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L’agriculture malmenée par la grêle en plus de la sécheresse


Des pluies orageuses sont encore attendues aujourd’hui entre le sud de l’Aquitaine et la Lorraine, voire l’Alsace, en passant par la région Bourgogne-Franche-Comté. Depuis lundi, des orages faisant tomber des boules de grêle de la taille de balles de ping-pong ou même de tennis ont causé d’énormes dégâts aux habitations, aux voitures et aux terres agricoles. Ces orages succèdent à d’autres survenus début juin, avant les jours de canicule de la semaine précédant le second tour de l’élection présidentielle. Mardi, Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, a rendu visite à des agriculteurs sinistrés à Thenay, dans le Loir-et-Cher, où il vient d’être réélu député.

A la suite de cette visite, le ministère a publié hier un communiqué indiquant que le ministre « lance une mission éclair conduite par des experts du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et de l’espace rural (CGAAER) ». Le communiqué précise que « cette mission flash se déroulera au plus près des acteurs de notre agriculture, en lien avec les assureurs, pour une durée de deux semaines. Il fournira au ministre une première estimation documentée de l’étendue des épisodes de grêle. Le cas échéant, il proposera des éléments pratiques pour mieux adapter les outils actuels et futurs aux besoins des agriculteurs face à ces phénomènes climatiques intenses. La mission sera composée de trois membres du CGAAER et remettra son rapport dans deux semaines », indique le communiqué. En attendant de le recevoir, Marc Fesneau tente de rassurer les agriculteurs par ces mots : « Avec cette mission nous allons évaluer précisément les dégâts en très peu de temps. Cela nous permettra également d’identifier des leviers d’adaptation à court et moyen terme pour être encore plus résilient. Il s’agit du travail de nos agriculteurs et de notre souveraineté alimentaire.

Aucune production ne semble épargnée

En attendant, on sait déjà que les dégâts sont considérables dans un grand nombre de départements. Hier, la Chambre d’agriculture de la Gironde, publiait un communiqué dans lequel on pouvait lire : « Maïs, vignes, légumes des champs, aucune production ne semble épargnée dans les localités touchées par la grêle qui s’est abattue en partie sur le Médoc, le Blayais et le nord Libournais. En plus des cultures, des bâtiments, des équipements et des installations ont subi de lourds dégâts, avec des serres brisées, des toitures effondrées ».

Dans les vignes, certaines parcelles ne seront pas vendangées cette année, tandis que d’autres devront beaucoup trier les raisins pour ne récolter que les grappes d’assez bonne qualité au moment des vendanges. Henri Négrier, vigneron à Saint-Seurin-de-Cadourne en Gironde, indique que « 90% de la récolte est à terre » sur son exploitation, soit l’équivalent de 70.000 bouteilles de vin. Pierre Braquessac, vigneron non assuré contre les dommages, a vu 70 % de ses parcelles touchées par la grêle. Outre les vignobles de la Gironde, de la Dordogne, des départements de la Charente dont les vignes produisent des raisins pour le cognac, ceux de la région Centre et de la Bourgogne ont également été touchés par ces orages de grêle.

Boules de glace de 5 centimètres de diamètre par endroits

Dans différentes régions de France, plus de 1 500 orages de grêle ont été enregistrés, localisés la plupart du temps, mais dont les boules de glace atteignaient toujours un diamètre supérieur à 2 centimètres et même supérieur à 5 centimètres dans 10 % des cas. Dans plusieurs départements, des hectares de tournesol et de maïs ont été broyés par la grêle. Ailleurs, les serres utilisées pour produire des légumes ont 25 à 30 % de tuiles cassées, témoigne un maraîcher des Hautes Pyrénées. Dans un élevage bovin à Vanxains, en Dordogne, la tempête a gravement endommagé la centaine d’hectares de céréales destinées à l’alimentation du bétail, tandis que les toits des bâtiments ont été gravement endommagés par la grêle.

Nous verrons dans deux semaines quelles seront les conclusions de la mission confiée aux trois membres du CGAAER par le ministre de l’Agriculture. Mais il est déjà clair qu’en juin 2022 nous avons des signes inquiétants des conséquences du changement climatique sur le territoire français. Et en même temps, alors que la guerre en Ukraine permet aux spéculateurs de s’enrichir en pariant sur une pénurie de céréales, la situation dans notre pays montre que promouvoir la souveraineté alimentaire, c’est rompre avec la seule loi de l’offre et de la demande, telle qu’elle opère aujourd’hui à Niveau européen et mondial.

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