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Nouvelles locales

Le Parlement vote une prime pour l’arrachage des plants de lavande

Dix millions d’euros pour arracher des plants de lavande et de lavandin, une variété moins noble de cette plante. La mesure, passée un peu inaperçue, a été adoptée le 4 août par le Parlement dans le cadre de la loi de finances rectificative. Soutenue par trois sénateurs de la Drôme, du Vaucluse et des Alpes-de-Haute-Provence, elle entend venir en aide à la filière lavande, en grande difficulté depuis trois ans.

Pour les producteurs, la crise arrive après une bonne période : « Nous avons eu une très bonne période pendant une douzaine d’années, explique Alain Aubanel, producteur dans le Vercors et président du Comité interprofessionnel des huiles essentielles françaises. D’une part, les industries se sont tournées vers les produits naturels plutôt que vers les produits synthétiques. D’autre part, les aléas climatiques et sanitaires ont rendu la production plus compliquée. La demande dépassant l’offre, les prix ont commencé à augmenter. »

« On vend à perte »

En 2019, le prix du kilo de lavandin est passé à 35 €, contre une vingtaine auparavant. Le secteur est alors devenu très rentable et a attiré des agriculteurs établis en dehors des zones de plantation traditionnelles. « Dans le même temps, le marché des semences s’est effondré. De nombreux agriculteurs qui cultivaient des betteraves, du maïs ou du tournesol pour semer ont décidé de se tourner vers le lavandin »précise Laurent Depieds, président de la Commission des Plantes des Plantes à Parfum Aromatiques et Médicinales.

La surface agricole consacrée à la lavande a ainsi augmenté de 40 % ces trois dernières années. Le lavandin, cultivé principalement dans les Alpes-de-Haute-Provence, la Drôme, le Vaucluse et les Hautes-Alpes, a été planté jusqu’en plaine de Beauce, au sud de Paris.

Face à cette augmentation rapide de la production et à la baisse de la demande, due à la pandémie de Covid, les prix se sont effondrés. « Actuellement, le prix d’achat est compris entre 12 et 15 € le kilo, détaille Alain Aubanel. Le prix de production est d’environ 20 €, sans prendre de marge. Donc en dessous, on vend à perte. » De nombreux producteurs se retrouvent en grande difficulté.

Concernant spécifiquement la lavande, les exportations de la Bulgarie, devenue en 2015 le premier producteur mondial devant la France, ont fait chuter les prix. Pour vider leurs stocks, les producteurs bulgares vendent leur lavande deux à trois fois moins cher que les français.

Pour certains producteurs provençaux, la lavande et le lavandin n’ont plus rien rapporté depuis quatre ans. Installées pour la plupart dans des zones montagneuses, où ces plantes sont traditionnellement cultivées, elles subissent une double peine. Sur ces terres caillouteuses, il est non seulement difficile de diversifier les plantations et donc les sources de revenus, mais le rendement est plus faible qu’en plaine.

« Notreles parcelles sont plus petites et dans les montagnes, vous ne pouvez pas irriguer, se souvient Eliane Bres, productrice drômoise et présidente de la coopérative France Lavande. Forcément, on produit moins et on souffre plus de la sécheresse. »

Geler les terres agricoles

Pour inverser la tendance, la filière compte donc sur le succès de cette prime à l’arrachage. « On estime que pour ramener le prix à la normale, il faudrait descendre à 28 000 hectares de plantations de lavande et de lavandin, contre 33 000 actuellement.explique Jean-Yves Roux, sénateur des Alpes-de-Haute-Provence à l’origine de l’amendement. Cela reviendrait à une prime de 2 000 euros par hectare arraché. » Le sénateur souhaite également que les surfaces soient gelées pendant cinq ans pour que la mesure soit efficace.

Reste à savoir si les producteurs qui se sont lancés récemment suivront. Alain Aubanel est confiant. « Je sais qu’au printemps, certains producteurs ont arraché des plants de 18 mois, dont ils n’ont pas récolté, pour replanter du blé. Ils ont déjà compris que ça n’en valait plus la peine. »

Cependant, compte tenu des investissements, tout le monde n’est pas susceptible de reculer. L’an dernier, par exemple, le gouvernement a soutenu à hauteur de 200 000 € un projet de la Société coopérative des agriculteurs d’Eure-et-Loir pour produire et distiller du lavandin dans ce département.

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