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L’avis de Samir Benmakhlouf sur l’enseignement en anglais au Maroc

Il est temps d’ouvrir la porte à l’apprentissage de l’anglais et d’investir dans les contenus éducatifs et numériques. C’est la conviction de Samir Benmakhlouf, fondateur de la London Academy Casablanca & Rabat, invité de « L’Info en Face ». L’expert estime qu’il faut également revoir et mettre à jour le contenu du programme qui date du XXe siècle.

Nous ne pouvons pas continuer à former des étudiants avec des méthodes et des programmes du XXe siècle alors que le monde est en constante évolution. C’est l’un des principaux constats qui ont été faits par Samir Benmakhlouf, fondateur de la London Academy Casablanca & Rabat, lors de son apparition dans l’émission « L’Info en Face ». En effet, ajoute-t-il, les programmes d’études doivent être mis à jour pour permettre aux étudiants d’apprendre tout ce qui se passe autour d’eux. « Il est inutile de leur apprendre des choses dépassées, les jeunes doivent être suffisamment informés notamment en ce qui concerne le réchauffement climatique, les énergies renouvelables ainsi que l’histoire russo-ukrainienne et son impact sur la vie quotidienne des Marocains », suggère-t-il.

Concernant le débat qui s’est déclenché sur les réseaux sociaux au sujet du passage à l’anglais, l’invité estime que chaque Marocain doit avoir un bon niveau dans les trois langues, à savoir l’arabe, le français et l’anglais. Il ajoute cependant qu’il est temps d’ouvrir la porte à l’apprentissage de l’anglais dès le primaire, notamment pour les matières scientifiques et technologiques ainsi que la finance.

Pour élucider ses propos, il rappelle que la technologie a été fabriquée dans un monde anglo-saxon et que tous les contenus que les enfants trouvent sur internet sont en anglais. « Il serait donc judicieux d’ouvrir la porte à un enseignement en anglais au lieu de s’appuyer sur des traductions faites en français ou en arabe », note-t-il. Et de préciser que la langue anglaise permettra aux citoyens marocains d’interagir avec le monde entier, d’autant plus que plusieurs pays ont commencé à enseigner des matières en anglais.

L’expert tient à préciser, en revanche, que pour atteindre les résultats escomptés, les établissements doivent se doter d’enseignants capables d’accueillir une nouvelle façon d’apprendre. Le point de vue de l’expert est donc clair : ouvrir la porte à l’apprentissage de l’anglais, mais sans pénaliser ni le français ni l’arabe. Il faut rappeler à cet égard que la particularité du Marocain réside dans sa capacité à devenir facilement trilingue. C’est un atout à exploiter !

La formation à distance, une nécessité !
Samir Benmakhlouf pense également qu’il faut se pencher sur la transformation numérique. Cela, explique-t-elle, « permettra de rendre la formation centrée sur l’élève et non sur l’enseignant et la classe ». L’invité de Rachid Hallaoy est presque convaincu qu’il est temps d’investir dans les contenus éducatifs et numériques, grâce notamment aux logiciels et programmes disponibles sur le Net. Cela permettra aussi à l’élève, note-t-il, d’apprendre à son rythme au lieu de suivre le rythme du groupe comme en classe.

Pour assurer le succès du projet de numérisation et surtout éviter les erreurs du passé, l’expert insiste sur l’importance de fournir aux étudiants les outils nécessaires, mais aussi d’assurer un contenu interactif et non diffusé sur les chaînes de télévision. « Il faut aussi commencer à former les enseignants pour qu’ils deviennent des animateurs », note-t-il. Et d’alerter : « Si nous ne sommes pas dans la connectivité et si nous n’investissons pas dans les contenus éducatifs numériques, je crois que nous allons manquer une génération qui ne pourra pas suivre ce qui se passe dans le monde. Pour lui, même si on mettait tout le budget de l’Etat dans la réforme de l’éducation, cela ne suffirait pas, d’où l’intérêt de penser autrement en misant sur le numérique.

>> À lire aussi : Fouzi Lekjaâ : la réforme de l’éducation nécessite une augmentation budgétaire de 5 milliards de dirhams annuels



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