pour partager leurs histoires et leurs points de vue, a déclaré Shae Bird.

Les associations touristiques autochtones existent depuis plus de 20 ans en Colombie-Britannique et au Québec. La naissance de l’Association touristique autochtone du Canada a permis d’aider au développement d’autres sections locales, dont une en Alberta où les entreprises se multiplient.

Le président de Voyage en Alberta David Goldstein dit que ce secteur du tourisme a des avantages significatifs.

C’est un secteur que nous souhaitons développer pour des raisons de réconciliation, mais aussi pour diversifier l’économie et attirer encore plus de touristes internationaux. Les expériences autochtones authentiques sont très demandées, précise-t-il.

Il donne comme exemple le lieu historique de Traversée des Métis près d’Edmonton, qui ouvrira bientôt un hôtel 4 à 5 étoiles. Les visiteurs internationaux dépensent deux fois plus que les Canadiens, mais ils ont besoin de plus d’expériences que le ski ou les Rocheuses, dit David Goldstein.

Le tourisme autochtone se développe en Alberta malgré la pandémie

Musée culturel de la réserve Tsuu T’ina.

Photo : Radio-Canada

Jason Picard-Binet croit que la diversité des Premières Nations de l’Alberta est intéressante pour les visiteurs.

Si vous empruntez une route classique de la Colombie-Britannique à l’Alberta, cela vous permet de découvrir plusieurs nations autochtones à travers la route sans avoir l’impression de répéter le même type d’expérience d’une communauté à l’autre., il mentionne.

Un secteur décimé par la pandémie

Très dépendant du tourisme international, le secteur a visiblement fait les frais de la pandémie. Avant 2019, une bonne partie de la clientèle touristique qui consommait des activités autochtones au Canada était constituée de voyageurs internationaux.

Il y avait un immense intérêt pour les expériences indigènes des marchés européens ou même de la Chine, mais avec COVID-19 tout a fermé et nous avons vu une perte de 60% des emplois dans le tourisme indigène, c’était dramatique, dit Jason Picard-Binet.

Aujourd’hui, on fait des campagnes promotionnelles sur les marchés domestiques et on se reconstruit petit à petit avec une clientèle canadienne et avec la réouverture partielle des frontières, ça aide, mais on évalue qu’on ne pourra pas revenir à des niveaux avant 2019 avant minimum 2024, ajoute Jason Picard-Binet, insistant sur le fait qu’il reste encore beaucoup de travail à faire.

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