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Défaite face à Medvedev : Auger-Aliassime a failli créer la surprise


Félix Auger-Aliassime n’a pas battu Daniil Medvedev en quart de finale de l’Open d’Australie, mais le Québécois peut se targuer d’avoir eu le numéro 2 mondial dans les câbles et d’avoir été un tout petit point pour triompher. Un exploit en soi, face à l’un des hommes forts du moment sur l’ATP.

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Défaite face à Medvedev : Auger-Aliassime a failli créer la surprise

Photo : AFP

Félix Auger-Aliassime a livré sa dernière once d’énergie contre Daniil Medvedev dans un duel qui a duré 4 heures 42 minutes hier à Melbourne.

Cette défaite in extremis de 6-7(4), 3-6, 7-6(2), 7-5 et 6-4, concédée hier matin, heure du Québec, est un grand pas en avant pour Félix après deux sorties laborieuses contre le Russe, au dernier US Open puis à la Coupe ATP, début janvier (voir texte ci-dessous).

« C’est dommage que je n’aie pas pu gagner, mais c’était un bon match, a souligné la neuvième tête de série en conférence de presse. J’ai montré de grandes choses.


Défaite face à Medvedev : Auger-Aliassime a failli créer la surprise

« J’ai toujours pensé que je pouvais jouer à ce niveau de jeu », a-t-il déclaré. Mais il y a une différence entre le croire et le réaliser. Je pense avoir envoyé un bon message aux autres joueurs. Je suis prêt à rivaliser avec les meilleurs, je l’ai prouvé match après match », a-t-il poursuivi.

Une balle de match

Dans une interview, le joueur de 21 ans s’est posé, apparemment calme malgré la défaite.

Pourtant, la défaite face à Medvedev est d’autant plus crève-cœur que l’issue de cette dure bataille, conclue après 4 heures 42 minutes de jeu, aurait été inversée si Félix avait concrétisé la balle de break que lui offrait son rival à 5-4 en la quatrième série.

Le Russe, favori à Melbourne en l’absence du Serbe Novak Djokovic, l’a effacé grâce à son service imposant.

Il a finalement égalé le match après avoir mené deux sets à zéro.

Deux sets durant lesquels l’orgueil de L’Ancienne-Lorette a dominé, répondant coup pour coup au jeu de Medvedev.

Un calibre « fou »

Félix a notamment brillé au service pendant la grande majorité du match, avec 18 aces contre seulement quatre doubles fautes et, surtout, un impressionnant 78% de points gagnés sur son premier service.

Mais le champion de l’Open des États-Unis a arraché le billet pour les demi-finales en profitant des largesses des Québécois en début de set final.

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Il a écrasé son jeune adversaire en début de set. Auger-Aliassime a profité à son tour d’une occasion de break à 4-3, mais a vu sa chance d’égaliser s’envoler lorsqu’il a commis une erreur de revers.

« Je n’avais plus confiance après les deux premiers tours, a concédé Medvedev. Son calibre de jeu était fou. Je ne l’avais jamais vu jouer comme ça, du moins contre moi ou à l’entraînement. »

« Peut-être qu’il a joué comme ça avant, je ne vois pas tous ses matchs. Mais je ne l’avais jamais vu comme ça. C’était dingue. »

Inspiré par Djokovic

Medvedev n’est pourtant pas numéro 2 mondial pour rien. Le joueur de 25 ans s’est accroché, aidé notamment par la fermeture du toit, qui a fait baisser la température au centre.

Et, a-t-il admis sur le terrain, il s’est inspiré de celui qui le devançait au classement. Une révélation qui, en raison de la polémique autour de Djokovic et de son expulsion d’Australie, lui a valu quelques huées des fans.

« Entre les tours, je n’avais aucune confiance en moi. Je me suis demandé : que feraient les meilleurs joueurs du monde ? », a-t-il déclaré lors d’un point de presse.

« J’en fais partie, mais je suis encore loin en termes de victoires en Grand Chelem. Chaque fois que je me sentais dépassé, je me disais : fais comme Novak. Montrez-lui que vous êtes le meilleur. »

Comme le meilleur

La formule a bien fonctionné et Medvedev affrontera, ce soir ou ce soir, le Grec Stefanos Tsitsipas (4et favori) pour une place en finale. Tsitsipas a éliminé l’Italien Jannik Sinner (11et) en trois sets consécutifs de 6-3, 6-4 et 6-2.

L’autre demi-finale masculine mettra aux prises l’Espagnol Rafael Nadal (6et) et l’Italien Matteo Berrettini (7et).

Quant à Auger-Aliassime, il repart de Melbourne avec un troisième quart de finale (ou mieux) en autant de majeures.

Le Québécois a fait preuve de beaucoup de ténacité durant la quinzaine.

