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Nouvelles locales

construction. Vinci accusé de trafic d’êtres humains au Qatar


A quinze jours de l’ouverture de la Coupe du monde de football, Vinci, fleuron tricolore du BTP, est rattrapé par la justice française dans le cadre de ses investissements qatariens. Il devrait être mis en examen, ce mercredi 9 novembre, pour des pratiques esclavagistes sur certains sites de développement de compétition sportive de l’émirat.

Une plainte est déposée depuis 2015 contre la filiale qatarie de Vinci dénommée Qatari Diar Vinci Construction (QDVC) par l’ONG Sherpa, rejointe plus tard par le Comité contre l’esclavage moderne (CCEM) et par six anciens salariés indiens et népalais de la firme.

Le chantier d’un métro et d’un hôtel Sheraton

Chefs d’accusation : travail forcé, réduction en servitude, traite des êtres humains, travail incompatible avec la dignité humaine, mise en danger volontaire, blessures involontaires et recel. L’information judiciaire ouverte par un juge d’instruction de Nanterre, en 2019, devrait aboutir à une mise en examen du groupe et de sa filiale ce mercredi 9 novembre.
L’ONG Sherpa, qui traque depuis vingt ans les crimes économiques commis par les multinationales dans le cadre d’une mondialisation effrénée, a pu recueillir des témoignages accablants de personnes ayant travaillé sur trois chantiers pilotés par la filiale Vinci : celui d’un soi-disant métro léger reliant Doha à Lusail, ville nouvelle qui accueillera la finale de la Coupe du monde ; celui des parkings souterrains de Lusail ; ainsi que celles de l’hôtel de luxe Sheraton, au cœur de Doha.

Dans l’acte d’accusation, on retrouve toutes les caractéristiques d’un véritable système qatarien d’exploitation esclavagiste de la main-d’œuvre immigrée du Népal, de l’Inde, du Pakistan ou du Bangladesh : les passeports des travailleurs sont confisqués à l’entrée du royaume, puis utilisés comme moyen de chantage pour contraindre à accepter de travailler entre 66 et 77 heures par semaine, dans des conditions épouvantables, entassés dans des pièces exiguës aux sanitaires insuffisants.

Des conditions de travail dantesques

 » J’ai signé un contrat dans une langue que je ne connaissais pas. Et sans mon passeport, confisqué. Je savais que je n’avais pas (d’autre) choixque d’accepter les conditions de travail, témoigne l’un des plaignants, soutenu par l’ONG Sherpa.

Il y a quelques jours, une enquête commandée par l’Organisation internationale du travail (OIT) a confirmé l’ampleur de ce système qatari d’asservissement en rendant publique une enquête établissant qu’au moins 34 000 migrants employés sur les chantiers de la Coupe à travers le monde avaient déposé une plainte pour non-paiement de leurs salaires.

Les conditions de travail en plein air à des températures qui, pendant six mois de l’année, dépassent les 45 degrés, sont décourageantes et ont alimenté un taux de mortalité énorme sur les chantiers. Une enquête très détaillée, réalisée par le quotidien britannique Le gardien , a pu quantifier au moins en partie le nombre de vies humaines ainsi volées par les magnats locaux et multinationaux de la construction. Grâce à des recoupements et des informations des services consulaires des pays d’origine des migrants, le journal a pu chiffrer à 6.500 le nombre de travailleurs ayant disparu corps et biens dans la chaleur insupportable de leurs lieux de travail.

Une défense classique

La direction de Vinci, qui semble avoir tranché sur une mise en examen, déclare «réfuter vigoureusement les allégations portées contre elle.  » Nous avons tenté en vain de convaincre le magistrat qu’il n’était pas particulièrement opportun après sept ans et demi d’enquête d’envisager une mise en examen dans la quinzaine d’ouverture de la Coupe du monde de football»,a curieusement regretté, lundi 7 novembre, auprès de l’AFP, l’avocat de Vinci Jean-Pierre Versini-Campinchi.

Le géant français du BTP tente de se dégager de toute responsabilité en se cachant maladroitement derrière l’autonomie de sa filiale, contrôlée, il est vrai, majoritairement par des capitaux de l’émirat. Mais mal nommé pourtant Qatari Diar Vinci Construction.

C’est une défense classique dans ce genre d’entreprise, prendre le relais pourHumanitéLaura Bourgeois, chargée de contentieux et plaidoyer chez Sherpa. « Les multinationales, dit-elle, affirment constamment qu’elles ne sont pas responsables de ce qui se passe dans leurs filiales. Il n’en reste pas moins que l’ouverture d’une procédure judiciaire aujourd’hui va rendre cette procédure beaucoup plus compliquée.

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