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Le Festival de Cannes dévoilera ce matin une sélection mêlant art, glamour et politique

Les réalisateurs du monde entier auront les yeux rivés sur le cinéma des Champs-Elysées à 11 heures jeudi 14 avril, où le délégué général, Thierry Frémaux, annoncera la liste des élus. Peut-être révélera-t-il également le nom de la personne qui succédera à Spike Lee à la présidence du jury. La revue spécialisée variété misez sur Penelope Cruz ou Marion Cotillard.

Plus de 2 000 films ont été inscrits pour cette édition anniversaire : le 75e Festival, qui retrouve ses dates habituelles pré-pandémie, du 17 au 28 mai, pourrait offrir une tribune aux cinéastes ukrainiens, ou aux Russes en rupture avec le régime de Poutine.

Après l’invasion de l’Ukraine, Cannes a immédiatement annoncé que le festival n’accueillerait pas « Délégations russes » officiel, mais pourrait inviter des cinéastes célèbres comme Kantemir Balagov (Notes), 30 ans, qui a fui la Russie, ou son aîné, Kirill Serebrennikov (Léto), 52 ans, enfant terrible de la création contemporaine qui, en tant que metteur en scène, va ouvrir le Festival d’Avignon.

Côté ukrainien, on a pu compter sur le cinéaste Sergei Loznitsa, qui a présenté un film sur la destruction des villes allemandes par les Alliés à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Vingt prétendants à la Palme d’or devraient s’affronter, dix mois après l’édition de juillet 2021, qui avait couronné la Française Julia Ducournau pour Titane. De grands noms seraient sur les rangs : les professionnels espèrent un retour en compétition de David Cronenberg, film d’horreur de science-fiction pour lequel il a rallié Viggo Mortensen, Kristen Stewart et Léa Seydoux, ou de l’Australien George Miller, le père de Mad Max.

Sont également mentionnés le Suédois Ruben Ostlund, Palme d’Or 2017 avec le grinçant La placequi décortique une fois de plus les mœurs contemporaines Triangle de tristesseou l’ambitieux projet de Terrence Malick sur la vie du Christ, avec Mark Rylance dans le rôle de Satan.

Le Festival de Cannes pourrait être tenté de rejouer la carte sud-coréenne, après avoir parié en 2019 en sacré Parasite de Bong Joon-ho, qui a remporté l’Oscar du meilleur film. Ce dernier pourrait revenir avec son dernier film, tout comme son compatriote Park Chan-Wook.

Peu de réalisatrices sont citées, si ce n’est l’Américaine Kelly Reichardt, prisée par la critique, ou les Françaises Rebecca Zlotowski ou Alice Winocour, chacune pour des films avec l’actrice Virginie Efira, également maîtresse des cérémonies d’ouverture et clôturées cette année.

Si le cinéma français sera probablement à nouveau bien représenté, le règlement cannois, qui exclut de la plateforme de compétition les films qui ne sortent pas dans les salles françaises, devrait en revanche exclure le film Netflix de la Croisette. Cheveux blondune relecture de la vie de Marilyn Monroe avec Ana de Armas.

Alors que les grands auteurs n’hésitent plus à se rendre sur les plateformes (Scorsese ou Jane Campion chez Netflix, bientôt Ridley Scott chez Apple…), et que les habitudes des spectateurs évoluent, Thierry Frémaux aimerait que cette règle change, mais les Français les exposants, membres du conseil d’administration du festival, s’y opposent.

Très peu d’informations ont filtré jusqu’ici sur cette 75e édition, la dernière du président Pierre Lescure, qui a annoncé qu’il passerait la main en juillet à une avocate, Iris Knobloch, ex-WarnerMedia.

Elle est marquée par la fin du partenariat avec Canal+, remplacé par une équipe France Télévisions/Brut, et l’arrivée comme partenaire de TikTok. Hors compétition, le Festival a annoncé la présence de Tom Cruise, de retour dans le cockpit pour présenter, 35 ans plus tard, une suite du mythique Pistolet supérieuret le biopic très attendu Elvis de Baz Luhrmann (Moulin rouge).



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