Jannah Theme License is not validated, Go to the theme options page to validate the license, You need a single license for each domain name.
Nouvelles locales

La cousine de l’Iranienne Mahsa Amini trouve refuge en France suite à des menaces de mort


Publié le:

L’activiste kurde iranien Erfan Mortezai, le cousin de Mahsa Amini dont la mort en garde à vue a déclenché des manifestations dans tout l’Iran, a trouvé protection en France. Il a parlé à RFI du sentiment de soulagement et de la poursuite de son combat contre le régime de Téhéran.

Mortezai est arrivé à Paris samedi après que le ministère français des Affaires étrangères ait répondu favorablement à sa demande de trouver un refuge sûr en Europe.

L’activiste kurde iranien était dans le collimateur de Téhéran avant même de dénoncer publiquement la mort de sa cousine Mahsa Amini.

Il a quitté l’Iran pour le Kurdistan irakien il y a un an.

« Un jour, j’ai été arrêté et emprisonné pendant 18 mois. Quand j’ai été libéré, j’ai fui en Irak et j’ai rejoint le Parti communiste iranien », a-t-il déclaré à Théo Renaudon de RFI.

Il est devenu un combattant peshmerga avec Komala – un parti d’opposition kurde iranien basé en Irak et qui cherche à obtenir l’autonomie des régions peuplées de Kurdes du nord-ouest de l’Iran.

Komala mène une insurrection transfrontalière de longue date contre les autorités de Téhéran, qui la considèrent comme une organisation terroriste.

Ils l’accusent, avec d’autres groupes d’opposition, d’avoir fomenté la dernière vague de protestations venues de l’extérieur du pays.

Lorsque Mahsa Amini est décédée en garde à vue en septembre dernier, les autorités iraniennes ont déclaré que la cause du décès était une crise cardiaque.

Mortezai a relayé une version différente – que sa mort a suivi un « coup violent à la tête ».

Il a également parlé aux médias internationaux de la colère que sa mort avait déclenchée dans les rues et du fait que les jeunes femmes kurdes savaient qu’elles auraient une vie meilleure si le régime tombait.

Ses commentaires lui ont valu des menaces de mort.

« Alors que je parlais aux médias étrangers, j’ai reçu des messages selon lesquels je serais soit kidnappé et ramené en Iran au mieux, soit tué directement », dit-il, ajoutant qu’il avait reçu des messages sur Instagram disant « qu’ils cherchaient moi et me ramènera en Iran ».

Craignant pour sa vie, il a cherché protection en Europe.

« Mon combat commence vraiment »

Il ressent un immense soulagement d’être autorisé à venir à Paris.

« Je suis très reconnaissant et profondément touché de voir que les gens sont sensibles à mon sort », a-t-il déclaré à RFI. « C’est rassurant de pouvoir aller quelque part où je me sens en sécurité. »

Il dit que venir ici lui a non seulement sauvé la vie, mais qu’il pourra continuer à combattre le régime islamique.

« En fait, c’est là que mon combat commence vraiment ! », dit-il. « Désormais, je veux me battre avec d’autres adversaires en France.

« Et j’espère que très bientôt, nous pourrons célébrer la libération de l’Iran. »

Erfan Mortezai dit que le régime iranien « utilise les exécutions pour terrifier la population, mais cela n’arrêtera pas la révolution ». © Théo Renaudon / RFI

Des relations « abyssales »

Le fait que Mortezai ait obtenu un visa français montre que Paris « se positionne » par rapport à l’Iran, estime David Rigoulet-Roze, spécialiste du Moyen-Orient.

« En accueillant Mortezai, la France a la responsabilité d’assurer sa protection », a-t-il déclaré. Franceinfo radio.

Les relations entre la France et l’Iran se sont détériorées ces derniers temps, la France critiquant la répression de Téhéran contre les manifestations, son programme nucléaire et, plus récemment, l’indignation suscitée par un magazine satirique français publiant des caricatures se moquant des mollahs.

« On pourrait aller jusqu’à dire que les relations sont catastrophiques », dit Rigoulet-Roze.

La situation est d’autant plus compliquée que sept ressortissants français sont actuellement détenus dans les prisons iraniennes.

Mi-novembre, le président Macron a reçu à Paris quatre éminentes dissidentes iraniennes et a évoqué son « respect et son admiration » pour les femmes iraniennes, « dans le contexte de la révolution qu’elles mènent ».

Téhéran a condamné ses propos comme « regrettables et honteux ».

Alors que Mortezai va désormais officiellement demander l’asile et commencer à apprendre le français, tous les Iraniens ne se voient pas accorder l’asile en France.

En novembre de l’année dernière, une famille iranienne vivant dans la ville de Perpignan, dans le sud de la France, a vu sa demande d’asile rejetée pour la quatrième fois, alors que ses deux parents risquaient la peine de mort s’ils étaient expulsés vers Téhéran.

rfi En2Fr

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.
Bouton retour en haut de la page