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Chats rendus « fous » par l’herbe à chat : une explication possible avancée par des chercheurs


Nepeta cataria de son nom latin, ou « herbe à chat ». Les propriétaires de chats connaissent bien cette plante, à ne pas confondre avec les mélanges de graines (orge, blé et seigle) appelées aussi « herbe à chat » – et uniquement douées de propriétés digestives.

La véritable herbe à chat, quant à elle, provoque l’excitation de la plupart des matous, irrésistiblement attirés… au point de s’y rouler sans modération, voire de la lécher ou de la croquer – mais généralement sans l’avaler. Idem pour le « matatabi » (silvervine‘silver vine’ en anglais), une essence d’origine asiatique, à l’effet similaire mais encore plus puissant.

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Les feuilles d’herbe à chat et de matatabi contiennent respectivement du « nepetalactone » et du « nepetalactol », des substances de type « iridoïde » – qui protègent les plantes contre les insectes.

Dans une précédente étude, des chercheurs de l’université d’Iwate et de l’université de Nagoya (Japon) avaient montré que les félins, en enduisant leur pelage des substances contenues dans l’herbe à chat ou le matatabi, bénéficiaient d’une protection contre le moustique tigre (Uenoyama et coll.2021).

Cette fois, les scientifiques de cette équipe ont voulu vérifier si le comportement des chats pouvait modifier la libération de substances répulsives par les plantes.

L’herbe à chat endommagée émet 10 fois plus de répulsifs

Leur étude publiée dans la revue iScience (14/6/2022) suggère que le comportement des chats augmenterait l’effet protecteur des plantes contre les parasites. En effet, lorsque les félins se roulent dans l’herbe à chat (ou dans le matatabi), ils abîment la plante qui libère alors de plus grandes quantités d’insectifuge.

« Nous avons constaté que les dommages physiques (feuilles pliées, déchirées ou écrasées, ndlr) causées à la plante par les chats ont favorisé l’émission immédiate de tous les iridoïdes, qui étaient jusqu’à 10 fois plus élevés que ceux des feuilles intactes», explique Masao Miyazaki, chercheur en éthologie à l’université d’Iwate et auteur principal de l’étude, dans un communiqué.

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Un impact sur la quantité de répulsif, mais aussi sur la composition du mélange diffusé par les feuilles, du moins dans le cas du matatabi. « Le népétalactol représente plus de 90 % des iridoïdes totaux dans les feuilles intactes, mais ce pourcentage chute à environ 45 % dans les feuilles endommagées, tandis que les autres iridoïdes augmentent considérablement.», note le chercheur.

Or, la diversification des substances dans l’herbe endommagée augmente le pouvoir répulsif de la plante contre les moustiques à de faibles concentrations, selon les auteurs de l’étude. « Le mélange d’iridoïdes modifiés correspondant aux feuilles endommagées a favorisé une réponse beaucoup plus prolongée chez les chats», remarque Masao Miyazaki.

Pour dissocier l’effet des produits chimiques des autres aspects de la plante, l’équipe a placé des chats devant des bols contenant uniquement ces molécules. « Les chats montrent la même réaction aux mélanges d’iridoïdes et aux herbes naturelles, sauf pour la mastication« , observe l’éthologue. « Ils lèchent les produits sur l’assiette en plastique, et ils frottent et roulent dessus.« 

Même lorsque les bols étaient recouverts d’un couvercle en plastique perforé, « les chats ont continué à lécher et mâcher, même s’ils ne pouvaient pas entrer en contact direct avec les produits chimiques« , poursuit Masao Miyazaki. « Cela signifie que le léchage et la mastication sont des comportements instinctifs déclenchés par une stimulation olfactive.« .

L’herbe à chat soulève encore des questions

Cependant, l’étude n’a pas pu expliquer le mécanisme moléculaire impliqué dans l’effet de ces produits chimiques sur les chats et les moustiques. Les auteurs mentionnent une étude récente qui a identifié un canal cellulaire, TRPA1, comme principal médiateur de la répulsion exercée par la népétalactone chez les moustiques (Melo et al., 2021). Cependant, ce canal n’est pas impliqué dans la perception des composés odorants chez les mammifères.

En revanche, s’il est possible que le comportement des chats ait pu évoluer par sélection naturelle, c’est-à-dire que des félins capables de percevoir des substances iridoïdes et de montrer de l’excitation face à l’herbe à chat auraient eu un avantage reproductif, étant mieux protégés contre les insectes piqueurs, l’étude ne permet pas de conclure avec certitude.

L’équipe japonaise souhaite maintenant déterminer quel gène est responsable de la réaction du chat domestique à l’herbe à chat et au matatabi. « Nos futures études promettent de répondre aux questions clés restantes, à savoir pourquoi cette réaction est limitée aux espèces félines, et pourquoi certains chats ne réagissent pas à ces plantes.« , explique l’auteur principal.

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