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Dans l’Essonne, la majorité veut se venger de Cédric Villani

Un transfuge célèbre contre un homme de l’ombre fidèle. La campagne pour les élections législatives du 5e La circonscription de l’Essonne offre un concentré de la jeune histoire politique du macronisme.

Dans le rôle du sortant, le mathématicien Cédric Villani, star de la vague du « nouveau monde » qui a déferlé sur l’Assemblée en 2017. « J’étais une tête de pont pour La République en marche. Je ne l’ai pas choisi, mais j’en étais très fier. »suppose celui pour qui le scénario qui a suivi était « impossible à imaginer ». Et pour une bonne raison : « déçu par la ligne écologique et sociale de LREM »Cédric Villani s’est dissident à mi-mandat.

D’abord en se présentant aux élections municipales à Paris face à Benjamin Griveaux, puis en fondant, au printemps 2020, le groupe parlementaire « Ecologie démocratie solidaire » avec une quinzaine d’autres déçus de la macronie. Aujourd’hui membre de Génération Écologie, il défend les partis qu’il voulait jadis dépasser, et c’est sous la bannière du Nupes qu’il brigue un second mandat.

Entrepreneur, ancien cabinet McKinsey

Dans le rôle de l’outsider, Paul Midy, 39 ans, est arrivé dans la circonscription il y a vingt ans en tant qu’étudiant à Polytechnique, entrepreneur dans le e-commerce et, surtout, directeur général de LREM pendant trois ans. UN « responsabilité opérationnelle » qu’il espère transformer en « responsabilité politique » en remportant sa première élection. Incidemment, Paul Midy est un ancien cabinet McKinsey. « A part les journalistes et quelques opposants, presque personne ne m’en parle »il balaie avec un sourire.

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Son principal défi, explique-t-il, est de  » clarifier «  la situation avec les électeurs. « Une fois par heure, je rencontre quelqu’un qui ne sait pas que Cédric Villani n’est plus dans la majorité. » Il fait du porte-à-porte en chemise et pantalon de costume, a un « tu » facile, et quand il parle de son rival, il l’appelle « Cédric ». « Je ne suis pas dans le combat des personnes, mais projet contre projet »il assure. « Je ne sais pas quel est son plan pour la circonscription »rétorque à distance Cédric Villani, qui considère plus largement que« on ne sait toujours pas ce qu’est le macronisme ».

Duel courte distance sur l’écologie

Mardi 31 mai, les chemins de ces deux cousins ​​désormais éloignés se sont croisés à Verrières-le-Buisson. En début de soirée, sur la place Charles-de-Gaulle, le député à l’immuable lavallière et broche araignée, récupère son vélo électrique accroché à quelques mètres d’un trottoir où Paul Midy tient conseil avec un cercle de militants. Ce soir-là, les candidats organisent chacun, à quelques centaines de mètres, une réunion publique sur l’écologie.

Chacun dans son propre style. A l’étage d’une maison associative, Cédric Villani défend avec passion la  » valeur intrinsèque  » de la vie animale et tue les « techno-solutionnisme ». Dans un bar du centre, Paul Midy se laisse éclipser par son invitée du soir, Amélie de Montchalin, fraîchement ministre de la transition écologique, qui expose sa nouvelle feuille de route et défend les résultats du dernier quinquennat.

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Ce n’est pas seulement en voisin que le ministre, candidat à la réélection dans la 6e circonscription de l’Essonne, est venu se présenter avec Paul Midy. L’homme du sérail recueille des soutiens de poids : Christophe Castaner était à son lancement de campagne, Édouard Philippe l’a soutenu en vidéo, et deux autres ministres, Sylvie Retailleau et Stanislas Guerini, seront à ses prochains meetings.

Dans un territoire qui a voté pour Macron à la présidentielle, cette campagne « vue à la télé » reflète l’état d’esprit revanchard de la majorité contre son ancien champion. « En 2017, les électeurs ont voté Villani pour soutenir Emmanuel Macron, pas Jean-Luc Mélenchon ! C’est une circonscription à reprendre, une circonscription symbolique, et le président veut qu’on la gagne.résume Paul Midy. Pour cela, il faudra battre Cédric Villani, mais aussi un baron local, le maire LR de Gif-sur-Yvette Michel Bournat.

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