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Nouvelles locales

Il y a vingt ans, Bush a détruit le Moyen-Orient

Général et grand patron du commandement central de l’armée américaine de 2003 à 2004 en Irak, Tommy R. Franks écrit dans ses mémoires intitulés soldat américain : « L’histoire retiendra que la stratégie américaine de lutte contre le terrorisme était une bonne stratégie, que le plan de l’opération Iraqi Freedom était un bon plan. » On n’est jamais aussi bien jugé que par soi-même…

Lorsque, prenant comme prétexte les attentats du 11 septembre 2001, il a lancé l’invasion de l’Irak le 20 mars 2003, il y a vingt ans jour pour jour, George W. Bush s’est affranchi des Nations unies. Il sait que la France, mais aussi la Russie et la Chine menacent d’utiliser leur droit de veto pour empêcher l’ONU d’approuver une intervention armée contre l’Irak. Il connaît également la probabilité qu’une majorité du Conseil de sécurité refuse de suivre les États-Unis et le Royaume-Uni.

Le nombre de victimes irakiennes, selon diverses estimations, va de 100 000 à plus d’un million de morts pour la période 2003-2011

Washington et Londres, forts de mensonges érigés en vérité – on se souvient de la fiole « plein d’anthrax » présentés à l’ONU par Colin Powell, alors secrétaire d’État, ou Tony Blair affirmant que ses rapports de renseignement montrent que Saddam Hussein possède des armes de destruction massive (ADM) – décident d’attaquer l’Irak sans l’approbation du Conseil de sécurité, ce qui constitue une violation de la Charte des Nations Unies.

Ils balayent également les protestations de millions de personnes dans le monde qui s’opposent à la guerre et veulent la paix. Le nombre de victimes irakiennes n’est pas connu avec précision mais, selon diverses estimations, il oscille entre 100 000 et plus d’un million de morts pour la période 2003-2011.

Contrairement à ce que pense le général Franks, cette guerre fut un échec désastreux. Non seulement pour les Irakiens jetés dans des affrontements sectaires, mais aussi pour l’ensemble du Moyen-Orient et du monde entier.

C’est sur ce sol que se sont développés les mouvements jihadistes, à commencer par le pire d’entre eux, l' »Etat islamique » en Irak et au Levant (EIIL), qui va même s’emparer d’une partie du territoire irakien, faisant de Mossoul sa capitale à partir de 2014.

C’est aussi à l’occasion de cette guerre que l’on voit apparaître, bien avant le Wagner russe, une société militaire privée (PMC) baptisée Blackwater, créée en 1997 grâce notamment à la volonté de Dick Cheney, futur vice-président de les États Unis. Un SMP qui s’illustrera par des tueries dans des villages irakiens.

Les rivalités en cours depuis 1979 entre l’Iran chiite et l’Arabie saoudite sunnite

La chute de Saddam Hussein a entraîné la disparition de l’Irak de la scène moyen-orientale et de son rôle dominant, laissant la place vacante. Cela a alimenté les rivalités persistantes depuis 1979 entre l’Iran chiite (qui a repris pied en Irak après la guerre de 2003) et l’Arabie saoudite sunnite, principal allié des États-Unis.

Dans un article publié dans Confluences méditerranéennesen janvier 2014, Clément Therme, chercheur à l’Institut de hautes études internationales et du développement (Iheid), notait que depuis l’intervention américaine en Irak en 2003, cette rivalité entre Riyad et Téhéran « est progressivement devenu un élément structurant de la géopolitique du Moyen-Orient ».

En effet, ces deux pays n’ont cessé, depuis 2003, de se confronter via leurs mandataires, les groupes qu’ils soutiennent, en Syrie, au Liban, au Yémen et, un temps, à Bahreïn. Une tension qui s’est accrue jusqu’à la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays en janvier 2016 après l’exécution de l’opposant chiite saoudien Nimr Al Nimr par Riyad.

Six mois plus tôt, cette même Arabie saoudite avait du mal à cacher sa déception face à la signature de l’accord sur le nucléaire iranien, voyant dans la fin des sanctions annoncées la possibilité pour son ennemi d’étendre son influence régionale.

Un désengagement relatif de Washington depuis 2016

La politique de désengagement relatif des États-Unis (militairement, elle reste la force étrangère la plus présente), initiée sous Barack Obama en 2016 et poursuivie par ses successeurs Donald Trump et Joe Biden, pour mieux se tourner vers l’Asie, a conduit certains alliés de Washington à chercher une nouvelle stabilité régionale.

C’est le cas de l’Arabie saoudite, pressée de mettre fin à la guerre au Yémen, et de l’Iran, soucieux de rompre son isolement. Les pourparlers avaient commencé il y a deux ans, d’abord en Irak, puis à Oman. C’est finalement à Pékin que Riyad et Téhéran ont annoncé, le 10 mars, le rétablissement de leurs relations diplomatiques, faisant ainsi de Pékin un acteur stratégique au Moyen-Orient. Ironie du sort, la Chine pourrait ainsi apparaître comme la grande gagnante de la guerre déclenchée il y a vingt ans par les États-Unis.

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