Politique

« chasseurs de têtes », un métier en pleine évolution

Headhunter est un métier qui a en effet traversé une mauvaise passe, avant la crise sanitaire. De nombreux petits cabinets de recrutement ont fermé leurs portes ou réduit leurs effectifs. Mais depuis le deuxième confinement et la reprise massive des recrutements, ils sont de nouveau sollicités.

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Selon un sondage réalisé par Opinionway en 2019, 14% des entreprises, une entreprise sur cinq fait appel à un intermédiaire en recrutement. Mais pour Jenny Gautier, la directrice générale du Mercato de l’emploi, premier réseau de recruteurs indépendants, ce chiffre doit désormais être revu à la hausse : cette recruteuse explique que 60% de ses clients actuels n’étaient jamais passés par un chasseur de têtes pour recruter.

Le métier a beaucoup évolué. La première de ces évolutions est que les recruteurs misent beaucoup sur les qualités humaines des candidats, ce qu’on appelle dans le monde du recrutement compétences générales, soft skills. On parle par exemple de ponctualité, d’esprit d’équipe, de rigueur. Des qualités qui ne sont pas forcément détectables au premier coup d’œil dans un CV par un entrepreneur qui recrute. Les chasseurs de têtes se livrent désormais à une véritable enquête de personnalité auprès des candidats, appelant d’anciens employeurs et faisant passer des tests de personnalité. Selon la recruteuse Jenny Gautier, qui s’appuie sur le travail d’un auteur américain, 89% des recrutements ratés tournent mal à cause des soft skills du candidat.

Deuxième révolution dans le métier : il nécessite désormais des compétences numériques poussées. Les recruteurs doivent désormais jongler avec les données. Ce que les candidats postent sur les réseaux sociaux, leurs profils, les CV qu’ils laissent dans les CVthèques. Cela suppose de savoir maîtriser des outils numériques de pointe – de surcroît onéreux – que les responsables des ressources humaines dans les entreprises ne possèdent pas et ne savent pas utiliser.

Du coup, le profil de ces chasseurs de têtes change. Dans un métier qui recrute aussi, on voit arriver de plus en plus de femmes parmi les chasseurs de têtes – dans le réseau Mercato de l’emploi elles constituent 70% des effectifs – et de nombreux cadres, anciens managers d’équipes, en reconversion, attirés par un métier en pleine évolution.



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