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Le nouvel album de Billie Eilish est presque terminé


Après le double album La rivièreLe Patron publie Nebraska son album le plus poignant et le plus dépouillé. Plus qu’un album, une révolution : seul à la guitare, Springsteen chante et déclame un portrait d’une rare violence d’une Amérique à la dérive dévorant les rêves de ses habitants.

Dix ans se sont écoulés depuis les premiers efforts d’enregistrement de Bruce Springsteen. Dix années passées à forger un son rock & roll fougueux et tellement expansif. Dix ans à tisser des liens très personnels avec un public fidèle. Raconter des histoires simples et compréhensibles, avec un sens de la métaphore à la fois sobre et pourtant si évocateur. Cependant, il est préférable de raconter certaines histoires dans les termes les plus simples. Nous sommes en 1982, à l’avènement des grands studios aux consoles surdimensionnées et aux disques surproduits. Mais Bruce, après avoir signé un double album qui va le propulser une nouvelle fois dans la stratosphère et les grandes tournées des stades, arrive avec un projet extrêmement personnel, probablement l’un de ses disques les plus audacieux. Surtout, il affiche de manière spectaculaire son droit à réaliser les disques qu’il souhaite. Nebraska est certainement la plus courageuse de sa discographie alors courte – six disques. Risqué d’un point de vue commercial – s’aliénant ainsi d’éventuelles apparitions radiophoniques – ce recueil de dix chansons est aussi et surtout un coup de maître, une façon inspirée de sortir de cet univers du gros rock & roll. des enjeux financiers, cette industrie du disque qui exige que chaque nouvel album soit plus grandiose que le précédent.

Si l’on peut estimer correctement que Le mélange sauvage, innocent et E Street, sorti en 1973, constitue l’alpha et l’oméga de la chose springsteenienne – le suivant développant, affinant et approfondissant son écriture ainsi que ses arrangements, Nebraska reste une révolution : seul à la guitare, Springsteen chante et déclame un portrait d’une rare violence d’une Amérique à la dérive dévorant les rêves de ses habitants. Il peint ce panorama descriptif avec de vieux pinceaux et des couteaux rouillés : guitares acoustiques, harmonica, orgue parfois, voire mandoline, le tout capté sur un magnétophone quatre pistes. Le vocabulaire utilisé est dérivé de la musique folk – remontant directement aux chansons de Woody Guthrie. Le style est définitif, inébranlable, provocateur, désespéré ; le chant est honnête et la musique dure, déterminée et sans fioritures.

Nebraska est un triomphe acoustique, un album de musique folk sur lequel Springsteen a mis à nu son art. Les ambiances rappellent évidemment Darkness on the Edge of Town. Chaque phrase – et donc le phrasé, plus chanté que crié – en dit long : sur fond de guitares acoustiques, de métaphores. Il raconte désormais des histoires simples dans le langage d’un homme ordinaire. Chaque chanson est un mini scénario, et son interprétation une mise en scène à la John Ford, comme pour mieux sublimer la sordidité des textes. Aussi cinématographique que la chanson Patrouilleur routier servira de cadre à Le coureur indien, le film réalisé par Sean Penn. Une histoire complète, l’acteur-réalisateur n’aura plus qu’à tourner les images.

Alors que La rivière conclu par un accident de la route (« Wreck On The Highway »), une autre mort violente sert de point de départ à Nebraska. La chanson titre met en scène une scène effrayante. Chantant avec une voix empruntée à Guthrie et aux premiers Bob Dylan, il incarne un tueur en série à la première personne du singulier, chantant de manière presque sucrée. La musique est sobre, lente et apaisante, mais elle est loin d’être une histoire romantique de hors-la-loi : la musique calme rend l’épopée sanglante du tueur en série d’autant plus atroce.

Nebraska se décline en histoires toutes plus sordides les unes que les autres, mais les honnêtes gens – et ils sont plus nombreux que ses criminels – continuent de chercher une délivrance, voire une rédemption qui n’arrive jamais. La compassion avec laquelle Springsteen chante chaque ligne ne peut cacher le fait qu’aucune paix ne peut être trouvée dans l’obscurité et qu’aucune rivière de purification ne coulera jamais dans la vie de ses anti-héros. Enfin, on ne peut que noter son insistance à peindre avec une précision d’orfèvre les petits détails de la vie de ses personnages et sa détermination à créer un album folk définitivement ancré dans la tradition de la musique nord-américaine.

Belkacem Bahlouli

Grb2

Jewel Beaujolie

I am a fashion designer in the past and I currently write in the fields of fashion, cosmetics, body care and women in general. I am interested in family matters and everything related to maternal, child and family health.
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