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Politique

« Je ne sais pas comment vous le dire », les réponses d’Airbus peinent à convaincre le tribunal

Au début de la sixième semaine du procès de la pire catastrophe aérienne française, le crash du vol Rio-Paris, Airbus prend la place d’Air France à la barre, lundi 14 novembre, pour deux jours d’interrogatoires. Les deux sociétés sont jugées pour homicide involontaire devant le tribunal correctionnel de Paris. Deux cent vingt-huit personnes ont trouvé la mort dans le crash au milieu de l’océan Atlantique en juin 2009. Depuis lundi après-midi, le représentant de l’avionneur traite tant bien que mal les questions des juges.

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Pendant plus de quatre heures, Christophe Cail, pilote d’essai en chef de 61 ans chez Airbus, répond aux questions, droit comme un i dans son costume impeccable. Dès le début de l’interrogatoire, d’une voix monotone, il affirme avoir mis la sécurité au premier plan de sa carrière. Cet ancien pilote de chasse ultra-expérimenté veut montrer comment l’équipage du vol Rio-Paris a commis une série d’erreurs avant de faire s’écraser l’avion dans l’océan.

Mais devant de nombreux proches de victimes venus écouter ses explications, le public a basculé. La juge poursuit ses interrogations sur les capteurs de vitesse à l’origine de l’accident. Le représentant d’Airbus perd du terrain : « Je ne suis pas un expert« , « Je ne sais pas comment te le dire », telles sont ses réponses à chaque fois. Les questions sont pourtant essentielles : pourquoi Airbus n’a-t-il pas remplacé les sondes de vitesse alors que les incidents avant le crash se sont multipliés ? La corrosion aurait-elle rendu ces sondes Pitot inutilisables ? Est-ce pour des raisons de coût qu’ils n’ont pas été modifiés ? « Sur les questions de sécurité, un accord commercial ne peut jamais tenir« , il à répondu.

Alors pourquoi ne pas avoir appliqué un principe de précaution quand les compagnies ont prévenu Airbus qu’à haute altitude le gel peut mettre ces sondes hors d’usage ? « Air France n’a pas donné suite, nous avons interrogé Thales ». Régulièrement, il botte en touche. Alors Christophe Cail parvient-il à convaincre le tribunal ? Rien de moins sûr. « On a encore un peu faim »lance le juge.

Le représentant d’Airbus est alors interrogé sur le comportement de l’équipage, seul responsable du crash selon l’avionneur. Face au court, Christophe Cail n’est guère plus à l’aise. Pourtant, le pilotage est son domaine, c’est pourquoi Airbus l’a choisi comme représentant légal. Mais là encore, dans une leçon de pilotage très technique, ses explications sont confuses. « La règle de base »rappelle-t-il, c’est que l’équipage doit appliquer les procédures. « Il faut empêcher les pilotes de réfléchir ». Selon lui, les pilotes ont trop réfléchi cette nuit du 1er juin 2009. Pourquoi l’équipage n’a-t-il pas respecté les procédures ? « Ça reste mystérieux ».

« Deux cent vingt-huit morts !, lance agacé un proche des victimes depuis le banc des parties civiles. Les parties civiles qui ne manqueront pas d’enfoncer le clou mardi, lorsqu’elles pourront interroger ce représentant d’Airbus. On verra ensuite aussi si les avocats d’Air France préfèrent respecter une forme de « pacte de non-agression » dénoncée par les familles. Un pacte qui consiste à ne jeter aucune pique, rien qui puisse déstabiliser l’autre dans sa défense. Un pacte qu’Airbus a respecté la semaine dernière lors de l’interrogatoire d’Air France. Les questions des avocats de l’avionneur ont alors duré à peine deux minutes.



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