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Edouard Carmignac, encore du rock à Bercy

« V Vous avez de la chance ! Monsieur Carmignac est très généreux. La reine (d’Angleterre) m’en a fait l’éloge… » Sur la scène d’un théâtre parisien privatisé pour l’occasion, Mick Jagger, leader des Rolling Stones, flatte son nouvel ami, le richissime Édouard Carmignac. Nous sommes en octobre 2012 et, alors que François Hollande – alias « l’ennemi de la finance » – est au pouvoir depuis quelques mois, le patron fondateur d’un des plus gros fonds d’investissement français indépendants n’a pas hésité à débourser plusieurs millions d’euros pour avoir le légendaire groupe britannique se produit devant quelque 1 600 invités triés sur le volet.

Le « tricolore Warren Buffett dont on guette les oracles »

Le public est loin d’être rock’n’roll : banquiers, investisseurs ou spécialistes de la gestion de fortune. Mais qu’importe : la presse économique ne trouve plus les mots pour vanter « milliardaire provocateur » dont la réputation n’est plus à faire. Vrai « étoile » la gestion d’actifs, « Pape français des Finances », la « Warren Buffett tricolore dont on regarde les oracles » est respecté pour le succès financier de son entreprise, qui gère des dizaines de milliards d’euros d’actifs en Europe. D’autant que l’homme d’affaires mécène, qui dirige une fondation portant son nom, est un grand amateur d’art contemporain. Lorsqu’il reçoit des invités dans ses bureaux de la place Vendôme, c’est sous l’œil (réprobateur ?) de Lénine et de Mao peints par Andy Warhol qu’Édouard Carmignac assassine « la haine des riches » un sentiment malheureux encore trop souvent porté par « jaloux par nature » et dont le sol s’élèverait « à la Révolution française et au fait que l’on confond les notions de justice et d’égalité » ( Le Figaro31 octobre 2012).

L’administration française porte plainte au pénal

On pourrait aussi demander au grand financier, aujourd’hui en 79ème position du classement des 500 plus grandes fortunes françaises (établi chaque année par le magazine Défis) avec 1,4 milliard d’euros à son actif, si pour lui « justice et égalité » rime de près ou de loin, ne serait-ce que vaguement, avec « légalité » ? Non, si l’on en croit les déboires judiciaires du banquier philanthrope, dont la générosité illimitée pour l’art et la musique rock semble s’assoupir au fil de certains articles et paragraphes du CGI.

Compte bancaire étranger non déclaré, montages financiers par l’intermédiaire d’une filiale luxembourgeoise pour rémunérer certains dirigeants de sa société, litige d’un montant de plus de 36 millions d’euros avec le fisc italien… L’administration française porte plainte en 2017 pour « évasion fiscale, fraude fiscale, recel et blanchiment », tandis que le Parquet national financier – institution judiciaire créée en 2013 et chargée de traquer la grande délinquance économique et financière – a lancé son enquête en 2018. La société d’investissement d’Édouard Carmignac aurait déboursé une somme d’environ 300 millions d’euros pour payer les régularisations et mettre fin aux poursuites ( Capital1 euh Juillet).

Au final, pas de prison pour les grands fraudeurs fiscaux. Dommage : un casier judiciaire, ça l’aurait rendu un peu plus « rock ».

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