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Grève mondiale pour le climat : pourquoi la justice climatique est-elle au cœur des revendications ?


« People, not profit » : tel est le mot d’ordre de l’appel lancé par le collectif Fridays for Future à l’origine de la grève internationale pour la justice climatique ce vendredi 23 septembre. Diverses organisations à travers le monde, dont un groupe de scientifiques français, ont répondu à l’appel appel et soutenu l’initiative, las de voir les rapports alarmants du GIEC s’accumuler, sans réponses politiques concrètes. A l’heure où les actions en justice se multiplient contre les Etats ces dernières années, Geo fait le point sur les demandes de réparation climatique portées par ces jeunes militants écologistes, qui fleurissent en divers endroits de la planète.

Une grève mondiale pour le climat lancée par Fridays for Future

Dans plusieurs villes de France, d’Italie, d’Allemagne et des Philippines, des jeunes manifestent leur colère face à l’inaction des responsables politiques dans la lutte contre le réchauffement climatique. Initié par Greta Thunberg en 2018, le mouvement appelle les jeunes à faire une « grève scolaire » et à quitter les bancs de l’école pour exiger une véritable prise en compte nationale de la catastrophe qui menace leur avenir, et celui de la planète.

Le problème ? « La lutte pour le climat est une lutte de classe, et pendant des années, la classe dirigeante, principalement par le biais des entreprises et des gouvernements du Nord dominés par des cis-hommes riches, blancs et hétérosexuels, a exercé son pouvoir, a gagné grâce au colonialisme, au capitalisme, au patriarcat, à la suprématie blanche et à l’exploitation, détruire la terre et ses occupants sans remords« , déclare sans ambages Fridays for Future sur son site internet.

Contrairement au paradigme « développement » mis en place par les institutions onusiennes après la Seconde Guerre mondiale, ces militants écologistes considèrent « Ils sacrifient délibérément les écosystèmes et les peuples du Sud global au nom de leur soi-disant ‘développement’ et de leur ‘croissance économique’ éternelle. Pendant ce temps, la classe ouvrière est utilisée comme un outil pour construire le système même qui le détruit.», conclut le texte, exigeant que les 1% les plus riches de la planète soient tenus responsables de leurs « actes » et « ignorance volontaire ».

Que signifie le concept de « justice climatique » ?

C’est cette injustice qui est au cœur des revendications de justice climatique portées par ces nouvelles générations de militants : ceux qui voudraient que ce soient les pays du Sud, les moins responsables mais les plus touchés par le changement climatique, qui paient les conséquences des actions des pays du Nord sur leurs territoires, que ce soit par le biais historique de la colonisation, ou l’exploitation des ressources par les multinationales qui se poursuit à grande échelle. Et pour cause, 90 entreprises sont à elles seules responsables des 2/3 des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Aussi, le rapport sur les inégalités mondiales publié en décembre 2021 concluait que les 10% des plus gros émetteurs sont responsables de près de 50% des émissions de CO2, tandis que les 50% les plus pauvres n’en produisent que 12%.

Ainsi, le mouvement mondial pour la justice climatique demande des réparations aux gouvernements, y compris « le financement des pertes et dommages » subis par les populations du Sud. Un financement qui était déjà au cœur des débats de la COP26, au cours de laquelle les pays « en développement » ont exigé des pays « développés » que soit tenue leur promesse faite 10 ans plus tôt, d’un financement pouvant aller jusqu’à 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. Sans succès, car le blocage de certains pays comme les Etats-Unis n’a pas permis d’aboutir aux négociations, laissant en suspens une situation particulièrement urgente. La Corne de l’Afrique, par exemple, connaît actuellement la pire sécheresse depuis plus de 40 ans, entraînant des déplacements massifs de personnes à la recherche de nourriture et d’eau. Selon les dernières estimations de l’ONU, au moins 22 millions de personnes souffrent déjà de la famine au Kenya, en Somalie et en Éthiopie.

>> Empreinte carbone : les inégalités entre riches et pauvres se creusent

EEtats et multinationales au banc des accusés

Face au manque de volonté politique et à l’inaction des grands groupes opérant dans le monde, de plus en plus de poursuites judiciaires sont intentées contre eux pour « inaction climatique ou « fraude climatique ». Le groupe Total, 19e plus gros émetteur de gaz à effet de serre au monde entre 1988 et 2015 (soit 0,9 % des émissions sur la période), a été poursuivi par 13 collectivités françaises et 5 ONG en janvier 2020. Mais l’entreprise française est loin d’avoir être le seul à être pointé du doigt par le mouvement mondial pour la justice climatique, il y a aussi Lafarge, Chevron, ExxonMobil, BP, Royal Dutch Shell et Glencore.

Les États ne sont pas non plus en reste. Aux Philippines, aux Pays-Bas mais aussi en France, des associations décident de poursuivre l’Etat en justice pour « inaction climatique ». A ce titre, l’Affaire du Siècle est une victoire qui pourrait en appeler d’autres. En effet, après un premier jugement de février 2021 reconnaissant la responsabilité de l’État français dans la crise climatique, le Tribunal administratif de Paris a confirmé les dommages écologiques causés par le dépassement illégal des budgets carbone entre 2015 et 2018, et ordonné de prendre « toutes mesures utiles ». mesures » pour réparer, d’ici le 31 décembre 2022.

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