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la victoire de la persévérance et de la libération


EDITO

A genoux, les yeux brouillés par l’émotion. L’air de ne pas y croire. Alizé Cornet nous a fait débuter la semaine par un grand cocorico ce matin. Jamais on ne l’avait vue plus sereine sur un court de tennis qu’en ce début d’année 2022. Comme si l’ombre de la fin de sa carrière lui donnait des ailes. Comme si le poids de la pression se faisait moins lourd en approchant du point final.

La Française a fêté ses 32 ans samedi. Elle dispute avec cet Open d’Australie son 60ème tournoi du Grand Chelem de suite, à deux unités du record absolu qu’elle entend bien battre cette année. Une régularité impressionnante pour cette acharnée du travail. Il manquait juste ce petit plus qu’elle vient de décrocher ce matin : une place en quarts de finale d’un Grand Chelem. Le grand huit, ce frisson qui vous fait tutoyer les grandes joueuses de ce monde. Ce lundi matin, elle est venue à bout de Simona Halep
, ancienne n°1 mondiale.

Victoire au forceps

Tout n’a pas été simple dans ce match. Sinon ça ne serait pas vraiment du Alizé Cornet. La Française avait le match en main, avant de douter, de laisser échapper la deuxième manche pour finalement s’imposer en trois sets. Un marathon comme elle les adore. Et la victoire d’une joueuse libérée. Alizé Cornet l’a écrit dans son autobiographie sortie il y a quelques mois : son perfectionnisme, son envie de bien faire lui a souvent gâché la vie. L’écriture a agi comme une thérapie pour elle. Et aujourd’hui, alors que tout le monde lui demande si c’est bien sa dernière saison, elle sourit, elle dit qu’elle ne s’interdit rien.

Et c’est ce que j’ai envie de retenir aujourd’hui : la joueuse parvient désormais à ne rien s’interdire. Ni d’atteindre les sommets, ni d’être enfin indulgente avec elle-même. Et elle obtient le meilleur résultat de sa carrière alors que ça fait 17 ans qu’elle est sur le circuit.

Alizé Cornet, enfin épanouie sur le court

On a découvert Alizé Cornet quand elle n’avait que 15 ans. C’était à Roland Garros en 2005. Elle était la plus jeune joueuse en lice, et elle avait passé un tour avant de se retrouver face à son idole, Amélie Mauresmo, dont elle collectionnait les posters au-dessus de son lit. L’histoire était belle, et la jeune fille s’était retrouvée directement sous le feu des projecteurs. Pas toujours facile à vivre.

Depuis, elle a fait son chemin. Mais elle n’était jamais arrivée jusqu’aux quarts de finale d’un Grand Chelem. Oui, on peut atteindre le sommet d’une carrière même quand on arrive à la fin. On peut troquer les records de précocité pour des records de longévité, de constance, et ajouter la petite cerise sur le gâteau quand on vient de fêter ses 32 ans. Alizé Cornet est aujourd’hui une joueuse, une femme épanouie. Elle s’intéresse au monde qui l’entoure, elle défend Peng Shuai, trouve un mot sympa pour Djokovic. Et accepte de ne pas toujours tout faire parfaitement. La victoire de la maturité, en somme.

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