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En Pologne, les élections législatives s’annoncent cruciales et serrées

Des élections législatives à l’issue incertaine ont lieu dimanche en Pologne. Même si tous les sondages placent le parti populiste-nationaliste Droit et Justice (PiS), actuellement au pouvoir, en première position, il semble néanmoins impossible qu’il obtienne la majorité absolue.

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Les populistes-nationalistes resteront-ils au pouvoir ? La Pologne se prépare dimanche 15 octobre à des élections serrées, considérées comme cruciales pour l’avenir du pays et dont l’issue, selon les sondages, dépendra des résultats des petits partis, nécessaires pour former une coalition.

L’issue incertaine du vote risque d’aggraver encore les tensions avec l’Union européenne (UE) et l’Ukraine voisine, affaiblissant encore davantage les libertés démocratiques, telles que l’État de droit et la liberté de la presse, tandis que les populistes tentent d’obtenir un troisième mandat consécutif contre le opposition libérale dirigée par l’ancien président du Conseil européen, Donald Tusk.

Si tous les sondages placent le parti populiste-nationaliste Droit et Justice (PiS), actuellement au pouvoir, en première position, il semble impossible qu’il obtienne la majorité absolue.

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Selon un sondage réalisé les 9 et 10 octobre par la fondation Ibris, le PiS obtiendrait 33,5% des voix, devant la Coalition civique (centre) 28%, la Troisième Voie (démocrate-chrétienne) 10,9%, la Gauche 10. %. ,1% et la Confédération (extrême droite) 9,2%.

Le partenaire le plus probable du PiS serait alors la Confédération, formation ultranationaliste, libertaire et anti-européenne, qui a réclamé la fin de l’aide à l’Ukraine. Selon cette hypothèse, le PiS et la Confédération obtiendraient ensemble une courte majorité au Parlement polonais, qui compte 460 sièges.

Toutefois, d’autres sondages très récents montrent que les deux partis n’atteignent pas la majorité requise.

Une campagne extrêmement polarisée

En revanche, la Coalition civique, dirigée par l’ancien Premier ministre Donald Tusk, pourrait parvenir à former une majorité avec la Troisième Voie et la Gauche.

« Le PiS ne formera pas le prochain gouvernement en Pologne », a déclaré Wojciech Przybylski, analyste politique du groupe Visegrad Insight, soulignant qu’une alliance PiS-Confédération semble peu probable. Selon lui, « l’opposition a désormais plus de chances de former un prochain gouvernement ».

Les partisans du PiS affirment que leur victoire permettra au parti de concrétiser sa vision d’une Pologne puissante et souveraine, fondée sur des valeurs traditionnelles et qui maintiendra l’interdiction de l’avortement.

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La campagne a été extrêmement polarisée, marquée par des attaques personnelles contre Donald Tusk, orchestrées par le parti au pouvoir qui l’accusait d’agir dans l’intérêt de Berlin, Moscou et Bruxelles.

Le PiS a intensifié sa rhétorique anti-migrants : le Premier ministre Mateusz Morawiecki a déclaré jeudi que les familles polonaises devaient être protégées contre ces immigrés illégaux « qui n’ont aucun respect pour notre culture » et dont l’arrivée risque d’ouvrir la voie à une « guerre sainte » en Pologne. L’Europe .

Selon l’opposition, une victoire du PiS entraînerait des tensions croissantes avec l’Union européenne. L’opposition accuse le gouvernement de préparer un « Polexit », une sortie de l’UE.

« Ce qui est en jeu, c’est l’avenir de la démocratie en Pologne »

« Il est grand temps de revenir à la normale, à l’Etat de droit, à la liberté de choix et d’expression », souligne Monika Pieleszynska, une employée de bureau de 43 ans, lors d’un grand rassemblement de l’opposition ce mois-ci.

Dorota Dakowska, professeur de sciences politiques à Aix-en-Provence, dans le sud de la France, estime qu’il s’agira de « l’élection la plus importante » depuis le premier vote de la période post-communiste en 1989.

« Ce qui est en jeu, c’est l’avenir de la démocratie en Pologne et l’avenir de la Pologne en tant que démocratie et État de droit », dit-elle.

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Kiev observe également la situation avec prudence, car un gouvernement polonais dans lequel la Confédération aurait son mot à dire risquerait de détourner Varsovie de sa voie pro-ukrainienne. La Pologne est l’un des principaux soutiens de l’Ukraine au sein de l’UE et de l’OTAN et a accueilli un million de réfugiés ukrainiens, mais la lassitude grandit parmi de nombreux Polonais.

Le gouvernement s’est récemment brouillé avec Kiev au sujet de l’interdiction des importations de céréales, arguant de la nécessité de protéger les agriculteurs polonais.

Selon Marcin Zaborowski, expert du groupe de réflexion Globsec, le PiS avait adopté une position plus froide à l’égard de l’Ukraine dans le but de remporter des votes nationalistes. « Après les élections, il risque d’être trop tard pour revenir sur cette position, car le mal sera fait », prévient-il.

Avec l’AFP


France 24 Europe

Gérard Truchon

An experienced journalist in internal and global political affairs, she tackles political issues from all sides
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