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En France, 99% des hôpitaux publics manquent de soignants

Entre l’absentéisme croissant lié au mal-être des soignants, les difficultés de recrutement et les fermetures de lits, la crise hospitalière ne semble pas près de s’apaiser. Une grande enquête menée entre avril et mai 2022 par la Fédération hospitalière française (FHF) révèle l’ampleur du problème.

On apprend ainsi que 99% des hôpitaux et Ehpad publics rencontrent des difficultés de recrutement. Bien que les effectifs de ces établissements aient augmenté de 3% entre 2019 et 2021, ils n’ont pas permis de « réduire la proportion de postes vacants chez les aides-soignants et les infirmiers », ni pour répondre aux besoins structurels et à l’augmentation de la demande de soins.

Alors qu’au moins 3 millions de séjours hospitaliers ont été reportés ou déprogrammés pendant l’épidémie de Covid, le rattrapage des soins est tout simplement impossible, faute de personnel.

« 30% des gens sont en burn-out »

Lors d’une action menée conjointement par les « robes noires et blouses blanches » devant la Cour des comptes le 10 juin, Joëlle et Laurent, médecins à l’hôpital Saint-Denis, ont témoigné de cette situation : « Entre heures supplémentaires et perte de sens, 30 % des gens sont en burn-out. Nous ne pouvons plus recruter. » Bien que les salaires des soignants aient été augmentés, la profession peine à se rendre attractive.

Pour Sophie Marchandet, directrice du pôle ressources humaines de la FHF, il est urgent « pour alléger la charge des hôpitaux, améliorer les conditions de travail et faciliter la vie des professionnels au quotidien ». Autre enseignement : l’aggravation de l’absentéisme, « est passé de 7,4 % à 10 % en quelques années, avec des pointes allant jusqu’à 16 % selon les services », Remarque Zaynab Riet, déléguée générale de la fédération.

« L’épuisement se transforme en renoncement »

Ces absences, comme le déficit de recrutement, seraient en grande partie dues à la fatigue liée à la crise sanitaire, ainsi qu’à un profond découragement. « En Nouvelle-Aquitaine, la fermeture massive de lits ne nous permet plus de répondre à toutes les demandes. L’épuisement se transforme en renoncement. illustre Pierre Chanseau, directeur du pôle médecine d’urgence du centre hospitalier de Pau (Pyrénées-Atlantiques).

Selon Catherine Le Gall, cheffe de service des urgences d’Argenteuil (Val-d’Oise), « Les équipes sont fatiguées. L’augmentation des visites aux urgences pèse sur la qualité de vie au travail et affecte la sécurité des patients ».

A ce jour, les infirmiers restent la priorité en matière de recrutement dans les hôpitaux, alors que les Ehpad manquent d’aides-soignants. Parmi les secteurs en tension, la gériatrie peine particulièrement à attirer du personnel, alors qu’elle est un domaine prioritaire en raison du vieillissement de la population, du Covid, mais aussi des pics de chaleur de l’été : « Il y a des risques de chaleur tout l’été », s’inquiète d’ailleurs Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière.

Il rappelle que « La crise sanitaire n’est pas complètement derrière nous ». Le président de la FHF, pour qui « l’hôpital est sur l’os »appels pour « responsabilité collective et aux autorités politiques pour affronter le creux de l’été ». En attendant, la remplaçante de la ministre de la Santé Brigitte Bourguignon, battue aux dernières élections législatives, n’a toujours pas été désignée.

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