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Laisse Gorton le montrer s’il n’a pas peur de Roy


Jeff Gorton n’a rien dit de vraiment concret sur ses plans pour les Canadiens lors de sa première rencontre avec les médias montréalais hier matin, et c’est normal. Il vient juste de prendre ses fonctions et il doit apprendre à connaître son nouveau monde. Une fois qu’il a le pouls de l’équipe et des personnes qui travaillent autour de lui, il peut mieux établir sa stratégie.

Le nouveau vice-président des opérations hockey des Canadiens a fait bonne impression. On voit qu’elle est servie par une longue expérience et qu’elle est organisée.

Il semble être un homme d’affaires franc, honnête et agréable, mais seul un échantillon a été vu.

Ce sont ses actions à venir et les résultats qui suivront qui prouveront tout.

Le candidat du peuple

Son premier mandat sera de trouver un directeur général, et on sait déjà depuis mardi que Patrick Roy a postulé.

Le dernier gardien à avoir mené le Tricolore à la coupe Stanley est le choix populaire. Il parle la langue des gens qui, comme lui, en ont assez de voir le Canadien devenir ridicule.

Le mécontentement a atteint un autre point culminant lors de la défaite de jeudi soir contre l’Avalanche du Colorado.

Les partisans gênés par la piètre performance du Tricolore ont regardé le match avec des sacs en papier brun sur la tête.

On avait déjà vu ça à Montréal, mais jamais on n’avait vu un spectateur tirer son chandail bleu, blanc, rouge sur la glace.

Dans le monde du sport, c’est le geste du mécontentement suprême.

Cette image a fait le tour du Canada et des villes américaines où le hockey est populaire. C’était comme si nous avions assisté à la fin d’un empire. Au train où vont les choses, on n’a peut-être pas tout vu.

Les fans ont plein de baskets. Les places gratuites sont de plus en plus nombreuses au Centre Bell.

La saison ne veut plus rien dire.

Regard de campagne électorale

C’est dans cet univers de désillusion que Gorton débarque à Montréal. Il est bien conscient que sa nomination fait des vagues et que les fans voient en Roy le messie espéré.

L’autre soir, les fans se sont présentés au match avec des pancartes appelant les officiers à élire Roy.

On se croirait en campagne électorale. Serge Savard, Mario Tremblay, Guy Carbonneau et Benoît Brunet ont parlé haut et fort en faveur de Roy.

L’intervention de Carbonneau était quelque chose à voir au Réseau des sports. Je ne l’avais jamais vu aussi expressif et émotif dans son rôle de commentateur.

Neely bugs aussi

Si Gorton recherche, comme il le dit, un PDG qui le complètera et aura un réel pouvoir, Roy correspond à cette description.

Il dit qu’il n’a pas peur de travailler avec quelqu’un qui déplace l’air.

À cet égard, il faut dire que Roy n’est pas le seul à afficher ses émotions.

L’ancien ailier droit et actuel président des Bruins, Cam Neely, ne cède pas sa place. La télévision ne manque pas de nous le montrer quand il y a un orage.

Pensez-vous aussi qu’il y a toujours de belles choses dites entre quatre murs entre des têtes de hockey ?

Les gros mots volent en temps réel !

Les débats entourant l’intérêt de Roy pour le poste se poursuivront dans les derniers jours de l’année, peut-être même au début de janvier, car Gorton ne fera connaître son choix qu’à Noël.

Si Gorton opte pour Mathieu Darche, Daniel Brière, Martin Madden Jr., Joël Bouchard ou un autre qui sortirait des sentiers battus en mentionnant la possibilité, il devra démontrer que cette personne ne sera pas le francophone de service.

Ducharme sauvé pour l’instant

De plus, Dominique Ducharme a dû accueillir avec un certain soulagement la nouvelle qu’il resterait derrière le banc jusqu’à la fin de la campagne.

Cela met moins de poids sur ses épaules, mais son avenir reste incertain au-delà de cette saison.

Lui qui doit composer sans les services de Carey Price, Joel Edmundson et Paul Byron depuis le début de la saison, il vient de perdre Josh Anderson pour une durée de deux à quatre semaines.

Rien pour aider sa cause.

Apprendre le français

J’ai gardé pour la fin l’argumentaire de vente que Gorton a fait en français avant d’aller à la période des questions avec les journalistes.

J’ai toujours eu du mal avec ça depuis toujours.

Pendant quelques phrases, on essaie de se flatter du grain, puis on n’entend plus jamais cette personne parler en français.

Gorton dit qu’il est prêt à apprendre notre langue et nous demande d’être patients.

On veut te croire, Jeff, mais fais-le.

Comme Bob Hartley l’a dit hier après-midi 91.9 : « Si je peux apprendre le russe, Gorton peut apprendre le français. « 

Hartley ne connaît pas le russe comme sa poche, mais il comprend et sait se faire comprendre.

Cela ne le tue pas.



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