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Éric Zemmour crée la polémique


Europe 1, avec l’AFP
, modifié en

19h33, 15 janvier 2022

« Pitoyable », « impardonnable » : Eric Zemmour s’est attiré une bronca généraliste, samedi, après avoir dénoncé « l’obsession de l’inclusion » des enfants en situation de handicap et défendu des « établissements spécialisés » pour les scolariser, avant de nuancer son propos. Vendredi, lors d’une discussion avec des enseignants engagés pour sa cause à Honnecourt-sur-Escaut, dans le Nord, le candidat d’extrême droite a expliqué « penser qu’on a effectivement besoin d’établissements spécialisés, sauf pour les personnes en situation de handicap léger. Évidemment ».

« Pour le reste, oui, je pense que l’obsession de l’inclusion est une mauvaise voie pour les autres enfants et pour ces enfants, qui sont, les pauvres, complètement dépassés par les autres enfants. Alors je pense qu’il faut des enseignants spécialisés qui s’occupent de ça », a-t-il dit.

La classe politique monte en puissance

Des mots qui ont fait polémique. La secrétaire d’Etat au Handicap Sophie Cluzel a fustigé samedi sur Twitter « une déclaration pitoyable ». « Très en colère » sur BFMTV, elle a critiqué une vision « misérable » et « exclusive » du handicap. « Bien sûr que c’est compliqué, mais c’est vraiment un honneur pour la France de pouvoir scolariser ces enfants avec d’autres, entre autres », a-t-elle ajouté.

Le chef de file des députés LR, Damien Abad, lui-même handicapé, a dénoncé des propos « scandaleux » d’Eric Zemmour et « une ségrégation à tous les étages ». « Oui, nous devons être obsédés par l’inclusion. J’exige des excuses publiques », a-t-il tweeté. La candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, a pour sa part jugé « impardonnable » de « s’en prendre à des enfants fragilisés par un handicap ». « Mon projet, c’est plus d’inclusion pour les enfants fragiles », a engagé Valérie Pécresse en marge d’un voyage en Grèce, fustigeant « la brutalité » des propos d’Eric Zemmour.

Même ton des candidats de gauche : « Il est comme toujours dans l’excès, la violence et l’insulte », a fustigé la candidate désormais déclarée Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon fustigeant « une vision du monde opposée » à la sienne. Et le communiste Fabien Roussel s’est dit « révolté par la proposition » d’Eric Zemmour, la comparant à une « société d’apartheid ».

Eric Zemmour s’explique

Face à la bronca, l’ancien polémiste s’est expliqué et a nuancé ses propos samedi matin à Villers-Cotterêts, dans l’Aisne. « Bien sûr, il y a des cas où les mettre dans un établissement ordinaire est une bonne chose parce que ça leur permet de progresser, de socialiser. Et puis il y a d’autres cas, réels, plus nombreux qu’on ne le dit, où c’est une souffrance pour ces enfants handicapés.

« Ce que je voulais dire, c’est que je ne veux pas que l’obsession de l’inclusion nous prive et nous amène à négliger le besoin d’établissements spécialisés », a-t-il poursuivi. « Je pense que c’est une position idéologique, comme toujours. On a décidé qu’il valait mieux mettre tout le monde ensemble. Je ne pense pas », « pas pour les mettre de côté mais pour mieux s’en occuper ». Le candidat à la présidentielle a appelé à « la prise en compte des cas particuliers » de chaque enfant, avec des possibilités de « passerelles » entre « établissements spécialisés » et « ordinaires ».

europe1 Fr

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