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Cinq choses à savoir sur l’Équateur, pays andin secoué par des manifestations anti-gouvernementales


La capitale de l’Équateur, Quito, en partie paralysée depuis lundi 20 juin par environ 10 000 manifestants indigènes venus de tout le pays qui descendent quotidiennement dans la rue pour protester contre la vie chère et réclamer davantage d’aides sociales, dans un contexte de difficultés économiques croissantes.

Outre le prix du carburant, les manifestants dénoncent le manque d’emplois, l’octroi de concessions minières dans les territoires indigènes, l’absence de contrôle des prix des produits agricoles et exigent une renégociation des dettes des paysans auprès des banques. Après dix jours consécutifs de manifestations qui ont fait deux morts et des dizaines de blessés, le bras de fer est toujours plus tendu entre le gouvernement et les manifestants. Voici cinq choses à savoir sur l’Équateur.

Trois périodes de dictature, puis d’instabilité

Ancien royaume intégré à l’empire inca, puis sous domination espagnole du XVIe siècle à 1822, l’Équateur est inclus dans la Grande Colombie de Simon Bolivar. Lorsqu’elle fut dissoute en 1830, elle devint une république indépendante. Il a connu trois brèves périodes de dictature, dont la dernière s’est terminée en 1979, avec l’élection du président Jaime Roldos Aguilera.

Tourner à droite après quatorze ans de gauche au pouvoir

L’élection en 2006 du socialiste Rafael Correa ouvre une période de stabilité. Cet économiste a été réélu en 2009, après l’adoption d’une Constitution renforçant le contrôle de l’État sur l’économie, puis en 2013. Figure de la gauche latino-américaine, il a nargué Washington en 2012 en accordant l’asile au fondateur australien du site WikiLeaks. , Julien Assange.

Son dauphin, Lenin Moreno, lui a succédé en 2017. Mais les deux hommes se sont disputés. En 2019, Lenin Moreno a retiré l’asile à Julian Assange, arrêté à l’ambassade d’Equateur à Londres. Basé en Belgique, Rafael Correa a été condamné en 2020 à huit ans de prison pour corruption.

L’actuel président, l’ancien banquier conservateur Guillermo Lasso, a prêté serment en mai 2021, promettant d’ouvrir le pays au libre-échange. L’Assemblée nationale a approuvé en octobre l’ouverture d’une enquête contre le président, soupçonné d’avoir gardé de l’argent dans des paradis fiscaux, après les révélations des Pandora Papers.

Une confédération indigène très puissante

La Confédération des nationalités indigènes (Conaie), la plus grande organisation indigène du pays, a émergé en 1990, obligeant le gouvernement à céder 2,3 millions d’hectares de terres aux communautés amazoniennes et andines. Entre 1997 et 2005, le mouvement a mené plusieurs mobilisations, provoquant la chute de trois présidents.

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Le prix du carburant est un point de discorde fréquent entre les gouvernements et les groupes autochtones. De violentes manifestations ont éclaté en 2019 contre une réduction des subventions, tuant onze personnes.

Depuis la mi-juin 2022, la Conaie mène une nouvelle manifestation contre la hausse des prix du carburant et l’inflation. Les peuples autochtones représentent au moins un million des 17,7 millions d’Équatoriens.

L’Equateur très dépendant de son pétrole

L’Équateur a été l’un des pays d’Amérique latine les plus touchés par la pandémie de Covid-19, qui a aggravé sa crise économique, avec une contraction du PIB de 7,8 % en 2020. Premier exportateur mondial de bananes, grand producteur de café et de cacao , l’Équateur dépend principalement du pétrole. Au cours des quatre premiers mois de 2022, elle a produit 481 000 barils/jour, dont 65 % ont été exportés. Le conflit actuel a fait chuter la production d’or noir de 20 %.

L’Équateur, bordé par la Colombie et le Pérou, principaux producteurs mondiaux de cocaïne, sert également de port de départ pour les expéditions de drogues illicites. Les affrontements entre gangs rivaux de trafiquants de drogue sont récurrents dans les prisons équatoriennes (près de 400 détenus sont morts depuis février 2021). En décembre, la pauvreté touchait 27,7% de la population et l’extrême pauvreté 10,5%.

Entre volcans, forêt et Galapagos, une nature extrêmement riche

Couvrant une superficie de 256 370 km2, l’Équateur possède un littoral sur l’océan Pacifique. Avec une centaine de volcans le long des Andes, elle est située dans une zone fortement sismique. En 2016, un tremblement de terre de magnitude 7,8 a tué 673 personnes. Une partie du territoire est couverte par la forêt amazonienne, habitat de certains des 14 peuples indigènes du pays, dont les Waorani, menacés par l’exploitation pétrolière.

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Les îles Galapagos sont classées par l’Unesco comme site du patrimoine mondial pour leur faune et leur flore uniques au monde. Cet archipel a servi de laboratoire au naturaliste britannique Charles Darwin pour développer sa théorie de l’évolution.

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