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des passages du Coran dans les manuels scolaires inquiètent l’Église catholique

« Savez-vous qu’Allah est notre créateur ? » : C’est l’une des phrases contenues dans les manuels du nouveau projet du Programme national unique des écoles publiques au Pakistan. La Commission nationale pour la justice et la paix (NCJP) de la Conférence épiscopale du Pakistan a fait part de ses inquiétudes quant à ces contenus prévus par le nouveau programme scolaire, lors d’une conférence de presse fin juillet.

Réforme contestée

En juin 2021, l’ancien Premier ministre conservateur Imran Khan et son gouvernement ont proposé un nouveau programme national unique, le système d’éducation uniforme pour toutes les écoles publiques du pays. Depuis, la réforme a été reprise par son successeur, Shehbaz Sharif, de la Ligue musulmane du Pakistan, élu en avril.

Cette évolution des programmes est contestée car elle obligerait les élèves à étudier le Coran, dont certains passages sont présents dans les manuels de plusieurs matières obligatoires, comme les langues ou les sciences sociales. « La politique éducative et les programmes scolaires doivent être conformes au cadre national et international des droits de l’homme », a réagi Kashif Aslam, directeur de la Commission nationale pour la justice et la paix (NCJP) de l’Église catholique pakistanaise.

Une mesure qui violerait la Constitution

En imposant aux étudiants l’étude de passages du Coran, le gouvernement violerait l’article 22 de la Constitution stipulant que« nul ne peut être tenu de recevoir une instruction religieuse ou de participer à une cérémonie religieuse si celle-ci se rapporte à une religion autre que la sienne », selon Peter Jacobs, un chercheur pakistanais en politique publique, interviewé par Vatican News.

Cependant, dans le nouveau système, les étudiants non musulmans devront suivre des cours d’éducation religieuse intégrant sept religions minoritaires : christianisme, hindouisme, bouddhisme, sikhisme, zoroastrisme, bahaïsme et kalakhisme. Ceci est perçu comme une injustice envers les étudiants issus de minorités religieuses, selon l’Église pakistanaise. De plus, l’éducation dans ce pays fédéral est une prérogative des provinces et non du gouvernement central, font valoir les détracteurs de cette réforme.

Ces changements iraient également à l’encontre de la « caractère multi-religieux » voulus par le fondateur de la nation pakistanaise il y a soixante-dix ans, des chercheurs s’étaient inquiétés après les premières révisions du programme en février. Dans un pays où les musulmans représentent 97% de la population, les catholiques sont la deuxième minorité religieuse (1,6%) du pays, derrière l’hindouisme. En outre, l’ONG évangélique Doors Open a classé le Pakistan au 8e rang dans son indice mondial de persécution des chrétiens 2022.

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