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Laissez la poussière retomber | Radio-Canada.ca

Félix Auger-Aliassime a eu du mal à expliquer l’ampleur de la correction. Il n’était pas blessé, pas particulièrement nerveux, pas plus fiévreux parce que la partie inférieure de la table était dépouillée de ses plus grosses graines. Il s’est bien échauffé avant le match, a bien senti le ballon, pas d’accroc, pas de signal d’alerte.

Alors défaite, d’accord, mais ça jamais pensé que ça finirait comme ça.

Une fessée royale de 6-1 et 6-2, gracieuseté de Casper Ruud, au cours de laquelle il a perdu 10 matchs de suite dont, bien sûr, son service cinq fois de suite.

Ce n’est pas non plus habituel pour moi, quand j’ai joué deux matchs de cette façon, de perdre comme ça.

La veille devant Cameron Norrie, 11e mondial, il s’était familiarisé avec les nuages, qualifiant sa performance de presque parfait.

Vendredi, son jeu s’est effondré en un éclair. Il a parfaitement commencé le match en brisant le service de Ruud sur un jeu blanc, puis plus rien.

 » J’ai un peu forcé mes frappes, mes cibles. Cependant, j’ai joué un très bon premier match. Après, ça s’est vite compliqué sans que je sache exactement pourquoi. Mais j’ai une petite idée. »

Une citation de Félix Auger-Aliassime

Son entraîneur Frédéric Fontang a identifié deux éléments perturbateurs.

D’abord, la température plus froide que la veille, une bonne dizaine de degrés, a complètement changé les conditions de jeu. L’air plus froid et donc plus dense, plus lourd, ralentit la balle.

Son premier service sortait un peu moins, a expliqué Fontang. Avec la qualité du retour de Casper Ruud en seconde, ça l’a un peu dérangé. Il s’est tendu, il a perdu ses idées claires. Et c’est allé très, très vite, et le jeu est allé dans tous les sens.

Tout cela, on vous le dit, mais, s’il vous plaît, chut ! Ne le criez pas trop fort, car au moment d’écrire ces lignes, Fontang n’avait pas encore confié sa brillante analyse à son poulain. Imaginer…

Dans cette patience réside la sagesse. C’est du moins l’avis du coach.

Auger-Aliassime a essuyé d’autres déboires du genre, c’est évident, mais jamais devant SON public. Jamais avec une si belle opportunité de se rendre à la fin de son tournoi. Puisque nous alternons entre Montréal et Toronto, les opportunités ne seront pas légion.

Une telle déception peut-elle laisser des traces ?

A priori, il est difficile de croire qu’un joueur qui passe sa vie à enchaîner tournois et performances, bonnes ou mauvaises, expert en mémoire à court terme, puisse se laisser affecter longtemps par une défaite pareille, aussi cruelle soit-elle. .

Andy Murray, par exemple, avait évité de justesse l’ultime affront lors de la finale de l’ATP en 2014, devant Roger Federer qui l’avait battu à domicile à Londres, 6-0 et 6-1.

Lors de son prochain tournoi, l’Open d’Australie, l’Ecossais avait atteint la finale. Cependant, Murray avait beaucoup plus d’expérience à l’époque qu’Auger-Aliassime aujourd’hui et deux titres du Grand Chelem en poche. Nous imaginons que cela peut aider à mettre en perspective les grandes et les petites choses de la vie.

Il y a donc un peu d’analyse à faire, de préférence à froid. Pour cela, Auger-Aliassime ne semblait pas s’inquiéter outre mesure.

L’essentiel est toujours de savoir ce qui s’est réellement passé, d’essayer d’agir en conséquence, puis de passer à autre chose. Je ne suis pas quelqu’un qui devient trop émotif ou douteux, qui réfléchit ou pose des questions. Au final, c’est du tennis, c’est un sportil a chuté.

Selon Fontang, l’issue de ce match en quart de finale s’est d’abord jouée au niveau du tennis.

Les Français parlent avant tout d’un scénario et conditions tactiques.

Il faut apprendre à compresser [la période d’ajustement]. C’est le défiajoute l’entraîneur.

Fontang a parlé de confiance, de l’importance de prendre soin de son homme, aussi bien pendant le match où il se limite à de simples messages sur le terrain qu’après, quand vient le temps d’avaler la pilule et de tout digérer. ce.

Protecteur, il a estimé que le résultat ne laissera pas de traces, qu’il y a eu d’autres défaites éprouvantes, citant au passage celle contre Dusan Lajovic à Toronto l’an dernier lors de son premier match du tournoi.

C’est pourquoi il laissera Auger-Aliassime un peu d’air dans les prochaines heures, peut-être les prochains jours.

Il faut laisser passer du temps. L’erreur est d’être trop émotif tout de suite. Laisse tomber la poussière au fond du verredit gentiment Fontang.

La capacité d’Auger-Aliassime à apprendre de telles expériences, à les appliquer et à s’adapter, déterminera probablement s’il sera un grand joueur ou un prétendant régulier aux titres du Grand Chelem, le Saint Graal du tennis. professionnelle.

La beauté de la chose est que cette histoire est encore très jeune.

(Avec les informations d’Antoine Deshaies)

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