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Covid19.  Et vous, allez-vous continuer à porter le masque dans les transports en commun ?

Magali Leo : « On aurait aimé une annonce de solidarité plutôt que de stigmatisation »

Magali Leo est Advocacy Officer chez Renaloo, une association de patients atteints de maladies rénales. L’association en appelle à la solidarité des Français pour continuer à porter le masque dans les transports et ainsi protéger leurs 300 000 compatriotes immunodéprimés.

Comment avez-vous accueilli cette décision du gouvernement de lever l’obligation du port du masque dans les transports en commun ?

C’est une décision qui nous inquiète beaucoup car les personnes que nous représentons sont fortement immunodéprimées : 30% d’entre elles ne sont pas protégées par la vaccination. Ils continuent de courir des risques très importants vis-à-vis du Covid. Ils renonceront, sans doute pour beaucoup d’entre eux, à prendre les transports en commun pour se déplacer.

Olivier Véran a néanmoins rappelé que le port du masque reste recommandé pour les personnes fragiles. Pourquoi cela ne suffit-il pas ?

Ce n’est pas ce que nous appelons une société inclusive et solidaire. Nous appelons toutes les personnes qui empruntent les transports en commun à continuer à porter le masque, en pensant à leur voisin potentiellement immunodéprimé. On aurait aimé une annonce de solidarité plutôt qu’une annonce de stigmatisation des personnes fragiles.

Cette réduction des mesures barrières peut avoir des conséquences très graves sur la santé et la mortalité des personnes concernées. Cela donne l’impression de minimiser le risque alors qu’on est encore dans un contexte viral important. Les patients en réanimation aujourd’hui sont en grande partie des personnes immunodéprimées qui ont été vaccinées et il y a encore plusieurs dizaines de décès quotidiens : les patients immunodéprimés continuent de mourir du Covid.

Qu’attendez-vous des pouvoirs publics ?

Si la vaccination ne protège pas suffisamment les personnes gravement immunodéprimées, l’accès aux traitements préventifs le fait aussi. Aujourd’hui, sur environ 100 000 personnes éligibles à ce traitement, seules 20 000 y ont effectivement accès. C’est dommage car nous avons tout l’arsenal qui protégerait les personnes immunodéprimées du risque de formes graves et il n’y a qu’une minorité qui y a accès.

Les facteurs sont multiples : il y a un manque d’information des professionnels de santé sur ce traitement, certains sont informés mais s’y opposent et il existe de très fortes inégalités selon les régions.

Notre association a adressé un courrier aux sociétés savantes afin que les médecins soient mieux formés sur l’existence de ce traitement. Les patients immunodéprimés seraient ainsi mieux protégés et la question du port du masque serait moins posée.

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