Face à l’Iran, Benyamin Netanyahu, silencieux, pèse les effets collatéraux d’une réponse israélienne

Lors d'un conseil de guerre organisé dans le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Tel Aviv le 14 avril 2024.

Depuis que l’Iran a lancé plus de 300 drones et missiles vers Israël dans la nuit du 13 au 14 avril, Benjamin Netanyahu est resté étonnamment silencieux. Un communiqué de presse de quatre mots publié dimanche matin et un échange peu substantiel avec des conscrits mardi constituaient ses seules prises de parole en public. Une telle retenue n’est pas habituelle pour un chef de gouvernement qui se pose inlassablement, depuis deux décennies, en rempart contre la menace iranienne.

M. Netanyahu a convoqué une nouvelle fois le cabinet de guerre mercredi pour évaluer une éventuelle réponse. Mais il laisse parler à sa place deux de ses rivaux au sein de ce cabinet divisé, le ministre de la Défense, Yoav Gallant, et le général Benny Gantz. Tous deux préviennent qu’une réponse est inévitable, à l’unisson avec le chef de cabinet, Herzi Halevi. Plusieurs options sont évoquées dans la presse alors que les Israéliens attendent le répit familial des vacances de Pâque le 22 avril. Israël pourrait frapper une installation des Gardiens de la révolution iraniens en Syrie ou risquer une attaque plus symbolique contre un site militaire en Iran.

Une cyberopération est également possible contre le réseau électrique et énergétique iranien, au risque de révéler les capacités technologiques israéliennes. Une reprise des assassinats ciblés de responsables militaires à Téhéran serait l’option la moins immédiate.

Lire le décryptage | Article réservé à nos abonnés Attaque iranienne contre Israël : réponse ou désescalade, le dilemme du gouvernement de Netanyahu

Sa relative discrétion décevrait les alliés ultranationalistes de M. Netanyahu, même s’ils restent rongés par la guerre dans les territoires palestiniens. Les sondages indiquent qu’une majorité d’Israéliens seraient favorables à une réponse, à condition qu’elle ne nuise pas aux alliances de sécurité du pays.

Une coordination internationale sans précédent

Parmi ceux qui mettent en garde contre une réponse déraisonnable, l’ancien Premier ministre Ehud Olmert craint que l’attaque iranienne n’ait  » une excuse «  à M. Netanyahu pour détourner l’attention du bourbier de Gaza et prolonger la guerre sur un autre front. « Netanyahu doit faire traîner les événements, renvoyer autant que possible son échec du 7 octobre dans le passé, afin d’en atténuer l’impact dans les cœurs et les esprits » afin de rester au pouvoir, estime M. Olmert.

Washington et les pays du Golfe s’inquiètent eux-mêmes d’une telle tentation. Cependant, lors de l’attaque iranienne du 13 avril, M. Netanyahu est apparu comme une figure retenue face aux militaires. Selon de multiples fuites dans la presse, il s’agirait de deux généraux, élus du centre, MM. Gantz et Gadi Eizenkot, qui ont plaidé samedi soir pour une réponse immédiate, rejetée par M. Netanyahu, notamment sous la pression américaine.

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