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Politique

le moins sucré et le plus riche en fibres

Patricia Chairopoulos, responsable de la section alimentation et environnement chez magazine 60 millions de consommateurs nous éclaire aujourd’hui sur la consommation de sucre lors de nos petits déjeuners et goûters. Elle a fait un test comparatif, et le résultat est que les Français mangent trop de sucre…

franceinfo : Pour votre enquête vous avez évalué une cinquantaine de produits et la plupart contiennent beaucoup trop de sucre

Patricia Chairopoulos : Oui, comme d’autres produits industriels d’ailleurs. Les sucres sont présents dans 80 % des aliments préemballés, tant sucrés que salés, et ils sont identifiés dans les listes d’ingrédients sous le nom de saccharose, bien sûr, mais aussi glucose, fructose, sirop de glucose-fructose, etc.

Et le problème c’est que les français aiment le sucre, on en consomme trop apparemment ?

Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments, les Français en consomment en moyenne plus de 100 grammes ; l’Organisation mondiale de la santé recommande un maximum de 50 grammes de sucre par jour. Ce sont les sucres libres, ceux que l’on trouve dans les jus de fruits ainsi que tous les sucres ajoutés.

Le risque d’un excès est de favoriser la prise de poids, les caries, certaines maladies métaboliques comme le diabète de type 2, sans oublier la fatigue liée aux variations excessives de la glycémie, c’est-à-dire du taux de glucose dans le sang.

Mais quand on dit que le sucre donne de l’énergie, est-ce faux ?

Oui et non, cela dépend de quels types de sucres nous parlons. Certes, manger une tablette de chocolat sucré donne un coup de fouet, mais cela ne dure pas, et vous pouvez même faire un AVC par la suite. En revanche, les glucides que l’on trouve sous forme d’amidon dans les céréales complètes et les légumineuses en particulier, sont intéressants car ils apportent une énergie de bonne qualité à l’organisme, et sur le long terme.

Quels types de produits avez-vous analysés et sur quels critères ?

Nous avons analysé une cinquantaine de produits, pour moitié des produits de petit-déjeuner comme les céréales et les mueslis, et pour moitié des produits de collation : biscuits et cakes au chocolat et aux fruits comme les fraises roulées.

Et quels sont les résultats, avons-nous suffisamment d’informations sur les emballages ?

Bien que les fabricants soient tenus d’indiquer certaines valeurs nutritionnelles (calories, lipides, glucides, sucres, etc.) sur les emballages, elles sont insuffisantes. Car il manque un critère clé : la charge glycémique. Cette valeur tient compte de l’indice glycémique de l’aliment et de sa teneur en glucides. Plus il est élevé (supérieur à 20), plus la portion ingérée provoque une élévation rapide du taux de glucose dans le sang (glycémie), et moins l’aliment sera intéressant pour la ligne et la santé.

En effet, les pics de glycémie favorisent le stockage des sucres sous forme de graisse et augmentent également le risque de développer un diabète de type 2. Sans oublier que la fluctuation de la glycémie au cours de la journée peut favoriser le stress et la fatigue.

Bon pour le petit déjeuner, il y a la bataille traditionnelle entre les céréales et les mueslis. Quels sont les résultats de votre enquête ?

Les résultats sont sans appel : côté céréales, les charges glycémiques sont généralement très élevées. Pire encore, leur teneur en sucre : à 16 grammes en moyenne, un bol de céréales fournit à lui seul le tiers des apports recommandés par l’OMS (50 grammes/jour). Ajoutez un gâteau et une boisson sucrée au fur et à mesure de la journée, et le tour est joué.

Le matin, mieux vaut donc miser sur le muesli. Avec une charge glycémique inférieure à 20, une petite moitié de notre échantillon est intéressante pour la santé. Un petit bémol cependant : à part deux références, on a affaire à des produits sucrés, surtout des recettes « croustillantes ». Mais un autre avantage des mueslis réside dans leur teneur en fibres, essentielles au bon transit alimentaire, à la prévention de certains cancers, ainsi qu’à la régulation de la glycémie et du cholestérol.

L’objectif est d’atteindre 30 grammes par jour, selon les autorités sanitaires. Sept de nos mueslis (plus de 6 g de fibres) en sont une bonne source. Rien à voir avec la plupart des céréales et leur faible apport.

Pas trop de sel ? Parce qu’on sait que les fabricants ont tendance à en rajouter partout ?

Sur ce critère, tous les produits du petit-déjeuner sont bons, contenant moins de 0,5 gramme par bol.

Et pour un goûter ?

Les résultats sont moins bons, et encore plus sur les sucres. En fond de meute, on retrouve sans surprise les plus sucrés, sachant que les gâteaux et biscuits contiennent en moyenne plus de 14 grammes par portion (environ 50 grammes, soit deux biscuits) soit 30% de nos besoins quotidiens en sucre ! Sur ce critère, la famille des galettes offre le meilleur (Moelleux de Gerblé – 6,5 g/portion) comme le moins bon (Casino Strawberry Doodingues – 23 g/portion). Ils peuvent aussi être salés et pour certains, trop riches en acides gras saturés.

Mais à la lecture de votre sondage, y a-t-il vraiment des produits à éviter, d’autant plus que beaucoup contiennent des additifs ?

D’après les notes globales de notre classement, certains produits sont définitivement à éviter. En matière d’additifs, les gâteaux sont les champions, avec un record de neuf additifs pour une référence. Ce sont principalement des émulsifiants et des poudres à lever, mais aussi des épaississants, gélifiants et autres correcteurs d’acidité.

Est-ce à dire qu’il existe de grandes disparités entre les produits que vous avez testés ?

Oui, même si dans la catégorie snacking, aucun produit ne se démarque vraiment. Nos notes vont de 13/20 pour le meilleur à 5/20 pour un gâteau aux pépites de chocolat.



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