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Irrégularités dans l’attribution d’un contrat informatique à Montréal


En raison d’irrégularités dans le processus d’appel d’offres, le Bureau de l’inspecteur général de Montréal (BIG) recommande à la Ville de Montréal de résilier dans les meilleurs délais un important contrat informatique qui l’a amenée à adopter les produits Google offerts par un fournisseur tiers pour créer « le bureau de demain » dans le cloud computing.

Publié à 15h26

Irrégularités dans l’attribution d’un contrat informatique à Montréal

Vincent Larouche
La presse

Le contrat a été attribué à la firme Onix Networking Canada en 2018. La filiale canadienne du groupe américain Onix devait implémenter et gérer les applications G-Suite de Google pour le compte de la Ville. Il s’agissait d’un service de messagerie basé sur le cloud, d’un outil de collaboration bureautique et d’une suite bureautique.

Montréal devait verser à Onix 16 millions de dollars sur quatre ans, mais le contrat prévoyait trois options de renouvellement de deux ans chacune, ce qui aurait pu porter le coût total à 35 millions de dollars. Dans un communiqué, la Ville a alors évoqué un « bond technologique » qui permettrait de créer « le bureau de demain » et de remplacer les logiciels obsolètes.

Pas de détournement de fonds, mais des irrégularités majeures

Dans un rapport déposé lundi auprès du conseil municipal, l’OIG souligne toutefois qu’après enquête, des irrégularités ont été détectées dans le processus d’appel d’offres. L’enquête n’a révélé ni favoritisme ni détournement de fonds, mais les problèmes sont tout de même sérieux, selon l’inspectrice générale, Brigitte Bishop.

Premièrement, l’appel d’offres prévoyait que le coût associé aux options de renouvellement ne pouvait être augmenté au-delà du pourcentage d’augmentation de l’indice des prix à la consommation au Canada. Or, Onix a précisé dans son offre que Google ne pouvait pas garantir la stabilité des prix de ses produits après les quatre ans du contrat initial.

L’OIG y voit une « irrégularité majeure » qui aurait dû conduire au rejet de cette proposition.

De plus, l’appel d’offres précisait que la Ville voulait un outil qui bloquerait l’accès à un compte courriel après un certain nombre prédéterminé de tentatives infructueuses. Onix aurait répondu que les produits Google offrent des mesures de sécurité alternatives contre les intrusions, basées sur l’intelligence artificielle et l’authentification à deux facteurs.

Pour l’OIG, le fait que le produit proposé par Onix ne remplisse pas ce critère de l’appel d’offres constitue également « une irrégularité majeure qui aurait dû entraîner le rejet de son offre ». Même si l’alternative proposée pourrait être considérée comme très efficace.

Pas la même rigueur pour tous

Enfin, l’appel d’offres précisait clairement que l’outil recherché devait être compatible avec les navigateurs Safari, Explorer, Chrome et Firefox. Or, Onix a expliqué dans son mémoire que même si les outils qu’elle proposait étaient compatibles avec ces navigateurs, certaines fonctions ne pouvaient être utilisées qu’à travers le navigateur Chrome de Google.

Cependant, un autre soumissionnaire a vu sa proposition rejetée parce que son produit n’était pas entièrement compatible avec tous les navigateurs.

« L’enquête révèle que l’évaluation a été rigoureuse pour la solution d’un autre soumissionnaire, mais que la même rigueur n’a pas été appliquée à la solution proposée par Onix », note le rapport de l’OIG.

L’inspecteur général affirme que les irrégularités constatées auraient pu justifier la résiliation immédiate du contrat. Cependant, puisque le logiciel en question est essentiel au fonctionnement de l’administration communale, elle concède qu’une résiliation rapide « ne servirait pas l’intérêt public ».

Elle recommande donc au conseil de « résilier le contrat dans les plus brefs délais » et d’adopter un plan d’action pour trouver rapidement une suite d’outils informatiques sans nuire aux services aux citoyens.

L’administration Plante promet d’agir

L’attachée de presse principale de la mairesse Valérie Plante, Catherine Cadotte, affirme que l’administration est préoccupée par les conclusions du BIG et qu’une analyse est déjà en cours pour corriger la situation.

« A tout moment, notre administration vise à donner l’exemple dans tous les processus », a-t-elle déclaré.

« Nous ne transigerons pas sur l’intégrité du processus de passation des marchés et toutes les mesures nécessaires seront prises pour régulariser la situation », a-t-elle ajouté.



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