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Nouvelles locales

la CGEM demande un délai de 30 mois

Pourquoi les professionnels se heurtent-ils à l’application de la norme de pollution Euro 6, présente depuis 8 ans au Maroc ? En tout cas, la CGEM a déjà demandé au ministère des Transports de reporter le passage à cette norme de 30 mois supplémentaires. Pour les professionnels interrogés par « Le Matin », c’est assurément une fausse bonne idée. Les détails.

Reporter l’application des normes Euro 6 pour les camions : une fausse bonne idée ? C’est en tout cas la demande formulée dans un courrier adressé en juillet dernier par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) au ministère des Transports. Dans sa lettre « confidentielle », le patronat demande un délai supplémentaire de 30 mois pour le passage à la norme anti-pollution Euro 6, dont l’application est prévue à partir du 1er janvier 2023. Mais visiblement, cette mise à niveau suscite l’inquiétude des professionnels du transport. Selon nos sources, la Confédération met en avant la situation difficile que vivent certains personnels au regard des répercussions de la crise du Covid et du contexte international actuel. Pourtant, cette norme est déjà appliquée en Europe depuis 2014 et ne pose aucun problème sur ce grand marché du transport, bien au contraire. La norme Euro 6 concerne en effet une réduction significative de la pollution émise par les bus et les poids lourds. Ainsi, les émissions d’oxydes d’azote sont limitées à 0,4 g/kWh, celles de monoxyde de carbone à 1,5 g/kWh, celles d’hydrocarbures à 0,13 g/kWh et enfin celle de particules à 0,01 g/kWh.

Mais pourquoi les professionnels se heurtent-ils à l’application de cette norme déjà présente depuis 8 ans au Maroc ? Selon nos informations, les professionnels craignent la répercussion sur les prix des camions, qui risquent d’augmenter, car cette norme est plus contraignante. De même, ils craignent un impact sur les coûts logistiques et donc un impact sur l’inflation. Ils soulignent aussi le fait que les transporteurs ont moins travaillé que d’habitude depuis deux ans et que leur situation serait difficile. Mais pour certains professionnels interrogés, ce raisonnement ne résiste pas à l’analyse. « Tout d’abord, cette norme est connue depuis longtemps et de nombreux camions et autocars neufs importés au Maroc par les grandes marques européennes y répondent déjà. Le prix de ces camions est donc déjà intégré par le marché et cela n’aura pas d’impact significatif. De plus, le changement de normes pour les véhicules neufs n’oblige pas les professionnels à changer de camions immédiatement, ils ne les changeront que lorsqu’un terme d’usure ou de financement arrivera » explique à « Matin » un importateur local.

Même en imaginant qu’il y ait une quelconque augmentation du prix du véhicule, elle est facilement combattue pour deux raisons, poursuit notre source. Premièrement, les camions les plus modernes ont une consommation de carburant inférieure à leurs aînés, ce que l’on « perd » suite à une augmentation du prix d’achat, on le « récupère » en grande partie par la baisse de la consommation de gazole. Deuxièmement, ces camions sont tous financés par crédit-bail, il suffit donc d’augmenter, dans les rares cas où les prix sont plus chers, de deux ou trois mensualités pour aboutir au même prix de revient au kilomètre. Si quelques marques, majoritairement asiatiques, proposent encore sur le marché marocain des camions aux normes Euro 4, encore acceptables dans de nombreux pays et qui représentent donc une partie de la production mondiale, il faut alors s’interroger sur l’impact de cette révision des normes sur le santé des Marocains. Les normes Euro 4 autorisent ainsi des rejets d’oxydes d’azote de 3,5 g/kWh (8,75 fois ce qui est autorisé par la norme Euro 6), 0,46 g/kWh d’hydrocarbures (3,53 fois Euro 6) et 0,02 g/kWh de particules (2 fois Euro 6 ). Mais la santé résiste parfois mal à l’économie, même si l’on estime généralement que le transport routier représente 23% de la pollution au Maroc.



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