Politique

en voiture, ils misent sur l’huile alimentaire pour se déplacer

Les eurodéputés ont donné leur feu vert à l’utilisation d’huile alimentaire comme carburant, dans le cadre de la première lecture du projet de loi sur le pouvoir d’achat. Le Sénat doit encore confirmer cette autorisation, proposée par un député écologiste face à l’explosion du prix de l’essence. Jusqu’à présent, en France, rouler avec de l’huile alimentaire est interdit. Les seuls carburants autorisés sont ceux répertoriés par les autorités.

Pas de quoi freiner Gérald, 40 ans, cet habitant de la Haute-Vienne l’assume : « J’ai parcouru plus de 100 000 kilomètres en utilisant de l’huile de friture comme additif pour carburant, car jusqu’à aujourd’hui, on ne peut pas dire que c’est un carburant.« 

UN « additif« Donc pour faire le plein d’essence, selon Gérald, qui affirme ne pas avoir dépassé le seuil des 49% d’huile dans son réservoir depuis dix ans. Récemment, il a dû repasser au carburant classique car il a changé de voiture. En effet, l’huile de friture ne convient pas à tous les moteurs : « Il fonctionne avec les véhicules diesel atmosphériques : ce sont des moteurs qui datent d’avant 96-97.« 

Membre de l’association « Roule ma frite », il récupère l’huile que son collectif récupère dans les restaurants. Ensuite, il faut entre quatre et six semaines pour le filtrer, le décanter et le rendre utilisable.

« L’huile de friture, c’est un déchet qu’on recycle : ce sont des circuits courts, ce sont des projets de territoire. »

Gérald, membre de l’association « Roule ma frite »

Des expériences sont menées dans plusieurs communautés. Par exemple, l’agglomération de Béthune-Bruay exploite quelques bennes à ordures ménagères avec du biocarburant fabriqué à partir d’huiles alimentaires 100 % usagées, fourni par l’entreprise sociale et solidaire Gecco, basée dans le Nord. Mais Julien Pilette, le co-fondateur, prévient : « Nous n’allons pas remplacer le diesel par des huiles de friture. Nous ne sommes pas du tout sur une grande échelle de remplacement du diesel.« 

Surtout, insiste-t-il, même si les huiles alimentaires présentent un intérêt pour limiter la pollution, il faut être très prudent : « Mal fait, nous pourrions nuire à certains aspects environnementaux. »

Le connaisseur développe :On est d’accord : on est très, très loin de l’impact du pétrole, avec 95% d’économies sur les émissions de gaz à effet de serre, c’est parfait. En revanche véhicule mal réglé, si l’adaptation n’est pas faite et que le carburant n’est pas bon, vous pouvez générer plus de monoxyde de carbone, plus de particules, et donc dégrader la qualité de l’air.« 

Évitez de récupérer l’huile en la filtrant dans votre garage : tout cela demande du savoir-faire. La société Gecco souhaite justement la mise en place d’un cadre officiel avec des normes à respecter pour que le secteur puisse se développer sur la bonne voie.

ces automobilistes qui misent sur l’huile alimentaire comme additif pour carburant – le reportage de Benjamin Illy

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