Jannah Theme License is not validated, Go to the theme options page to validate the license, You need a single license for each domain name.
Nouvelles locales

Fin de vie, dans les coulisses du tirage au sort de la Convention citoyenne

« Bonjour ? Bonsoir madame. Votre numéro de téléphone a été tiré au sort pour participer à la Convention citoyenne sur la fin de vie organisée par le Cese. » Du petit centre d’appel situé au dernier étage d’un immeuble du 11e arrondissement de Paris s’échappe un brouhaha ininterrompu. Derrière la verrière, les yeux rivés sur leurs écrans d’ordinateur, neuf enquêteurs embauchés par Le Terrain – entreprise partenaire de Harris interactive – déroulent scrupuleusement la présentation de la Convention citoyenne sur la fin de vie élaborée par le Conseil économique, social et environnemental ( Cese).

Trois fois sur quatre, la conversation tourne court. « Souvent, nos interlocuteurs croient à une arnaque, Luc témoigne entre deux appels téléphoniques. Mais quand on a le temps de dire que c’est une convention sur la fin de vie, ça pique leur curiosité. » Le précédent de la Convention citoyenne pour le climat aide.

Depuis le 25 octobre, les communications ont déjà permis de pré-recruter 191 citoyens. A l’approche de la première assemblée des membres à Paris le 9 décembre, le tirage au sort « entre dans sa dernière ligne droite », se réjouit Claire Thoury, coprésidente du comité de gouvernance. Il faudra alors rééquilibrer pour arriver à un panel de 170 personnes représentatif de la population. Déjà, Claire Thoury se réjouit de compter « Des profils allant de 18 à 89 ans, des sans-papiers aux hauts fonctionnaires en passant par les ultramarins ».

Des arguments pour convaincre les publics réticents

Les femmes peu diplômées, souvent hantées par un sentiment d’illégitimité, constituent en revanche un profil qui fait encore défaut. « Il y a des déterminants socio-démographiques qui expliquent ces freins à l’expression de ses opinions », note Jean-Daniel Lévy, directeur général de Harris interactive. Un sentiment que les enquêteurs cherchent à dépasser en rappelant à leurs interlocuteurs combien il est important que « les volontaires représentent la France entière ». « On ne veut pas d’experts, du moins on n’en cherche pas » insiste le sondeur. Il appartient aux spécialistes qui seront auditionnés par les citoyens de partager leurs compétences au service de « intelligence collective ».

L’argumentation du Cese a été conçue pour contrer toutes les raisons susceptibles de décourager la participation des citoyens aux travaux de la convention, qui se déroulera à Paris, sur neuf week-ends du vendredi 9 décembre 2022 au dimanche 19 mars 2023. Objection de un interlocuteur : « Pourquoi y a-t-il tant de séances en si peu de temps ? » Réponse immédiate du téléopérateur : « Les travaux de cet accord doivent être présentés au gouvernement en mars 2023, c’est pourquoi le calendrier des travaux est dense. »

En effet, les enquêteurs se heurtent à des contraintes personnelles et professionnelles que même une aide conséquente ne suffit pas à lever. Pourtant, de nombreux cas ont été anticipés, comme celui des parents isolés qui se voient proposer des frais de garde d’enfants, ou des personnes à mobilité réduite qui bénéficient de solutions pour faciliter leurs déplacements.

Les modalités de remboursement sont clairement précisées lors des appels : une indemnité de 94 € brut par jour, assortie, pour ceux qui en font la demande, d’une indemnité pour perte de revenus professionnels. Et pour convaincre les employeurs de libérer leur salarié, le Cese peut leur adresser un courrier officiel.

Valoriser l’esprit civique, pas l’esprit militant

Les appelants prennent toujours soin de vous rappeler quecette Convention citoyenne constitue « une expérience démocratique unique ». En revanche, Harris Interactive refuse de prendre les appels entrants d’individus aux opinions bien arrêtées, qui veulent absolument participer à la Convention. Un principe qui permet de ne pas avoir une surreprésentation des militants d’un côté ou de l’autre.

Fait surprenant : jamais au cours des conversations il n’est fait mention des termes « le suicide assisté »« euthanasie ». Un oubli assumé par Claire Thoury qui s’appuie sur « une montée en puissance de la Convention avec d’abord la mise en place d’un cadre de délibération, puis des auditions et des possibilités d’accompagnement psychologique pour aborder une question à la fois lourde et complexe. »

——

L’articulation du travail des citoyens avec celui du politique

La Convention citoyenne sur la fin de vie débute le 9 décembre 2022 et devra remettre ses conclusions au gouvernement en mars 2023.

Parallèlement, des groupes de travail ministériels ont entamé des consultations, et une mission parlementaire d’évaluation de la loi Claeys-Leonetti, présidée par le député MoDem Olivier Falorni – militant actif en faveur de l’euthanasie – rendra ses conclusions début 2023.

Pour éviter les déconvenues de la Convention Climat, aucune promesse de guérison « sans filtre » cette fois. Dans une optique de « responsabilité »le gouvernement devra justifier les décisions prises auprès des citoyens.

New Grb1

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.
Bouton retour en haut de la page