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La police a admis avoir espionné – des militants


Les forces de l’ordre du Canada auraient confirmé qu’elles utilisaient des logiciels malveillants pour infiltrer les appareils mobiles et collecter des données

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a révélé qu’elle utilisait des logiciels espions pour infiltrer les appareils mobiles et collecter des données, selon une déclaration publique faite jeudi par une organisation canadienne de défense des droits.

L’Association des libertés civiles du pays (ACLC) affirme avoir trouvé la révélation enterrée dans un document présenté au Parlement canadien le 22 juin 2022. L’aveu de la GRC serait venu en réponse aux législateurs qui remettaient en question l’utilisation par le gouvernement de la surveillance des citoyens canadiens. Comme l’a déclaré l’ACLC, c’est la première fois qu’un service de police au Canada admet ouvertement avoir utilisé des outils de surveillance controversés et envahissants dans des enquêtes ciblées.

Le document a déjà été rapporté par Politico, qui a déclaré que l’équipe d’accès et d’interception secrète (CAIT) de la GRC a utilisé « Outils d’enquête sur l’appareil » pour collecter à distance des textes, des e-mails, des photos, des vidéos, des informations financières et même allumer des microphones et des caméras à distance sur les appareils cibles. Le processus n’aurait été utilisé qu’après l’obtention d’un mandat et mis en œuvre dans 10 enquêtes entre 2018 et 2020. Il est également à noter que le commissaire à la protection de la vie privée du Canada n’a pas été consulté sur l’utilisation de telles méthodes.

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La police nationale aurait déclaré que la prolifération des méthodes de communication cryptées était la principale raison de l’emploi de ces tactiques, écrivant dans leur déclaration que « En moins d’une génération, un grand nombre de Canadiens ont migré leurs communications quotidiennes d’un petit nombre de grands fournisseurs de services de télécommunication, qui fournissaient tous des services limités et contrôlés de manière centralisée aux clients, vers d’innombrables organisations au Canada et ailleurs qui offrent une myriade de services numériques aux clients.

« Cette décentralisation, combinée à l’utilisation généralisée de services de messagerie vocale et textuelle cryptés de bout en bout, rend exponentiellement plus difficile pour la GRC d’effectuer une surveillance électronique autorisée par le tribunal », Politico a cité la divulgation comme disant.

Cependant, comme le souligne l’ACLC, le document ne précise pas exactement quels types d’enquêtes ont été jugés justifier l’utilisation de ces outils intrusifs, ni à quels outils spécifiques l’agence a eu recours ou qui les a fournis.

« Est-ce l’un des nombreux fournisseurs de logiciels espions connus pour vendre de tels outils à des États autoritaires qui les utilisent pour cibler les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes ? Quels sont les processus internes de décision et d’autorisation entrepris pour autoriser cette option nucléaire pour la surveillance des Canadiens? Pourquoi le commissaire à la protection de la vie privée n’a-t-il pas été consulté alors que le caractère envahissant et controversé de ces outils sur la scène mondiale est explicite et bien connu ? » a interrogé l’ACLC.

L’organisation a appelé à la transparence publique sur la question et a appelé à une discussion ouverte sur la « pertinence de l’utilisation de tels outils » ainsi que la protection juridique et les cadres nécessaires pour assurer la responsabilité de l’utilisation de ces méthodes contre les citoyens canadiens.

RTEn

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