Dès le premier tour, Félix a travaillé d’arrache-pied pour venir à bout du Finlandais Emil Ruusuvuori, 90et dans le monde, contre qui il traînait deux sets à un.

Il a ensuite battu le Britannique Daniel Evans (24et) et le Croate Marin Cilic (27et), deux joueurs qu’il n’avait jamais réussi à vaincre par le passé.

Le jeune membre du top 10 quitte également Melbourne avec une bonne idée des aspects de son jeu qui doivent être peaufinés pour progresser davantage (voir texte ci-dessous).

« Je quitterai l’Australie la tête haute et j’aborderai le reste de la saison en sachant que je peux bien jouer contre les meilleurs au monde », a déclaré Félix.

Félix va continuer à progresser


Défaite face à Medvedev : Auger-Aliassime a failli créer la surprise

Photo : AFP

En quittant le terrain, Félix Auger-Aliassime a salué la foule qui l’a bien soutenu dans son duel face à Daniil Medvedev.

Dans la défaite, Félix Auger-Aliassime a livré l’une des plus belles performances de sa carrière. Mais ce qui est « super » avec le jeune joueur, estime Eugène Lapierre, c’est « qu’il continue de progresser à chaque étape ».

Déjà, le niveau de jeu affiché par Félix contre Daniil Medvedev hier était à des années-lumière de ses récentes performances face au Russe, au dernier United States Open et à la Coupe ATP.

Le Québécois a ensuite subi des défaites de 6-4, 7-5 et 6-2 (à New York), puis 6-4 et 6-0 (à Sydney).

« Hier, Félix a fait moins d’erreurs, il a mieux résisté dans les longs échanges, a noté M. Lapierre, directeur de l’Omnium Banque Nationale de Montréal.

« Dans ses autres matchs contre Medvedev, quand il y a eu un long échange, on était sûr que le Russe allait gagner le point. On avait l’impression qu’il y avait ce genre de schéma, mais pas [hier]. Et il a très bien servi. »

« Medvedev est quelqu’un qui lui a donné beaucoup de problèmes dans le passé. Mais là, Félix a été égal, il a même dominé les sets. C’est très, très encourageant pour la suite », a ajouté l’ancien entraîneur québécois, Guillaume Marx, qui occupe maintenant le poste de directeur de la performance chez Tennis Canada.

Dans le top 10 pour rester

Ancien directeur d’une académie de tennis dans la région de Québec, Jacques Hérisset est proche de la famille Aliassime. Il est ravi de voir un garçon d’ici livrer une telle performance sur la plus grande scène et servir d’exemple aux athlètes québécois.

Il est également d’accord avec M. Lapierre : « Félix a travaillé très fort mentalement et physiquement au cours des derniers mois », a déclaré M. Hérisset. Mais ce qu’il y a de mieux chez lui, c’est qu’il y a encore place à l’amélioration. »

Eugène Lapierre, lui aussi semble convaincu d’une chose : au vu de ses récents progrès, la jeune star du tennis « est dans le top 10 pour y rester ».

Auger-Aliassime devrait également rester neuvième au monde lorsque le nouveau classement ATP sera publié lundi. Il disputera son prochain tournoi à Rotterdam, aux Pays-Bas, du 5 au 13 février.

Il doit apprendre à mieux jouer les points clés

Tant Félix Auger-Aliassime que les experts du tennis consultés hier s’entendent sur une chose : pour battre les meilleurs, le Québécois devra apprendre à mieux jouer les points importants.

Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il avait raté pour arracher la victoire à Daniil Medvedev hier, Félix a d’abord répondu avec un sourire narquois : « Un point. Puis, le jeune joueur a ajouté : « Le niveau de jeu était très bon. Au fil du temps, j’apprendrai à capitaliser sur mes opportunités. »

Guillaume Marx, ex-entraîneur du neuvième mondial, a également constaté que le calibre de jeu de son ancien protégé se rapprochait de plus en plus de celui des grosses têtes de série. « Ce qui lui manque, c’est un peu de temps et d’expérience », a déclaré le directeur de la performance de Tennis Canada.

« Le match s’est joué sur les gros points. Les balles de break, le 30-30. Une rencontre comme celle-ci lui permettra de mieux comprendre les points importants, et comment les aborder », a souligné Eugène Lapierre, directeur de l’Omnium Banque Nationale de Montréal.

Jacques Hérisset, qui a longtemps dirigé son académie de tennis dans la région, propose pour sa part qu’Auger-Aliassime opte plus souvent pour des montées au filet.

Une stratégie adoptée par le Suisse Roger Federer il y a quelques années, afin de raccourcir les points. « Contrairement à Federer, le but de Félix ne sera pas d’économiser de l’énergie, mais de casser le rythme. Les joueurs jouent de plus en plus loin de la ligne de fond, a-t-il souligné. Et Félix a de bonnes mains. »

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