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« Je soutiens une gauche de transformation, pas de rupture »

Le socialiste a dénoncé la participation du PS aux Nupes et soutenu plusieurs candidats dissidents contre la coalition de gauche aux législatives. A croire qu’il existe un « Espace entre macronisme et mélenchonisme »il appelle à proposer une « nouvel engagement ».

Macron est finalement arrivé en tête des élections législatives. Regrettez-vous de ne pas avoir participé à la dynamique du Nupes, qui a contesté son pouvoir et permis de quasiment tripler le nombre de députés à gauche, assurant aussi que le PS, EELV et PCF disposent d’un groupe parlementaire chacun, malgré leur faible résultats présidentiels ?

On peut tirer de nombreuses leçons de cette élection, mais le fait que les Français aient voulu Jean-Luc Mélenchon comme Premier ministre n’en fait pas partie. Et les votes sur le Nupes en 2022 ne progressent pas par rapport à la gauche en 2017. Il y avait un autre espace, sans cette sur-personnalisation de l’élection. Il fallait mieux associer les territoires, faire confiance aux meilleurs candidats sur le terrain, œuvrer pour une union de la gauche écologiste, européenne et laïque. Dans les villes, les départements et les régions, nous avons passé des accords programmatiques à notre niveau, avec le PCF, EELV, le PS et les radicaux. Le syndicat, on l’a fait et ça marche bien. Un Français sur deux est proche des 10 euros lors de ses courses… C’est à cela qu’il faut s’attaquer. L’étoffe politique qui a conduit à cet accord électoral n’est pas l’affaire du peuple, et l’abstention le montre. Ils veulent que nous trouvions des solutions concrètes à leur quotidien, pour que demain efface les inégalités sociales pour leurs enfants, que nous agissions vite et avec force face à la crise climatique… Pour cela, la confusion n’est pas la solution. Lorsque le peuple est en colère, les politiciens doivent agir avec clarté, cohérence et éthique.

Au second tour des législatives, la Macronie n’a pas clairement appelé à battre le RN face à la gauche. Que pensez-vous des « ni-ni » et du discours qui met les Nupes et l’extrême droite au même niveau de dangerosité ?

Au soir du premier tour, j’ai lancé deux appels clairs : voter pour le candidat opposé à celui d’extrême droite, quel que soit le parti auquel il appartient, et voter pour la gauche. Je suis une femme de gauche et, dans la cohérence et la responsabilité, je refuse de laisser toute place à l’extrême droite. Malheureusement, cela fait plusieurs élections que les politiciens n’ont pas eu la même clarté. Le score du second tour et l’entrée massive du RN à l’Assemblée sont le prix à payer pour les stratégies du « pas un vote pour » qui font place à l’abstention, aux votes blancs et nuls, au « ni, ni » ou au « cas par cas ». Face aux thèses xénophobes et identitaires du RN, il ne faut pas céder.

Les macronistes sont sans majorité absolue et lancent des appels du pied au groupe LR et même au groupe RN pour voter les lois. Appelez-vous les députés de gauche à s’opposer résolument à Macron, ou pensez-vous qu’il y a encore de l’espoir de co-construction sur certains textes ?

Il ne peut y avoir d’espace de co-construction dans l’intérêt de la France que si le projet évolue. Celle de la majorité présidentielle, très dure avec les plus fragiles, ne peut rallier la gauche, c’est évident. Nous entendons tous les appels, mais le plus important n’est pas d’obtenir une majorité, mais de proposer des solutions de solidarité pour le peuple. La retraite à 65 ans sans tenir compte de la pénibilité n’en est pas une. Pas plus que le RSA conditionné à une activité, qui revient à brader le prix du travail. Il faut agir pour l’accès à la santé, au pouvoir d’achat, à l’emploi. En Occitanie, nous nous sommes donné ces moyens, en recrutant des médecins dans les déserts médicaux, en proposant la rentrée et les transports les moins chers de France, en construisant un pacte pour l’embauche avec 60 partenaires, en aidant les habitants à se déplacer , faire garder ses enfants, se former aux métiers verts…

L’extrême droite a obtenu 91 députés, dont 16 dans votre région. Un résultat inédit. Que doit faire la gauche pour montrer aux électeurs qu’ils ont tort dans la colère en votant RN ?

En 2021, lors des régionales, j’ai fait reculer l’extrême droite de 10 points par rapport à 2015. Il n’y a pas de miracle, c’est le fruit d’un travail acharné pour apporter des solutions aux gens. Et c’est le fruit de la clarté. Cette campagne législative était sans espoir pour les citoyens. D’un côté, le président de la République a joué la montre en tardant à nommer son gouvernement et en ne mettant aucune conviction dans la campagne. D’autre part, les gauches se sont unies au risque de leurs convictions sur l’Europe, l’Ukraine, la laïcité, le rapport aux affaires, la souveraineté industrielle et énergétique. Je le répète, pour gagner la confiance des électeurs, il faut être clair et sincère. Il ne faut pas vendre des salades aux gens, il faut agir pour eux.

Considérez-vous qu’il existe un espace politique entre Macron et Nupes ?

Il y a un espace entre le macronisme et le mélenchonisme, c’est évident. En France, il faut de la gauche, une gauche de transformation sociale, pas une gauche de rupture. Les Français n’en veulent pas. Mais il nous faut un projet crédible, qui assume son rôle moteur dans la construction européenne. Un projet de gauche laïque, qui permet à chacun de croire ou de ne pas croire, sans jugement et sans entrave. Un projet qui concilie économie et écologie, au service de l’emploi et de la réussite sociale. Un projet où le travail est digne et justement rémunéré. C’est ce projet que nous souhaitons reconstruire collectivement, en réunissant tous ceux qui veulent participer et porter les valeurs de la gauche européenne, écologiste et laïque.

Avez-vous l’intention de participer à une refondation du PS et souhaitez-vous qu’Olivier Faure reste premier secrétaire ?

La question n’est pas celle des seuls socialistes : c’est avec toutes les forces de gauche qu’il faut reconstruire, qu’elles soient citoyennes ou militantes. Il faut travailler ensemble, avec le PCF, je partage beaucoup de positions de Fabien Roussel, les écologistes, le PRG, mais aussi avec les syndicats, les associations, les entreprises et tous les citoyens qui veulent s’impliquer. Les Français sont sensibles à la politique, mais il faut leur proposer un nouvel engagement dans des projets et des idéaux.

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