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en Beauce, les céréaliers à l’heure de la diversification

La pluie a enfin fait son retour en début de semaine en Beauce. Un soulagement pour les agriculteurs, confrontés, comme partout en France, à un déficit hydrique de 33 % depuis le début de l’année. Cet épisode de sécheresse prématurée aura de lourdes conséquences sur les rendements céréaliers.

Anticipant les effets du changement climatique, de plus en plus de céréaliers beaucerons réorientent leurs pratiques, introduisent dans leurs exploitations de nouvelles cultures ou des productions séculaires oubliées : retour de la vigne et des pâturages, apparition du lavandin, du houblon et du sorgho, développement des oléagineux (lin, tournesol, pois, colza) et plantes médicinales, projets de méthanisation.

Un tournant en 2016

La diversification de la production remet en cause le modèle agricole, basé sur la monoculture, qui a fait prospérer la Beauce, « le grenier de l’Europe », à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le tournant remonte à 2016, « une année noire », se souvient Rodolphe Couturier, spécialiste des grandes cultures céréalières et betteravières. La chute des rendements est historique, résultat d’un été excessivement sec après de fortes pluies printanières.

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Depuis trois ans, ce trentenaire à la tête d’une exploitation familiale de 215 hectares à Mérouville (Eure-et-Loir) depuis sept générations s’est lancé dans la viticulture – une tradition qui avait peu à peu disparu au cours du siècle dernier -, ému par le « besoin de trouver d’autres sources de revenus ».

Au cœur de la Beauce, la culture du lavandin ou lin, qui pare ces grandes plaines d’un bleu éblouissant, a aussi fait naître, chez les élus et décideurs économiques, l’idée de développer l’agrotourisme, « une autre voie – comme les projets de méthanisation – de diversification financière »selon Aude Pontonnier, chargée de mission diversification à la Chambre d’agriculture d’Eure-et-Loir.

Appui technique de la Chambre d’agriculture

Depuis, face à une recrudescence des demandes de conseil, cet organisme a mis en place une cellule d’accompagnement, organisant, tous les deux ans, la rencontre Cultur & Co, une journée de sensibilisation consacrée à la diversification sur sa ferme expérimentale. de Miermaigne. La prochaine aura lieu le 14 juin et laévénement attire de plus en plus d’opérateurs. « Ils étaient 350 en 2017 et une centaine de plus deux ans plus tard. Cette année, ils seront encore plus nombreux. assure Aude Pontonnier.

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Les résultats probants des acteurs locaux du lin ont marqué les esprits. Réunis au sein de l’association Graines de lin, ils ont pu valoriser leur production auprès de la filière Bleu-Blanc-Cœur.  » Quand ils ont commencé, au début des années 2000, ils étaient quatre : ils sont aujourd’hui plus de 80 pour plus de 1 000 hectares cultivés », expose, admiratif, Éric Maisons, agriculteur, élu à la chambre d’agriculture d’Eure-et-Loir. Cet exemple devrait, selon lui, montrer la voie :  » Pour que la diversification fonctionne, l’agriculteur doit d’abord s’assurer qu’il existe des débouchés économiques en face, il prévient. Cependant, certains marchés – comme le pois chiche – ont atteint très rapidement la saturation. »

Un intérêt agronomique

L’intérêt de la diversification n’est pas seulement économique. L’utilisation des cultures de printemps et d’été a également des vertus agronomiques.  » En rotation courte, nous assistons à des baisses de rendement causées par une multitude de facteurs :problèmes de ravageurs, maladies, prolifération des mauvaises herbes, notre principale difficulté. Il y a donc un gain pour les solscultures alternatives, en insérant maïs, tournesol, sorgho, lin oléagineux, etc. L’augmentation des rotations empêchera la croissance des mauvaises herbes », dit Aude Pontonnier.

Associé depuis 2003 à son oncle sur une exploitation céréalière de bonne taille à Boutigny-Prouais (Eure-et-Loir), Jimmy Pasquier ne semble pas regretter d’avoir consacré 14 hectares de son domaine agricole au sorgho, une céréale de printemps dans le système. racine très résistante qui  » possèdele grand mérite de briser le cycle des mauvaises herbes, qui poussent de plus en plus dans notre région », assure l’agriculteur de 40 ans, visiblement très satisfait des premiers rendements.

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19 départements en alerte sécheresse

Au 23 mai, 19 départements français étaient en alerte sécheresse, avec des mesures de restriction d’usage (réduction des prélèvements pour usage agricole, interdiction de laver sa voiture ou de remplir sa piscine, restriction d’arrosage des jardins et des espaces verts).

Neuf bassins étaient en niveau d’alerte rouge, un en Vendée, trois à Vienne et un dans les Bouches-du-Rhône. Ce niveau d’alerte conduit à l’arrêt des prélèvements non prioritaires, y compris les prélèvements à des fins agricoles.

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