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La formation Montney pourrait changer la donne dans le secteur de l’énergie


Fort St. John, dans le nord-est de la Colombie-Britannique, se trouve sur la formation géologique de Montney, considérée comme l’une des plus importantes ressources de gaz de schiste au monde.PHOTO : Radio-Canada / Camille Vernet

La formation Montney, située entre la Colombie-Britannique et l’Alberta, devrait transformer le secteur énergétique et les discussions sur la lutte contre les changements climatiques au Canada, estime Éric Pineault, membre de la Chaire de recherche de l’UQAM sur la transition écologique et de l’Institut des sciences de l’environnement.

La formation, qui couvre un immense territoire situé dans le nord-est de la Colombie-Britannique et le nord-ouest de l’Alberta, est l’une des plus importantes réserves de gaz naturel en Amérique du Nord.

Son exploitation devrait devenir très importante au cours des prochaines décennies et en faire l’une des principales sources de gaz naturel au Canada, selon le professeur au département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Les ressources de la région de Montney seront exploitées par fracturation hydraulique. Cette technologie consiste à injecter un mélange de sable, d’eau et de produits chimiques pour fracturer la roche et pouvoir récupérer des hydrocarbures qui sont dans des endroits difficiles d’accès et dont l’exploitation était jusqu’à récemment peu rentable.

Ce n’est pas du gaz de schiste, explique Éric Pineault, mais tout de même du gaz non conventionnel dont l’exploitation a un poids environnemental difficile à évaluer à l’heure actuelle.

Ce type d’opération nécessite une grande quantité d’eau, et a donc un impact sur les nappes phréatiques, souligne-t-il. Pourtant, des entreprises commencent à réutiliser l’eau pour réduire l’impact environnemental, précise Éric Pineault.

Le problème est d’estimer correctement les fuites de méthane qui vont se produire avec ce genre de technique d’exploitation, explique-t-il. C’est très difficile à faire pour le moment, ce qui rend impossible le calcul précis des émissions de GES du secteur.

Il explique que le gouvernement fédéral croit toujours que le gaz naturel fait partie des énergies de transition qui méritent d’être exploitées. Cependant, cette position ne correspond pas aux données scientifiques qui démontrent que pour atteindre les objectifs de réduction de GES, il faudrait se détourner de l’exploitation du gaz, affirme Éric Pineault.

Avec le poids croissant que cette formation devrait prendre dans le secteur énergétique canadien, la Colombie-Britannique, où se trouve la majeure partie du gisement, pourrait bien devenir l’une des provinces ciblées par les environnementalistes et les groupes. qui visent à réduire les gaz à effet de serre dans le pays. Cela apporterait un changement important par rapport à l’image actuelle de la province en matière environnementale, note le chercheur.

Cependant, il précise que l’accès à cette belle formation se fait majoritairement depuis l’Alberta pour le moment.

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