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grandes étiquettes pour petits millésimes

Dans la région bordelaise, c’est une pratique qui a été épinglée par la justice : un vigneron utilise son nom prestigieux pour vendre un vin à bas prix. Imaginez : un millésime très connu, le « Château Vingt-Heures ». Avec le même logo, nous commercialisons « Le Bordeaux du Vingt-Heures », qui est en fait un simple vin d’assemblage. Une stratégie marketing jugée trompeuse par certains viticulteurs.

Vous les avez peut-être vus, à la cave ou au supermarché : des bouteilles étiquetées « Le Bordeaux de Citran », « Maucaillou » ou « Larrivet-Haut Brion », noms de célèbres châteaux bordelais.

Mais pour Dominique Techer, vigneron et porte-parole de la Confédération Paysanne en Gironde, ces bouteilles ne sont prestigieuses que par le nom : «ce sont des assemblages de vins qui viennent de n’importe où dans l’appellation Bordeaux, « Il explique. « On ajoute le nom d’un terroir au vin pour faire croire qu’il a quelque chose de plus : c’est une stratégie pour promouvoir les vins d’entrée de gamme. Pour moi, c’est un canular.« Devant la justice, il a dénoncé une atteinte à la confiance du public, et une concurrence déloyale.

En quelques mois, la justice a condamné les propriétaires de ces trois vins, pour pratiques commerciales trompeuses. Selon les magistrats, il y aurait un risque de confusion entre leurs vins prestigieux et leurs vins d’assemblage. On retrouve en effet les mêmes logos, les mêmes dessins de château sur les bouteilles… même si les raisins pour le vin d’assemblage ne proviennent pas du château.

Les domaines concernés ont fait appel, la condamnation n’est donc pas définitive. Tous nient avoir trompé qui que ce soit. Contacté, Denis Merlaut, à la tête de Château Citran, se défend : «On me dit : ‘vous avez vendu 600 000 bouteilles entre 2014 et 2016’. Combien de plaintes y a-t-il eu ? Zéro. Zéro réclamation des consommateurs !« 

Rien à redire… Mais même un e-commerçant s’est trompé en prenant « Le Bordeaux de Maucaillou » pour un vin du Château Maucaillou, à Moulis-en-Médoc (Gironde, appellation Moulis)… alors que le vin vient de Baurech (Gironde, appellation Bordeaux), à près de 50 kilomètres. L’avocat de la succession Maucaillou nous assure néanmoins que l’étiquette serait suffisamment claire pour ne pas tromper le consommateur.

« Attirer n’est pas tromper. Le consommateur ne peut être trompé, car même s’il reconnaît sur un logo le dessin d’une ferme, il est parfaitement capable, en lisant l’étiquette, de savoir s’il a affaire à une appellation bordelaise ou s’il s’agit d’une appellation Moulis. »

Me Alexandre Novion, avocat de Pascal Dourthe, propriétaire du Château Maucaillou

vers France 2

A Bordeaux, d’autres procédures sont en cours. Concernant les étiquettes, la répression des fraudes n’entend pas ajouter de l’eau à son vin… un vin à consommer, bien entendu, avec modération.

Jugements rendus par le tribunal correctionnel de Bordeaux

Procès-verbal de la DIRECCTE Nouvelle-Aquitaine

« La justice n’en a pas du tout fini avec les marques domaniales des vins de Bordeaux», Alexandre Abellan, Vitisphère, 4 janvier 2022.

Charte d’utilisation des marques à nom commercial, Fédération des grands vins de Bordeaux

Liste non exhaustive.



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