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la FNAVM pas au courant !

Il semble qu’un vent de discorde ait soufflé au sein de la communauté des voyagistes. Le sit-in, qui a réuni en début de semaine près de 180 agences de voyages à Rabat, s’est tenu sans l’aval de la fédération nationale de la profession, la FNAVM. L’action de protestation a en fait été menée par l’Association nationale des agences de voyages du Maroc, qui a décidé de prendre les choses en main, pointant l’inertie de la Fédération, allant même jusqu’à créer son propre syndicat.

Près de 400 personnes ont répondu à l’appel au sit-in lancé par l’Association nationale des agences de voyages du Maroc. Les professionnels qui ont afflué mardi dernier aux abords du siège du ministère du Tourisme à Rabat ont souhaité attirer l’attention des autorités de tutelle sur la situation désastreuse que traverse la profession. Sauf que cette montée au créneau s’est effectuée à l’insu de la Fédération nationale des agences de voyages du Maroc (FNAVM) qui, selon les informations recueillies par « Le Matin » auprès des manifestants, n’en fait pas assez à leur goût.

« Depuis deux ans, à part le contrat programme 2020-2022 signé avec l’Etat pour la relance du secteur touristique, rien n’a été fait. Nous avons un président par intérim et 3 ou 4 membres au bureau de la Fédération. C’est tout! » raconte Omar Belhachmi, gérant de l’agence Voyages Paradis basée à Casablanca.

Pour les voyagistes, le bilan est lourd avec un chiffre d’affaires en baisse de 90% par rapport à 2019, ce quand il n’est pas quasi nul. « La meilleure agence est à 20% du chiffre d’affaires 2019 ! », déplore le professionnel qui faisait partie des 400 personnes ayant participé au sit-in, indiquant que sur 1.234 agences, 10 à 15% ont déjà mis la clé sous le paillasson.

Un chiffre qui va augmenter dans les mois à venir, précise-t-il. Les professionnels sont aussi convaincus que tant que les frontières restent fermées, il n’y a pas d’espoir. C’est d’ailleurs l’une des principales revendications qu’ils ont exprimées mardi, rappelant à cet égard que les transactions internationales constituent la majorité de l’activité des agences de voyages. Les voyagistes souhaitent également des mesures de soutien plus généreuses pour les entreprises touchées.

« Je demande à l’Etat de faire un effort. Il a déjà fait un effort par le passé en effaçant les dettes des jeunes promoteurs. Pour sauvegarder le tissu économique des agences de voyages, il faut faire de même, ou au moins gommer 50% de l’ardoise », a-t-il déclaré. « Sinon, nous serons contraints de fermer et de mettre pas moins de 10 000 salariés au chômage », prévient-il.

« Mon chiffre d’affaires devra tripler en 2023 pour que je puisse honorer mes dettes envers la banque, sachant qu’il sera en baisse de 40 à 60% cette même année ! », explique-t-il. « A partir de septembre, je dois payer 270 000 DH par traites trimestrielles. Je dois également payer une charge salariale d’environ 90 000 DH, taxes, loyer et charges diverses.

Si on additionne, je dois gagner environ 5 millions de dirhams par an. Pourtant, même en 2018 et 2019, je n’ai fait que 3 millions de DH de gains ! », explique-t-il. Il souligne que la fermeture des frontières a entamé la confiance des partenaires internationaux et des compagnies aériennes. « Comment peut-on alors espérer retrouver nos chiffres d’avant Covid ? Au mieux, nous pourrons peut-être récupérer 80% en 20225 ou 2026 », dit-il.

Les professionnels du voyage ne comptent pas s’arrêter là, ils s’apprêtent à créer leur propre syndicat pour porter leur voix et défendre leur cause. La nouvelle organisation qui portera le nom de « Syndicat national des agents de voyages » sera créée, demain jeudi, sous la bannière de l’UGEP (Union générale des entreprises et professions).

