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La Grande Sophie : « On ne peut pas nous priver de notre imagination »

Chaleur et douceur. Des mélodies mid-tempo claires et crépitantes avec des incursions rock et funk. Des mots simples et profonds pour exhaler les sentiments et dire notre temps. Avec ce 9 e album enregistré en partie dans son home studio, l’auteure-compositrice-interprète de 53 ans attise notre feu intérieur et notre imaginaire. Aussi bien lorsqu’elle évoque les montagnes russes que nous traversons dans nos vies (l’Escalier) que lorsqu’elle rappelle que le lièvre vient après la tortue (Vulgaire) ou lorsqu’elle partage sa joie devant la Grande Bleue (la Mer). Pour une fois, son répertoire offre une ligne d’horizon musicale solaire et apaisante.

Votre nouvelle tournée a commencé cet automne. Comment se passent les retrouvailles post-Covid avec le public ?

J’espère avant tout apporter des émotions aux gens. Moi, quand je vais à un concert, j’aime avoir des frissons et que ce ne soit pas qu’une performance en plein air avec des tonnes de lumières qui clignotent dans tous les sens. Enfant, je me souviens d’avoir pleuré d’émotion lors d’un concert d’Anne Sylvestre. Quand j’avais 18 ans, j’ai vu The Pretenders avec Chrissie Hynde. C’était très fort aussi.

Votre album s’ouvre avec Together, écrit en mars 2020, après l’annonce du premier confinement. Tu chantes l’espoir…

Malgré certaines situations que je décris, il y a toujours une échappatoire dans mes chansons. Cela fait partie de ma personnalité. J’écoute beaucoup. Avec mes amis, je suis plutôt un consolateur. Et quand je monte sur scène, je me dis toujours que je vais apporter des petits plaisirs aux gens.

Votre voix est particulièrement mise en valeur sur cet opus. Le travaillez-vous beaucoup ?

J’ai la chance d’avoir une voix très forte et assez large. Je ne la travaille pas beaucoup mais je fais attention aux heures de sommeil. La singularité d’un chanteur est aussi d’accepter ses défauts. La performance et la perfection m’intéressent moins. La voix ne trompe pas, même si on y met des effets. Sauf peut-être avec l’autotune, qui est très à la mode… Je trouve drôle qu’une génération se démarque ainsi. De la même manière que les années 1960 ont amené les yé-yés, tous ces effets que l’on entend sont des choses normales dans l’histoire de la musique. Après, quand il y en a trop, je me dis : reste dans ta file. Car, personnellement, les chansons qui me touchent sont toujours celles de Jeanne Moreau. Ils n’ont pas besoin d’artifice.

La nostalgie parcourt ce disque. Êtes-vous en retard?

Non, quand les progrès sont bons, je l’apprécie. Avec cet album, je fais la grande différence entre deux époques que j’ai envie de relier. J’ai l’impression d’être au milieu, j’ai connu les magnétophones, les quatre pistes et, aujourd’hui, même quand on fait un duo, on n’est plus face à face parce qu’on s’envoie des fichiers par Internet . Le titre la vie moderne rrenvoie à la violence engendrée par le progrès technologique et au fait que nous ne savons plus lever les yeux pour observer la beauté du monde.

Est-ce que ça te touche ?

Oui, car « on incline la tête comme une fleur fanée », ce qui, à force, va même déformer notre colonne vertébrale et la faire pencher en avant, selon les scientifiques. Et moi, dans la rue, je compte les gens qui ne sont pas scotchés à leur portable. C’est dommage, il devrait y avoir des temps de pause. Même si j’avoue avoir eu un aigu « smartphonite ». C’est l’outil que j’utilise pour tout faire : emails, montage vidéo, idées musicales…

Dont l’autoportrait bleuté qui illustre la pochette de votre album…

En effet, je me suis amusé à prendre un selfie que j’ai ensuite développé avec la pratique du cyanotype, une des premières techniques photographiques qui remonte à 1842.

Vous vous êtes occupé de tous les arrangements avec l’envie de voyager léger en faisant la part belle à votre instrument de prédilection : la guitare.

Elle est avec moi depuis que j’ai 9 ans. J’ai commencé à chasser l’ennui de mes vacances en écrivant des chansons. Et quand ça ne va pas, je la prends dans mes bras. Elle est là. C’est précieux et j’en achète encore de nouveaux! Mon nouvel amour est une mini-Telecaster.

Vous dites : « Je rêve beaucoup. Est-ce votre « pouvoir réconfortant » ?

Oui, car face aux choses horribles qui se passent dans la vie, l’imagination reste ce qu’on ne peut pas nous enlever. C’est l’une des plus grandes forces de la liberté.

Quels sont vos souhaits pour 2023 ?

J’espère que les gens auront toujours ce pouvoir de rêver et que le monde tournera moins à l’envers.

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