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La dette publique française approche les 3 050 milliards d’euros au deuxième trimestre


La croissance de la dette publique est montée en flèche ces dernières années. Florence Piot / stock.adobe.com

Les derniers chiffres de l’Insee ont été publiés ce vendredi, alors que la hausse des taux va peser sur le poids de la dette.

Malgré le nombre croissant d’alertes, la courbe continue d’augmenter. Après avoir dépassé le seuil très symbolique des 3.000 milliards d’euros au premier trimestre, sur les trois derniers mois, la dette française a de nouveau augmenté, selon l’Insee. Publiée ce vendredi matin, une note des statisticiens nationaux indique que la dette publique a dépassé les 3 040 milliards d’euros, atteignant même 3 046,9 milliards d’euros.

Dans le détail, la dette a augmenté de 34,5 milliards d’euros. En valeur absolue, elle poursuit donc sa dynamique, portée par l’Etat, tandis que l’endettement des administrations locales, de la sécurité sociale et des organismes divers »diminue« . « Toutefois, exprimé en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) et compte tenu de la forte croissance du PIB en valeur au deuxième trimestre, il diminue de 0,7 point par rapport au premier trimestre 2023 et s’établit à 111,8. %», précise la note.

La croissance de la dette publique est montée en flèche ces dernières années. Créé à 1 000 milliards d’euros en 2003, l’Insee a annoncé il y a neuf ans, presque jour pour jour, le 30 septembre 2014, son franchissement de la barre des 2 000 milliards d’euros. La crise sanitaire l’a ensuite amené à lui donner un coup d’accélérateur, le faisant bondir de 672 milliards d’euros. milliards d’euros entre fin 2019 – 2,375 milliards – et mi-2023. En pourcentage du produit intérieur brut, l’évolution est tout aussi frappante : après une baisse entre 2017 et fin 2019, le «quoi qu’il en coûte» a pesé lourdement, provoquant une envolée de fin 2019 à début 2023, de 97,4% à 112,5% du PIB.

Attention à la hausse du coût de la dette

En termes de dette, la France est l’une des pires performances de la zone euro, avec un bilan particulièrement mauvais. Non seulement le ratio est parmi les plus élevés parmi nos partenaires – seuls la Grèce, l’Italie, le Portugal et l’Espagne faisaient moins bien, selon une note d’Eurostat en juillet dernier – mais la tendance n’est pas bonne. Tandis qu’Athènes, Madrid, Lisbonne et bien d’autres capitales multiplient les efforts pour réduire leur dette, Paris poursuit sur sa lancée. De quoi provoquer des réprimandes de la part de la Commission européenne.

Il faut dire que le contexte a beaucoup changé. Alors que la France pourrait, comme ses partenaires, s’endetter pour rien, le coût de l’argent a bondi depuis fin 2021, à mesure que les taux augmentaient. En matière d’endettement, les prévisions présentées ce mercredi par Bercy, dans le cadre du projet de budget 2024, ne sont pas très rassurantes : le déficit diminuerait à 4,4% l’an prochain, et la dette stagnerait pendant plusieurs années autour de 110%. Un avis partagé par la Banque de France, dans ses dernières projections macroéconomiques.

Le poids de la dette va automatiquement augmenter, passant de 52 milliards en 2024 à 61 milliards en 2026. Dans le même temps, la France devrait emprunter un montant record sur les marchés cette année… »Dans un contexte où la hausse significative de la charge d’intérêt contribue à accroître les dépenses, le PLF contient peu de mesures structurelles d’économies (…) et prévoit une quasi-stabilité du taux des prélèvements obligatoires.», a logiquement sanctionné le Haut Conseil des Finances publiques, dans son avis sur ce texte.


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Gérard Truchon

An experienced journalist in internal and global political affairs, she tackles political issues from all sides
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