Skip to content
Harmonie et partage, l’orchestre Demos s’engage

Mouvements et refrains chorégraphiés à l’unisson, quoi de plus émouvant qu’un concert participatif où la complicité familiale est au rendez-vous ? A la Cité de la Musique, applaudissements et sifflets de fierté saluent tous les acteurs du projet Demos. Parents et enfants dialoguent en musique et embrassent un objectif commun : l’accès à l’art pour tous.

Fidèle à son nom grec, Demos persévère sur la voie de la démocratisation culturelle. Depuis 2010, la Philharmonie n’a cessé d’étendre ce projet, tant en France métropolitaine qu’outre-mer, comme levier de partage du patrimoine classique pour les jeunes de 7 à 12 ans. Issus des quartiers politiquement classés de la ville et des zones rurales, 10 000 apprentis musiciens bénéficier de ce système gratuit pendant trois ans. Centres et référents sociaux, techniciens, chorégraphes, musiciens professionnels, chefs d’orchestre et chœurs s’unissent dans cette cause. « Ce projet prend en compte la diversité française et reste proche des populations qui ne sont pas forcément concernées par cette culture », raconte le réalisateur, Gilles Delebarre. Parrainé par la pianiste Khatia Buniatishvili et la présidente de la Fondation Education contre le racisme, Lilian Thuram, Demos finance l’achat d’un instrument choisi par l’enfant. Grâce à deux ateliers de groupe hebdomadaires, des sessions d’orchestre mensuelles et des concerts publics dans leur région, les jeunes musiciens des 50 orchestres s’exercent avant de monter sur la prestigieuse scène de la Philharmonie. Après ces trois années de formation, plus de 50% des enfants continuent la musique, un pourcentage bien supérieur aux attentes.

Valoriser la diversité et la parité

Demos valorise la diversité, tout en soutenant la parité avec 30% de femmes chefs. C’est aussi le cas de la jeune et talentueuse Chloé Dufresne, liée au projet depuis quatre ans. « J’étais déjà impliqué dans la pédagogie et le travail social auparavant, mais Demos est le combo des deux. » Les répétitions sont basées sur un travail de concentration et d’écoute entre « body clap » (percussions corporelles), chant et mouvements chorégraphiques afin de « libérer le corps et prendre conscience du groupe ». Chargée du choix des morceaux, Chloé Dufresne mêle le grand répertoire dit classique à la musique traditionnelle internationale : « L’objectif à la fin des trois années est que les enfants aient un aperçu de toute l’histoire de la musique, du baroque au contemporain. » Même si créer un ensemble harmonieux reste un challenge, la chef adapte sa pédagogie tout en gardant la philosophie de cette formation : « L’orchestre, c’est savoir prendre sa place et laisser la place aux autres. » Entre apprentissage humain et partage des connaissances, Chloé Dufresne affectionne particulièrement les Demos, « l’un des projets français les mieux organisés permettant aux jeunes de se sentir importants ».

« Quand j’ai vu ma mère dans le public, j’ai eu envie de pleurer. » Esten, 7 ans.

Ce samedi 18 juin, la grande salle de la Cité de la Musique accueille familles, élus et professionnels de la culture. Au programme du Paris Demos Orchestra pour la première année : Lully et ses IvreSaint-Saëns et ses Danse de la mort, Kalinifta, chant traditionnel italien et présentation par les enfants d’instruments méconnus comme l’alto. Chantant ensemble, dansant et jouant par cœur dans une énergie collective, les jeunes musiciens ont fait leurs premiers pas sur scène. Quelle émotion pour Handy, un trompettiste de 12 ans : « J’ai ressenti beaucoup de joie sur scène, même si j’avais un peu peur avant de jouer dans cette grande salle ! » Ce garçon ne sous-estime pourtant pas l’investissement demandé : « L’orchestre est difficile au début car tout le monde joue en même temps et ce n’est souvent pas coordonné. Nous avons dû beaucoup travailler. » Dans le même état d’esprit, Esten, un tromboniste de 7 ans, est conscient de sa chance : « Il faut profiter, c’est ce que je pense. » Impressionné par la salle de concert, il prend son courage à deux mains : « J’étais très stressé, mais je me suis dit qu’il valait mieux tard que jamais, et j’ai commencé. Quand j’ai vu ma mère dans le public, j’ai eu envie de pleurer. » L’ambiance familiale est aussi le fruit du travail des centres sociaux et des référents, figures incontournables reliant tous les acteurs. Martina Modotti a accompagné les enfants dans les ateliers pendant deux ans et a commencé à jouer de la trompette à leurs côtés. Tremplin pour penser le développement local, Demos est pour elle « la possibilité de créer une mixité et un équilibre entre filles et garçons dans l’accès à la musique ». Cette aventure humaine qu’est Demos offre ainsi à la musique une jeunesse dévouée et solidaire qui apprend à penser collectivement.

New Grb1

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.