Nouvelles locales

le théâtre du Train bleu, repère des compagnies émergentes

Entre la Cité des Papes et Paris, un lien s’est tissé, symbolisé par un artiste local méconnu, Paul Saïn. C’est à cet artiste avignonnais que l’on doit les peintures des villes d’Avignon et de Villeneuve-lès-Avignon qui ornent le plafond de la brasserie Le Train bleu, à la gare de Lyon à Paris.

«  Nous avons choisi le nom en hommage à ce peintre (le théâtre est situé dans la rue qui porte son nom, NDLR) mais aussi comme un clin d’oeil à cette station que l’on fréquente beaucoup », explique Charles Petit, l’un des cinq co-directeurs du Théâtre du Train bleu, créé en 2018.

450 levers de rideau

En quatre ans et malgré l’arrêt forcé du Festival en 2020 pour cause de pandémie, Le Train bleu est devenu un lieu incontournable à Avignon. Pas moins de 30 spectacles y sont proposés cette année, dans les deux salles intra-muros et dans une autre, hors les remparts, qui s’est ouverte aux pratiques artistiques avec la programmation de spectacles destinés notamment à un public adolescent (1).

Anciens acteurs et réalisateurs, les cinq associés avaient identifié ce qu’ils n’aimaient pas dans le « off ». Ils savaient donc exactement ce qu’ils voulaient : un lieu de ressources pour les jeunes compagnies émergentes et un espace ouvert aux écritures contemporaines d’auteurs vivants, où toutes les disciplines auraient leur place : théâtre classique et numérique, danse, cirque, performance…

« Il faut entre dix et douze mois pour monter un projet, explique Charles Petit. Avignon n’est que la pointe de l’iceberg. » Une grande partie de l’année, ils sillonnent la France mais aussi la Suisse, la Belgique et même le Québec – la francophonie est l’un de leurs dadas – à la rencontre de centaines d’entreprises. « On dit beaucoup non », concède-t-il. Mais souvent oui, vu les 420 levers de rideau sur les trois semaines du Festival.

Angela Merkel prévue à Train bleu

Parmi ce programme éclectique, Charles Petit accepte de livrer ses coups de cœur, citant Paradis caché, un discours haut en couleur prononcé par deux Canadiens sur les paradis fiscaux et Olivier Masson doit-il mourir ? un drame intimiste sur l’affaire Vincent Lambert…

A ces choix, nous nous permettons d’ajouter Guten Tag, Mme Merkel, écrit et interprété par la convaincante Anna Fournier qui incarne avec finesse et humour une chancelière allemande plus vraie que nature. En tailleur-chignon sur mesure, d’une voix autoritaire, l’actrice déroule la carrière politique de « Mutti », une épouse heureuse, une européenne déterminée, une femme de pouvoir et une personnalité modeste. L’actrice excelle quand elle imite Poutine, Sarkozy ou Hollande aux prises avec cet homme politique qui ne s’est pas laissé dire par les hommes.

Si l’offre à Avignon est immense, Charles Petit n’en est pas moins fier du parcours accompli et de la fidélisation créée auprès d’un public qui répond présent. « Lorsque nous avons acheté cet ancien garage, nous rêvions d’en faire un théâtre dédié au spectacle vivant bien sûr, mais surtout un lieu dans lequel nous aurions rêvé d’être programmés. » Pari gagné.

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