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Climat : l’objectif parisien en vue, seulement si toutes les promesses sont tenues


Mais ce résultat n’est que la compilation des effets attendus des « promesses » et ne garantit en rien leur application, soulignent les auteurs de l’étude, publiée dans la revue scientifique Nature. Or, de nombreux pays ne tiennent déjà pas leurs engagements, alors que selon le tout récent rapport des experts climat de l’ONU (GIEC) les émissions doivent culminer d’ici trois ans pour que le monde reste « habitable». Le chef de l’ONU Antonio Guterres avait également dénoncé début avril les mensonges de certains pays qui «dire une chose et en faire une autre » en termes de climat.

L’Accord de Paris, texte de référence international, fixe l’objectif de contenir le réchauffement climatique »significativement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels » et si possible à +1,5°C. Objectifs « hors de portée« avec les engagements internationaux actuels pour 2030, selon le GIEC, qui se base pourtant sur »cotisations nationales« soumis par les États (NDC, dans le jargon onusien), textes formels dans lesquels les pays déclarent leurs engagements d’ici 2030. Alors que la nouvelle étude analyse l’ensemble des engagements pris jusqu’à la fin de la dernière conférence mondiale sur le climat (COP26) en novembre à Glasgow, qui conclu par la réaffirmation de l’objectif prioritaire de « maintenir +1,5°C en vie« .

Tout doit être fait

L’étude s’intéresse donc à toutes les promesses, qu’elles aient été formalisées dans ces « cotisations nationales« ou pas. Il intègre par exemple les objectifs de réduction d’émissions fixés sous conditions d’assistance technique ou financière par certains pays, notamment des pays en développement, souvent à l’horizon 2050, voire plus loin. Le périmètre de leurs calculs est donc beaucoup plus large que celle du GIEC, qui n’évalue que les CDN et estime que si les engagements fermes pour 2030 étaient tenus, le mercure augmenterait de +2,8°C.

Les auteurs ont modélisé les engagements de 196 pays depuis la signature de l’accord de Paris en 2015. Et si tous étaient pleinement mis en œuvre aux dates prévues, ils estiment que le réchauffement pourrait être contenu entre 1,8°C et 2°C. En revanche, il n’y aurait qu’entre 6% et 10% de chance d’atteindre l’objectif plus ambitieux de +1,5°C. Selon l’auteur principal Malte Meinshausen de l’Université de Melbourne, l’étude montre ainsi « pour la première fois (que) nous pourrions contenir le réchauffement sous la barre symbolique des 2°C avec les promesses sur la table, en supposant bien sûr que les pays tiennent leurs promesses et qu’un soutien approprié soit fourni à tous les pays pour qu’ils tiennent leurs promesses sur temps et en entier« .

Mais il est « une quantification des objectifs et des engagements » et « bien sûr que non » de « dire que les politiques nécessaires sont déjà mises en œuvre», a souligné lors d’un point presse en ligne le professeur Meinshausen, lui-même l’un des auteurs du Giec. Au contraire, l’étude confirme les analyses du Giec alertant que des actions fortes »il faut cette décennie pour avoir une chance de ne pas dépasser largement +1,5°C« et donc doit »relever l’ambition d’ici 2030« , il a insisté.

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