« J’ai cru marcher pour la dernière fois » les 90 minutes de calvaire du propriétaire d’une Porsche Cayenne

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En mars 2023, un habitant de Montberon, près de Toulouse, a été surpris par des cambrioleurs au petit matin. Le début d’un calvaire pour cet homme, encore marqué, un an plus tard lorsqu’il raconte l’histoire devant le tribunal correctionnel de Toulouse.

« Ils m’ont dit de ne pas avoir peur, qu’ils n’allaient pas me tuer… Mes yeux étaient cachés par mon pull, je ne savais pas où j’allais, ni où j’étais. Dans ma tête, je pensais Je marchais pour la dernière fois.

Silence total dans la salle d’audience du tribunal correctionnel de Toulouse ce mardi 16 avril. Aux commandes, un homme de 66 ans, dont le visage et les oreilles rouge vif traduisent la tension. Le 15 mars 2023 à l’aube, il est surpris par trois cambrioleurs à son domicile de Montberon, près de Toulouse. Ils l’ont menacé avec des couteaux et des tournevis avant de le dévaliser et de repartir avec lui dans sa Porsche Cayenne.

Une série de 15 cambriolages

Pour quoi ? La question de la présidente Carole Mauduit adressée à deux prévenus reste sans réponse. Allan, presque 26 ans, et Enzo, 19 ans, parlent peu, d’une voix très discrète. En ce mois de mars 2023, ils ont participé à une évasion sans fin : quinze et seize cambriolages. « Mais les événements les plus graves ont eu lieu à Montberon ce matin-là », prévient le procureur.

Car le propriétaire, un ouvrier matinal, a été retenu captif « une quinzaine de minutes » pendant que les individus fouillaient la maison. « Ils cherchaient un coffre-fort. Je n’en ai pas. » Une fois les clés de la Porsche Cayenne retrouvées, ils auraient pu s’enfuir. Ils ont emmené la victime. « 45 minutes de terreur sur la banquette arrière. Sans oublier, bien sûr, la fin. Puis son angoisse en sortant. Et puis il a dû marcher encore 35 minutes pour trouver de l’aide », insiste Me Aurélia Sagansa, son avocate.

Impossible de vivre seul

L’anxiété ne s’est pas installée tout de suite. L’expert médico-légal ne lui a pas accordé un jour d’incapacité. « Parce que dans sa famille, on avance, on travaille, on oublie. Finalement on essaie. Aujourd’hui cet homme ne peut plus vivre seul, il se réveille la nuit et tremble dès que la porte s’ouvre. « Quand j’ai reçu la convocation, cela m’a rappelé ces mauvais souvenirs », avoue l’intéressé.

Le procureur requiert 5 et 4 ans de détention contre le duo. De lourdes peines « justifiées au vu de la gravité des faits », contre lesquelles se battent Jessica Guy et Alexandre Martin. Avec conviction. « Parce que les faits remontent à un an. Parce que ce garçon, sans casier à l’époque, est depuis entré dans le monde du travail», argumente Me Martin, dont le jeune client paraît libre. Me Guy plaide également pour la confusion des peines avec celles prononcées suite à la série de cambriolages.

Allan est condamné à 4 ans de détention dont un an de confusion. Enzo à 30 mois dont six mois avec confusion. Le tribunal l’a renvoyé en prison. La victime a obtenu 12 500 € de dommages et intérêts. Maintenant, elle devra oublier. Au moins, essaie.

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