Ce que répond la FNAVM

« La FNAVM n’a pas été saisie pour l’organisation de ce sit-in. Personne ne nous en a parlé », a déclaré Mohamed Semlali, président de la FNAVM. « Et puis un sit-in pour quelle raison exactement ? il se demande. « Nous avons pris connaissance d’un communiqué de presse publié par une association qui se veut nationale et qui parle au nom de toutes les agences de voyages au Maroc, alors que la seule institution représentative de la profession habilitée à parler en leur nom, selon la loi, est la Fédération nationale des agences de voyages du Maroc, insiste-t-il.

« Si ce sit-in a été organisé pour présenter ces doléances, eh bien je vous dis que la FNAVM a déjà fait le travail et nous sommes satisfaits du retour de la ministre de tutelle et de son engagement envers le secteur en général et envers les voyagistes. en particulier », note le responsable. « Mais si ce sit-in a eu lieu juste pour tenir un sit-in, il y a lieu de se poser des questions ! », ajoute-t-il, balayant les accusations d’inertie. « Ces agences n’ont rien à reprocher à la Fédération de la profession », assure-t-il.

Ceux qui disent que la FNAVM ne porte pas la voix des professionnels, ils le font soit de mauvaise foi, soit ils ne sont pas au courant de ce que fait la Fédération », se défend-il.

« D’ailleurs, quand on passe en revue les participants à ce sit-in, on remarque que 70 % d’entre eux sont des agences de la région de Rabat-Salé-Kénitra. Ce qui m’amène à me poser la question suivante : l’Association Régionale des Agences de Voyages de Rabat-Salé-Kénitra ne fait-elle pas son travail d’encadrement et de communication auprès de ses membres ? demande-t-il, expliquant que la FNAVM communique sur ses actions à travers des synthèses et des rapports qu’elle remet à toutes les associations régionales qui sont censées les partager à leur tour avec leurs adhérents.

« Cela dit, nous reconnaissons, comme tous les collègues, que nous sommes dans une situation alarmante et nous avons besoin du soutien du gouvernement pour éviter les conséquences désastreuses de la pandémie sur la profession, le secteur et le tissu économique en général », admet le président de la FNAVM.

Interrogé sur l’ouverture des frontières, le responsable a répondu : « Vous savez, nous aimerions tous que les frontières soient ouvertes, nous le souhaitons de tout notre cœur ! Mais soyons objectifs : cette décision dépend-elle du ministère du Tourisme ? C’est une décision souveraine, une décision de haut niveau qui a été prise pour une raison précise. Nous ne sommes pas en mesure d’imposer quelque chose qui dépende de la politique d’un État souverain », dit-il.

« Ce qu’on peut reprocher à ce gouvernement, ou au comité scientifique, d’avoir décidé, du jour au lendemain, de fermer les frontières sans préavis », poursuit-il.

Le président de la FNAVM a tenu à souligner que l’instance est active depuis le début de la crise, rappelant pour ceux qui l’auraient oublié que la Fédération a été à toutes les réunions du Comité de veille économique (CVE). Il rappelle également que l’instance avait pris part à la première réunion qui réunissait le ministre du Tourisme avec des professionnels, et au cours de laquelle toutes les difficultés rencontrées par le secteur ont été exposées, y compris celles des voyagistes. La Fédération était également présente à la réunion de travail tenue par les mêmes parties le 22 décembre dernier, qui a abouti à un engagement de la part du ministre de tutelle pour la mise en place d’une série de mesures d’accompagnement en faveur du secteur. .

« Le communiqué publié par le ministère à l’issue de cette réunion de travail traduit l’engagement du gouvernement, à travers son ministère, à venir en aide aux professionnels et à donner suite aux 10 plaintes formulées par la Confédération nationale du tourisme (CNT) et les différentes fédérations professionnelles », a-t-il ajouté. Remarques.

Par ailleurs, poursuit-il, des commissions techniques ont été mises en place au lendemain de cette réunion et ont déjà commencé à travailler sur les 10 propositions de la CNT, dont la prolongation du forfait jusqu’en juin 2022, un moratoire fiscal, la révision des majorations et intérêts sur les emprunts bancaires, la création d’un fonds spécial pour le tourisme…



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