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Nouvelles locales

des bandes dessinées. Cet été, bullez d’humanité ! #sept


Le roi des vagabonds, de Bea Davies et Patrick Spät, Dargaud-Seuil, 154 pages, 19 euros.

Dans les années 1990, les journaux écrits et distribués par des sans-abri fleurissent. Les personnes chargées de tendre la main ont voulu capter notre regard, nous ouvrir les yeux sur leur réalité quotidienne. Ainsi sont nés « The Big Issue » à Londres, « l’Itinérant à Paris », et d’autres à Rome, Berlin… Nous pensions qu’ils étaient originaux, mais ces initiatives n’étaient pas nouvelles. C’est en 1927 que paraît le premier magazine itinérant d’Europe : « Le Trimardeur », écrit par ceux qui parcourent à pied les routes, les sans-abri, les clochards. L’histoire a oublié cet ancêtre du papier, tout comme son éditeur, Gregor Gog, l’anarchiste voyageur, fondateur de la Confrérie des Vagabonds. Avant cet étonnant roman graphique de Bea Davies et Patrick Spät, aucune biographie n’avait relaté le parcours incroyable et sans concession de cet homme connu dans toute l’Allemagne en 1929, et sa communauté de sans-abri que le nazisme a exterminée.

Icône JournalDécouvrez en avant-première les planches de la BD, « Le Roi des Vagabonds », dans le N°820 du magazine L’Humanité

Inspiré des gravures de l’artiste Käthe Kollwitz, qui consacrait son art au témoignage de la misère sociale, le noir et blanc réaliste du « Roi des vagabonds » nous plonge dans l’Allemagne de Weimar, période hautement créative mais aussi creuset de souffrances entre la fin de la Grande Guerre et l’avènement du nazisme. À l’enracinement des conceptions rances du « darwinisme social, à la multiplication des théoriciens de l’hygiène sociale ou raciale et à l’épanouissement de la vision biologique de la société », comme l’écrit l’historienne Annette Wieviorka dans la préface, Gregor Gog oppose un humanisme libertaire , en solidarité avec les Tziganes, les homosexuels, les mendiants, les infirmes. Tout un monde que les fascistes au pouvoir dirigeront vers les camps. Plus de 70 000 « asociaux » y porteront le triangle noir.

Icône CitationEN 1929, GREGOR GOG ORGANISE LE « PREMIER CONGRÈS INTERNATIONAL DES VAGOBANTS ».

Voyant l’idéologie brune grandir, le roi des vagabonds crut pouvoir unir ses camarades en lambeaux en une confrérie. En 1929, il organise le « premier congrès international des vagabonds » et réunit six cents clochards, clochards, prêtres, « promeneurs intellectuels volontaires engagés » dans les jardins de Stuttgart. Les autorités ont tenté en vain de faire taire son appel à une « grève générale à vie » contre « l’enfer bourgeois ». Un voyage en URSS en 1930 le convainc de transformer sa confrérie en armée de réserve du prolétariat. L’anarchiste adhère au parti communiste allemand. L’arrivée d’Hitler au pouvoir empêchera l’organisation de son mouvement. Gregor Gog est arrêté. Il réussira à fuir puis à gagner Moscou. Plus tard évacué vers l’Asie centrale soviétique, épuisé par la maladie, la faim et le désespoir, il se suicida en 1945 à Tachkent.

Nourri des archives personnelles de Gregor Gog et de son journal intime, de chansons d’époque traduites pour la première fois en français, d’ordres de police et de sources historiques, le « Roi des vagabonds » fait venir cette incroyable figure de journaliste-penseur-écrivain totalement oublié. Un destin qu’on espère enfin exhumé.


  • « Une révolte tunisienne », Aymen Mbarek, Seif Eddine Nechi, traduction Marianne Babut, Alifbata, 224 pages
  • « Des vivants », Raphaël Meltz, Louise Moaty, Simon Roussin, Editions 2024, 260 pages
  • « Renée aux bois dormants », Elen Usdin, Sarbacane, 272 pages
  • « Faut faire le million », Gilles Rochier, 6 pieds sous terre, 96 pages
  • « Le poids des héros », David Sala, Casterman, 176 pages
  • « # J’accuse… ! » par Jean Dytar, Delcourt, 312 pages
  • « Le roi des vagabonds », Patrick Spät, Bea Davies, Dargaud/Seuil, 160 pages
  • « Michel, la fin les moyens, tout ça », Pierre Maurel, L’employé de moi, 80 pages

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