Divertissement

Jacky sort une compilation de ses années « Platinum 45 »

Jacky est un présentateur de télévision, précurseur des programmes musicaux dans les années 80. On pense évidemment à la enfants du rockcréé par Pierre Lescure et diffusé sur Antenne 2 à partir de 1982, mais aussi sur l’essentiel Platine 45, sur la même chaîne, pour laquelle Pierre Lescure lui a donné sa première carte blanche, en plus de sa confiance. Cette émission durera quatre ans, de 1982 à 1986, 30 minutes tous les mercredis. 40 ans plus tard, Jacky sort une compilation, un coffret de quatre CD et un double vinyle également Platine 45.

franceinfo : Votre compilation est le meilleur des années 80, surtout le meilleur des artistes venus participer à l’émission. Et là, on se rend compte du casting que vous avez reçu, donc les Rita Mitsouko, Serge Gainsbourg, Renaud, Richard Gotainer, Alain Bashung, Isabelle Adjani, Tina Turner. Un total de 68 tuyaux. J’ai l’impression que ce spectacle a une saveur particulière, c’est aussi la première fois qu’on vous donne les clés d’un spectacle.

Jacky : Oui c’est vrai. Parce qu’avant, j’étais muet. J’ai commencé avec Antoine de Caunes, Refrain et c’est vrai que j’étais le premier présentateur silencieux et c’était une des premières fois que j’ai parlé. Pierre Lescure m’a dit : « vous parlez » et il a dit autre chose, je m’en souviens toujours : « Vous allez présenter des tubes, donc vous allez faire des plateaux. Il doit être le plus court possible et le plus drôle possible.« . C’est ce que j’ai essayé de faire.

Quand on te voit, on a le sentiment que tu as une forme de timidité en toi. On se demande aussi comment tu as réussi à assumer, à montrer un peu ton courage.

Oui c’est vrai. Au début, j’étais un peu timide, mais c’est vite passé. Mais je ne voulais pas être animatrice télé. Au départ, j’étais attaché de presse dans une maison de disques. Je voulais être journaliste, j’ai eu mon diplôme, je ne sais pas comment mais je l’ai eu et puis j’ai eu envie de faire de la musique. Je n’étais pas musicien, mais je suis allé à Londres, j’avais 16 ans.

A Londres, j’ai vu les Beatles, les Stones, les Who, les Kings en vrai et j’ai eu envie de faire quelque chose sur la musique et j’ai fini comme attachée de presse chez Philips.

Vous parlez rarement de votre enfance. Tu étais comme un petit garçon ?

J’étais plutôt sage en fait. J’étais le seul enfant d’une famille juive ashkénaze, issue d’un milieu modeste, et j’ai changé à l’âge de 11 ans lorsque je suis allé en colonie de vacances. J’ai rencontré Richard Gotainer, qui était aussi un peu sage, et nous nous sommes déchaînés tous les deux.

Avez-vous appris votre métier, main dans la main ?

Oui. Parce qu’on faisait déjà des petits sketchs quand on avait 16, 17 ans. Donc, soit nous étions en avance, soit ce n’était pas bon. Nous avons opté pour la deuxième solution pour avoir une carrière à nous tout seuls.

Pourquoi êtes-vous passé par la case des attachés de presse ?

Pourquoi ? Je ne sais pas. Je me suis retrouvé en 1973 avec rien à foutre. J’ai rencontré la femme de Serge Lama, qui s’appelle Daisy Lama. Nous avions un coiffeur en commun. Dit-elle : « Si tu veux aller chez Philips, j’essaierai…« Elle m’a appelé 15 jours plus tard et m’a dit : »Il y a un attaché de presse qui part, tu dois rencontrer le responsable de la promotion, Louis Nucera« . Et je suis arrivé, à l’époque, j’avais encore les cheveux très longs, les vestes panachées et les Creepers. J’étais un peu un OVNI. Il m’a dit : « s’asseoir« . Il m’a posé deux questions : « Connaissez-vous quelqu’un dans le showbiz ?« J’ai dit: non, parce que je ne connaissais personne. »Parlez vous anglais ? » J’ai dit oui. Et le lendemain, il m’a appelé et m’a dit : « Vous commencez quand vous voulez« J’ai commencé avec des artistes comme Cat Stevens, Elton John, Bashung, Gainsbourg, c’est tout.

Il y a un spectacle qui va être un vrai tournant. C’est Réservation A2 avec Jacqueline Joubert qui vous repèrera aux côtés de son fils, Antoine de Caunes. A cette époque, elle dirigeait la cellule jeunesse d’Antenne 2, j’ai l’impression que Réservation A2 occupe une place très spéciale dans votre vie.

Oui, Réservation A2 était mon premier live. C’étaient des émissions en direct avec quelques sketches enregistrés. Oui, c’est très important pour moi. Dorothée m’a appris beaucoup de choses à la télé, ça a été le point de départ.

Il y a même une histoire de famille, Richard Gotainer est devenu un ami incontournable, Dorothée aussi, vous l’avez toujours accompagnée.

Bien sûr, Dorothée est une amie, avec elle, j’ai fait Réservation A2, Club Dorothée, nous avons tourné ensemble. J’ai fait tous les Zénith de France, on a fait Bercy 17 fois.

Moi, je ne travaille que sur l’affect et les rencontres.

On parle des autres, mais j’aimerais parler de toi en tant que chanteur ! Bien sûr, votre duo Où étiez-vous avec Léo. C’est la chanson qui ouvre cette compilation. Cette chanson est incroyable car elle résume toute cette autodérision, cet amour que tu as pour les autres aussi.

Bien sûr. J’ai rencontré Lio sur Platine 45 et puis on s’est vu un peu, voire beaucoup, en dehors de l’émission. Ensuite, nous avons eu envie de faire quelque chose ensemble. Et un jour, Alain Chamfort, qui était à l’époque son compagnon, a inventé ce refrain Où étiez-vous et j’ai appelé Boris Bergman, que j’avais connu lorsque je m’occupais d’Alain Bashung, il était son parolier. Et voilà, il a écrit la chanson avec Alain Chamfort, c’est sympa quand même !

Que représente cette chanson pour vous ?

Plusieurs choses. J’ai adoré le faire. J’ai adoré le clip vidéo. J’avais appris à danser. Eh bien, j’étais complètement fou. Je me souviens, j’avais un costume rouge. C’était bien, c’est un peu pop.

Comme Richard Gotainer, cela vous affecte-t-il d’être traité d’OVNI ? ?

Oui c’est ça. Je pense que je suis un peu un OVNI, un gars un peu à part. Récemment, on m’a dit que j’étais l’un des derniers punks de la télévision française et ça me va.

Enfin, que représente cette compilation ? Car pour nous, c’est une nouvelle plongée dans les souvenirs.

Lorsqu’il m’a été offert, c’était le 40e anniversaire de Platine 45, Ce fut un plaisir. Et quand j’ai réécouté tout ça… j’avais même oublié beaucoup de gens qui étaient venus Platine 45 donc grande satisfaction. J’espère que les gens apprécieront de l’écouter.



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